C'est quoi ce blog ?
Dix Clameurs : Si c'est écrit trop petit, c'est que vous lisez trop gros.
- Papa, c'est quoi un chasseur ?
- Ca dépend à qui tu demandes, fiston. Pour lui-même, un chasseur est un héros qui régule les espèces en affrontant courageusement des animaux sauvages qui foncent droit sur lui et ses amis avec pour seule arme un fusil chargé par personne. D'après la loi, le chasseur est pratiquement un scientifique qui effectue des prélèvements artificiels sur la faune terrestre et devant lequel on ne peut s'interposer sous peine d'amende ( 1500 € tout de même ). D'après les écolos, les chasseurs sont des personnes armées qui répandent du plomb et autres déchets métalliques dans les forêts. D'après moi, c'est surtout une énorme bande d'alcooliques qui se tirent les uns sur les autres une fois sur deux et qu'on devrait abattre plutôt que de les laisser souffrir.
- Moi je croyais que c'était les animaux !
- Tu as tout à fait raison. Le chasseur est un animal très particulier qu'on peut classer entre le singe et le meurtrier. Il tient du singe sa maladresse avec les outils dont il dispose et sa passion pour l'alcool, et du meurtrier sa faiblesse envers la souffrance des autres et son plaisir de faire passer de vie à trépas ce qui se tient sur une ou plusieurs pattes. Ce qui explique d'ailleurs pourquoi les chasseurs se tirent dessus les uns les autres.
- Mais moi je parlais des animaux dans la forêt...
- Oh, crois-moi, ça m'étonnerait que les chasseurs s'intéressent aux animaux de la forêt dans une autre optique que de leur réguler leur face. Sinon je vois pas comment ils pourraient en venir à se tirer les uns sur les autres. Remarque, tu as peut-être raison. Si ça se trouve, il y a une période de chasse pour réguler les chasseurs eux-mêmes. Après tout ça serait logique. Mais carrément même...
- Où tu vas papa ?
- Reste-là petit, papa revient bientôt, il a juste deux trois affaires à réguler et après il reviendra discuter avec toi...
Texte refusé pour le Psikopat de novembre 2011 sur les chasseurs.
Bistrot s'écrit aussi sans « T » à la fin, à défaut de pouvoir s'écrire « santé » dès le départ. Ni cent thés, on est pas des tarlouzes.
Au bistro, on peut y emmener sa maîtresse : si on y croise sa femme, ça ne fait jamais qu'un partout, balle au centre. Cas particulier : y croiser sa belle-mère adultère. Cas très particulier : y emmener sa belle-mère.
Un bistro, c'est comme un McDo du cru : on y mange pas toujours bien, on a encore faim après, et pourtant on y fait du gras. Avantage 1 : étant donné le prix, on y emmène pas toute la famille → économies. Avantage 2 : on y sert du vin, antioxydant, antidépresseur, et antihépatique → sans foie, plus de problèmes de foie. Avantage 3 à 5 : on y boit suffisamment pour ne pas avoir à digérer ce qu'on y mange → économie d'énergie, pas d'intoxication alimentaire, haleine à faire fuir les collègues et/ou patrons ennuyeux.
Avec un placement adéquat, on peut entrevoir la culotte de la serveuse quand elle débarrasse certaines tables. Problème : on aime pas toujours ce qu'on y trouve.
Avec un placement adéquat, on peut aussi avoir droit aux effluves de chiottes ayant fait la guerre et que personne n'a eu le courage de nettoyer depuis. Problème : il faut aimer ça.
Avec un placement adéquat, on peut fumer à sa table. Problème : on peut aussi s'y chopper des virus grippaux tenaces jusqu'alors inconnus.
Avec un placement au comptoir, on peut s'y faire des amis par intérim. Ce genre d'ami dont on connait vaguement le prénom, et qu'on ne peut voir qu'au bistro. Ce serait comme d'énormes aimants à pochtrons fixés au zinc et qui forcerait ceux-ci à revenir chaque jour pour consommer la dose recommandée d'alcool et de lien social, dans cet ordre là. Problème : personne ne recommande les doses d'alcool, et chacun doit donc se fier à son instinct.
Au bistro, on peut avoir une ardoise. Problème 1 : on peut y faire tous les calculs (débile) mentaux qu'on veut, on est toujours loin du compte. A croire qu'il n'y a pas que ceux qui boivent qui exagèrent. Problème 2 : ce type d'ardoise ne vous aidera pas à garder un toit au dessus de votre tête. Corolaire (d'un con) : si vous n'avez plus de chez vous, vous pouvez compter sur votre ardoise pour vous fixer au zinc où vous finirez vos jours en aimant à pochtrons.
Révélation pour mesdames : quand on a un dossier urgent à finir ce soir, c'est généralement au bistro qu'on a besoin d'y travailler... rien à voir avec votre vieille peau flasque et votre tronche de cauchemar.
Texte refusé pour le Psikopat de décembre 2010 sur les Bistrots.
Le monde des médecines parallèles est un monde d'optimistes. Un monde dans lequel le peu de diplômes nécessaires, quand ils existent, ne demande pas d'études, mais un gros paquet de fric. Un monde dans lequel rien ne vous distingue, aussi brillant que vous soyez, du marabout d'à côté, ce charlatan, en plus il est noir. Un monde où le cancer succombe à l'ingestion de petites billes de sucre, à condition que le Grand Magnétiseur Thomas, descendant direct d'une boussole et d'un micro-onde, vous fourre sa grande paluche dans le cul au moment de l'ingestion. Dans cette féérie, rien n'est véritablement un problème, tout est possible : vous avez affaire à des super-héros, et vous chouignez pour quelques milliers d'€uros ? Vous êtes indignes de la grandeur suprême NTM. Puisque c'est comme ça, il ne vous reste plus qu'à vous en remettre à Dieu (par voie rectale). Il va vous falloir en avaler des cierges et des couleuvres avant que le Tout Puissant Notre Père en short blanc immaculé dans le coin gauche contre Sa Seigneurie des Ténèbres le Grand Belzébuth, les couilles à l'air de rien, dans le coin opposé, et le match commence. Non, cette phrase n'ont aucun sens, mais gardez l'espoir, rappelez-vous qu'ici je peux très bien décider que vous êtes dans une chambre jaune sans porte ni fenêtres. Alors, impressionné ? Très bien, Dieu vous pardonne vos poiriers, mais gardez la tête sur les épaules. Pas évident quand on a les jambes en l'air. D'un autre côté, vous avez les mains prises (entre autres), et il se pourrait bien que vous arrêtiez de fumer. Comme quoi, ça marche, quand on le veut vraiment. Pas convaincu ? Ben merde, vous n'allez quand même pas vous rabattre sur les médicaments sans ordonnance quand même ? A votre avis, pourquoi on les distribue aussi facilement ? Quoi d'autre est distribué aussi facilement, par exemple ? Un verre d'eau. Tant pète dans un verre d'eau, ou pisser dans un violon, ça coûte moins cher et ça a le même effet. Enfin, à condition de l'avoir déjà, le violon. C'est pas donné ces trucs là. Et ça vaut pas le coup d'en acheter un juste pour pisser dedans, finalement. Réfléchissez un peu, avant de vous précipiter. En fait c'est ça, voilà, les médecines parallèles, c'est un monde d'optimistes, qui se rêvent leurs super-pouvoirs, et de crédules, qui les payent pour rêver, et s'étonnent après que ça ne marche pas. Encore heureux qu'aucun ne promette l'équilibre financier...
Texte refusé en Mars 2011 pour le numéro sur les Médecines parallèles.
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Terrée action