Jeudi 26 juin 2008
Comme souvent, c'est à l'aube, aux alentours de dix heures, qu'Yvan arrive au boulot. Ses collègues travaillent d'arrache pied la cafetière et parlent d'assaisonner la secrétaire du patron, le petite brune. Mais Yvan n'a pas le coeur à ça, et lorsqu'on lui demande s'il veut un café, c'est avec une mine renfrognée et dans un murmure qu'il refuse élégament. Il en a déjà pris un avant de venir, et n'a pas que ça à faire. Pour bien commencer sa journée, il va donc se servir un café et se plante devant ses collègues.
- T'as passé de bonnes vacances Yvan ?
- Quelles vacances ? J'ai pas arrêté de travailler. Je m'en suis même détruit la cheville en descendant de cheval. Tu vois pas mon plâtre ?
Voyant la détresse d'Yvan , le collègue n'insiste pas.
- C'est pas des vacances le cheval ?
- Ca coûte cher et y'a plus reposant.
- Ah d'accord.
- Le travail par exemple.
- Oui bien sûr.
Terminant son café, Yvan rejoint son poste de travail, pour enfin pouvoir se reposer.

Quelques minutes à peine après qu'il ait entamé l'exploration de sa seconde narine, le patron d'Yvan s'en vient à son chevet. Il porte une cravate rouge, signe qu'il tuerait bien quelqu'un aujourd'hui. J'en connais un qui va bientôt nous ramener une nouvelle quiche à assaisonner, se dit Yvan. Son patron avait attendu qu'il termine mentalement sa phrase avant d'intervenir.
- Bonjour, Yvan, comment allez-vous ?
- Mal.
- Qu'est-ce que vous vous êtes fait à votre cheville ?
- Mal.
- Comment trouvez-vous ma cravate ?
- C'est mal.
- Vous avez terminé le dossier bleu ? Celui avec les images dedans...
- Non.
- Vous pensez l'avoir terminé bientôt ?
- Tenez.
Un dossier bleu change de main, et un patron l'ouvre aussitôt. Il est vide. Même pas une feuille blanche pour égayer un peu.
- Vous me cassez les pieds Yvan.
- D'accord. Tenez-vous bien.
Le patron agrippe le bureau d'une main, et pose l'autre sur le mur à côté. De sous son bureau, son employé sort sa masse et l'abat une première fois sur un de ses deux pieds, brisant moults tarses et métatarses. Puis, il passe à l'autre pied avant de fignoler le tout à l'aide d'un petit marteau.
- Voilà chef.
- Merci...
Et le patron de repartir en rampant, faute de pied pour se tenir debout.

Suite à un début de matinée aussi éprouvant, Yvan décide de terminer en beauté en relevant son courrier. Il éteint son ordinateur et ouvre sa boîte aux lettres personnelle. Pas l'ombre d'une pub à l'intérieur, seulement quelques courriers personnels et une circulaire de la boîte. Déçu, Yvan jette le tout dans sa poubelle personnelle, et va jeter sa poubelle dans le conteneur, derrière le bâtiment. Puis il revient à son bureau et regarde la pendule murale, au dessus de la porte des toilettes. La journée s'annonce bien longue...
par Stabbquadd communauté : Agora publié dans : Cinquante et un sous ↕
ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Mercredi 25 juin 2008
Pitou est un petit troll d'à peine quelques jours. Sa vue est encore floue et ses yeux tardent à découvrir le monde. Alors, Pitou utilise ses mains, et pour l'instant ça lui suffit. Il n'a pas encore pris pied avec les réalités du monde cruel dans lequel il est venu au monde. Mais ça ne saurait tarder.

Comme bien souvent depuis sa naissance, Pitou dort. Il dort d'un sommeil de plume, collé contre sa mère, elle aussi endormie. Il dort de la même lassitude qui berce le gras matineur un dimanche d'été alors qu'il n'a rien d'autre de prévu que de changer de couche de temps à autre. Alors, lorsqu'un massif brin d'herbe, poussé par le vent, s'en vient le chatouiller sur le bout de son nez, Pitou se réveille. C'est pourtant la dernière des choses dont il a envie. A part prendre le temps de s'arranger une bonne sieste sans surprises, qui lui demanderait beaucoup trop d'énergie. Pitou est flemmard, et il refuse de céder au chantage du végétal envahissant. Alors il tâche de se rendormir, et ça l'épuise.

Mais Pitou a une idée en tête, ce qui est bien plus qu'il n'est capable d'en tolérer à ce moment précis. Les caresses de la tige fine et collante de ce petit bout de la terre l'obsède, et il se retrouve forcé d'en prendre compte et de revoir son agenda pour la minute prochaine. Grognon, Pitou tâte autour de lui jusqu'à repérer l'insidieuse petite plante et la pousse contre tout un tas d'autres, qui forment une touffe à quelques centimètres de son visage. Puis, il entreprend de se rendormir, paisiblement, ce qui ne tarde pas.

Seulement le brin d'herbe n'a pas dit son dernier mot. A chaque courant d'air, il se raidit un peu plus, jusqu'à revenir en place, ou presque. Dès lors, il peut se remettre à taquiner le petit troll sans le moindre scrupule.
Pitou, lui, est en train de rêver. Et dans son rêve, ses yeux voient mal. Comme quand il est réveillé en somme, à la différence près qu'un de ses yeux voit encore plus mal. Il a même l'impression qu'une moitié entière de son crâne est tirée vers l'arrière et se désolidarise de sa tête. Puis il se réveille, et se rend compte qu'il a quelque chose dans l'oeil. Il secoue la tête vigoureusement, ne lésinant pas sur l'énergie, oubliant même son envie de dormir proche du lassif trépas. La petite tige est revenue, la partie n'est pas terminée.

Rapidement, Pitou échaffaude un plan de secours. Il se tourne vers sa maman, laissant l'adversaire frotter les poils de son dos, ne l'incommodant pas outre mesure, et se rendort. Très vite, c'est tout un univers onirique qui lui ouvre les bras, et un sourire vient s'inscrire sur le visage du jeune troll. Dans ce monde merveilleux, il forme de nouvelles sensations, d'autres envies, et forme bientôt l'idée de peur. Sans doute l'oppression qu'il a subi récemment en est la cause. Toujours est-il que Pitou s'agite et se tourne dans tous les sens. C'est exactement le moment qu'attendait le brin d'herbe pour revenir à l'assaut. Bientôt, l'oreille de Pitou devient le théatre d'hostilités déclarées entre lui même et la flore sur laquelle il est allongé.

Cette fois-ci, Pitou en a marre. Ne sachant pas encore marcher, il se redresse sur son postérieur et tâtonne à nouveau. Derrière lui, il repère un caillou. Il s'en saisit et l'abat sur le végétal maintes et maintes fois. Le carnage est total, les plantes s'affolent et se couchent par dizaine alors que Pitou frappe encore et encore tout autour de leur touffe. Un jus verdâtre est projetté aux alentours et tâche un tronc d'arbre de la violence des évènements. Une tornade animale s'est éveillée et ravage le gazon, broyant tout ce qui se présente à elle. De partout, des insectes fuient, et à la panique succède bientôt le chaos. Et le silence.
Pitou est en pétard, fallait pas le chercher.

Quelques minutes après, il n'y a plus qu'un vaste champ de bataille autour de Pitou. La terre est retournée, et même battue par endroits. Des cadavres de paquerettes flottent sur la mare lugubre de bouillie végétale. Non sans mal, Pitou a gagné son premier combat.  Le calme est revenu, et avec lui la paresse. Pitou gonfle le torse, et baille, épuisé par ses exploits. Enfin, il se recouche et part rejouer la scène encore et encore dans ce monde qu'il imagine et où tout est possible.

Mais dans ses rêves, un petit brin d'herbe s'en prend à sa joue. Celui-ci est immunisé contre Pitou, et rien ne peut lui permettre de s'en débarrasser. Pitou a gagné, peut-être, mais le brin d'herbe, lui, est bien vengé.
par Stabbquadd communauté : Ecriture Ludique publié dans : Parle des tailles ⁂
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 24 juin 2008
Si je retourne dans le passé pour publier ma musique préférée avant qu'elle n'ait été composée, est-ce que l'artiste qui l'a créée à l'origine produira de nouvelles chansons à la place de celles-ci ? Et sinon, est-ce que sa créativité sera complètement court-circuitée, au point qu'il ne sache rien faire d'autre que ce que d'autres décident pour lui ? Mais alors, notre monde a-t-il été envahi par les oeuvres du futur pour que les gens soient aussi passifs ?

Imaginons que je suis un fan incontesté d'un groupe qui n'existe plus. Je connais toute sa discographie par coeur, et je déplore de ne pouvoir jamais jouir de nouvelles créations des mes idoles. Alors, je décide de retourner dans le passé avec en tête toutes les chansons d'un groupe que j'adore, ou, si c'est possible, avec leurs oeuvres enregistrées. Et je remonte assez loin le temps pour qu'elles n'aient jamais pu être composées. Du coup, si je les fait publier, ou au moins écouter aux membres du groupe, que va-t-il se passer ? Dans mes rêves les plus fous, ils se mettaient à composer de nouvelles chansons dont je pourrais enfin profiter. Mais rien n'est moins sûr. Leurs compositions sont certainement des petites musiques qui leur trottaient dans la tête depuis longtemps, et en leur en fournissant l'enregistrement ou la partition apprise par coeur, je ne fais qu'apporter aux musiciens la preuve qu'ils ne sont pas les seuls à avoir les mêmes mélodies qui se baladent dans leur esprit. Du coup, je risque même de les décourager complètement de faire de la musique, puisque tout ce qu'ils imaginent a déjà été fait. Dans ce cas, non seulement je suis revenu dans le passé pour rien, mais en plus je fais disparaitre mon groupe préféré, ce qui est vraiment dommage. En plus, on risque de me demander des comptes lorsqu'il faudra que j'explique comment j'ai enregistré ces oeuvres ou que je les produise seul, en live, alors que même si je les connais par coeur, ça ne signifie pas que je puisse les jouer.

Sinon, l'autre possibilité, qui peut encourager mon groupe préféré et en même temps m'éviter pas mal d'ennuis, c'est que je donne les chansons au groupe lui-même. Je lui offre, de son point de vue, mais je leur rend, du mien. Du coup, ils peuvent jouer les chansons, les publier, et je suis peinard. Mais alors vont-ils en composer d'autres, ou seulement se reposer sur ce que je leur ai fourni ? Car si rien de nouveau n'est produit, alors j'ai facilité la vie de mon groupe favori, ce qui est sympa, mais je n'y ai pas gagné grand chose au final, hormis le fait de les avoir accompagné et de m'en être peut-être fait des amis, mais je n'avais pas besoin de me donner autant de mal pour arriver à ce résultat.

Dans l'hypothèse où le groupe composerait de nouvelles chansons, peu importe le cheminement, l'expérience deviendrait réellement intéressante. Ces nouvelles compositions sont-elles inédites, ou est-ce qu'elles sont ce que d'autres groupes auraient composé à leur place ? Je veux dire : la créativité à une époque donnée est-elle limitée par ce que peut fournir l'instant présent comme connaissances communes, ou peut-elle s'étendre à l'infini pour peu qu'on se donne la peine de la faire intervenir ?
Si la créativité est extensible, alors j'ai de la chance, car lorsque mon moi du passé, une fois arrivé dans le futur, reviendra dans le dit passé pour stimuler la créativité de son groupe qui n'a pas assez composé de chansons, il y aura encore d'autres chansons composées, et ainsi de suite jusqu'à l'infini, ou plus vraisemblablement jusqu'à ce que j'ai tellement de titres à écouter que je ne me lasse jamais et n'éprouve aucunement le besoin d'en avoir plus.
Par contre, si la créativité est limitée, alors à force je vais faire de mon groupe le seul groupe créatif de cette époque, et tous les autres artistes s'orienteront naturellement vers des métiers non créatifs, où leur sera dicté les tâches qu'ils devront effectuer.

Mais le fait que l'être humain soit capable d'innovation, couplé au fait que très peu de spécimens utilisent cette capacité, plaide-t-il en faveur d'une créativité limitée auto-régulée ? Lorsque déjà trop d'humains sont dans une voie artistique, il devient plus difficile d'être original, d'où découragement et orientation vers un travail ne nécessitant pas d'imagination. Est-ce ainsi que le monde fonctionne. A-t-on vraiment le choix finalement ? Est-on artiste parce qu'on a un degré d'inventivité suffisant par rapport à l'ambiance de notre époque, ou est-ce uniquement par choix, quelque soit l'environnement dans lequel on évolue ? Un élément de réponse serait le fait qu'on ne peut jamais tout connaître de ses contemporains ni de tous ces ancêtres qui nous ont précédé. Et que, parallèlement, ceux qui s'intéressent le plus aux oeuvres des artistes sont d'autres artistes. Il est donc peu probable qu'un lien de cause à effet puisse être trouvé entre créativité globale et créativité individuelle. Mais n'allons pas trop vite en besogne, rien n'est jamais certain, encore moins définitif...
par Stabbquadd communauté : Ecrire publié dans : Paradoxisme temporel []
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 23 juin 2008

Hypothèses de départ :

  • Allumer trois bougies avec la même allumette porte malheur.
  • Allumer une bougie noire exorcise le mauvais oeil et bannit les influences négatives et néfastes.
  • Les briquets remplacent aisément les allumettes,de même que les lance-flammes.
  • Souffler sur une bougie pour l'éteindre chasse les esprits protecteurs qui se sont rassemblés autour.

Problèmes induits :

  1. Allumer trois bougies noires avec la même allumette porte-t-il aussi malheur ?
  2. Allumer quatre bougies avec le même briquet pose-t-il problème également ? Et avec un lance-flammes ?
  3. Est-il risqué d'allumer trois bougies et de les éteindre en souflant dessus dans le même ordre ?
  4. Si un souffle anal éteint une bougie, chasse-t-il aussi les bons esprits ?

Démonstrations :

  1. Pour commencer, nous avons voulu nous assurer que les bougies noires exorcisaient vraiment les mauvais yeux. Pour l'expérimentation, nous avons placé l'oeil d'un myope sur la flamme d'une bougie. Le résultat est sans appel, la bougie chasse bien quelque chose. L'oeil se ratatine dans son orbite, et le myope crie, signe évident d'une manifestation démoniaque d'un mauvais esprit aux desseins contrariés. Le problème qui se pose par la suite est que l'oeil passe alors de mal voyant à totalement non voyant, et le gain n'est finalement pas très évident à expliquer à la victime au cobaye au volontaire. Toutefois, maintenant que la preuve est apportée que les bougies noires ont un effet sur les mauvais yeux, il est nécessaire de renouveler la vérification lorsque les bougies sont trois et qu'elles ont été allumées avec la même allumette. L'expérience a donc été reproduite avec un autre patient bénévole. Et la stupéfiante vérité nous cria alors sa réalité. Trois bougies allumées avec la même allumette, même noires, sont vraiment dangereuses. Et leur organisation est effrayante ! Alors que la première se contente de chasser le mauvais oeil comme il se doit, la seconde enflamme les cheveux tandis que la troisième étouffe le futur défunt en envoyant sa flamme roussir ses poils nasaux. Le pouvoir des trois bougies surpasse donc, et de loin, celui des bougies noires.
  2. L'expérience a été réalisée par des cascadeurs professionnels et témoigne d'un état de fait des plus intéressant. En effet, peu importe le nombre de bougies allumées avec le même briquet, rien ne se passe, même si les bougies sont trois, ce qui est remarquable. Mais le plus intéressant des résultats provient plutôt de l'utilisation du lance-flammes. A l'inverse du briquet, il semblerait effectivement que quelque soit la quantité de bougies allumées avec un lance-flammes, le malheur s'insinue dans la pièce jusqu'à ce que quelque chose d'horrible se produise, en général un incendie d'après nos relevés. Mais encore plus surprenant, le lance-flammes semble porter malheur aux bougies elles-même, puisqu'aucune n'a été retrouvée à l'issue de tous les essais effectués. Donc, en cas de bougies réfractaires, nous vous conseillons d'évacuer les lieux et de faire intervenir un lance-flammeur professionnel. La brûlure purificatrice de son appareil bénit évacuera le mal par la manière forte aussi bien dans votre demeure que dans celles du voisinage si elles sont elles aussi infectées par le mal. Une découverte qui fera date, vraiment. N'hésitez pas à financer nos recherches et votre nom sera cité. Il vous remercie.
  3. Nos tests en laboratoire, car nous avons maintenant un laboratoire ainsi qu'une tour de bureaux d'expérimentation grâce à vos dons, nos tests ont donc montré que la dangerosité de trois bougies soufflées dépend vraisemblablement de la configuration de la pièce et des personnes qui s'y trouvent, ainsi que du délai laissé depuis l'allumage. En les éteignant immédiatement, il semblerait que l'infortune n'ait pas le temps de se rassembler dans la pièce. Par contre, en lui laissant un bon quart d'heure, on observe plusieurs phénomènes. Tout d'abord, si les bougies sont placées sur une table, souffler dessus peu provoquer de graves brûlures à la personne diamétralement opposée à la table, si la table est ronde. Plus généralement, on peut dire que c'est la personne en face qui prendra. L'évidence nous force donc à dire que souffler sur un trio de bougies allumées avec la même allumette pousse le mauvais sort à s'abattre dans la direction où on souffle, alors que la croyance populaire voudrait que ce soit plutôt les esprits protecteurs qui soient chassés par cette action, et que donc, ils s'en aillent protéger ailleurs. Et on constate effectivement que même si les bougies sont placées sur une étagère ou une table de nuit, les maléfices frapperont malgré tout, seules les manifestations de ceux-ci changeront. Et d'une manière étrangement proche de celle du lance-flammes vu précédemment, puisqu'un incendie s'en suivra rapidement. Evitez donc de souffler sur les trios de bougies, ou ceux-ci vous le feront regretter amèrement.
  4. La dernière expérimentation n'ayant pu être effectuée dans nos laboratoires pour des raisons d'hygiène nasale et de manque de moyens flatulents, il nous a fallu nous reposer sur les résultats d'une équipe de chercheurs américains qu'il ne semble pas nécessaire de mettre en doute. Nous nous félicitons par ailleurs de ne pas l'avoir testé nous mêmes, car l'imprévisible nocivité de cette expérience aurait pu nous coûter encore quelques membres de notre équipe. En effet, le souffle anal semble avoir un effet exactement opposé à un souffle buccal, et plutôt que d'éteindre les bougies en projetant les esprits malins en face de la source venteuse, le souffle anal laisse la bougie intacte mais agit comme un aspirateur à malédiction. Ainsi, les testeurs les plus zélés ayant produit les brises les plus énergiques ont tous explosé, sans exception, sans explication, et sans laisser de mot d'adieu. Leur mort n'est donc pas un suicide. Plus surprenant encore, les résultats des autopsies ont révélé que celle-ci était le fait d'une overdose de poisse explosive, appelée aussi la mégarde par les spécialistes de la pyrotechnie. Il semble donc que cette technique d'extinction des feux n'est non seulement pas efficace, mais également très dangereuse. Son seul bénéfice est d'attirer vers la victime tout le malheur, encore qu'elle le fait rapidement rejaillir sur l'entourage, par chagrin et par aspertion de matière organique.

Conclusions :

La plupart des manipulations de bougies ont conduit à de multiples malheurs et doivent donc être considérées comme dangereuses pour l'utilisateur lambda. Il semble donc évident que les bougies, quelque soit leur nombre mais surtout lorsqu'elles sont trois, en veulent à l'humanité, probablement pour n'être pas capable de les laisser en paix en leur mettant le feu régulièrement. La rancune de celles-ci s'accumule alors autour d'elles sous la forme de mauvais esprits à mesure qu'elles se consument, pour mieux se répendre lorsqu'enfin le bourreau reviendra éteindre sa victime.
Le mieux à faire est donc de délaisser autant que possible l'usage des bougies, surtout celles qui sont allumées. La conservation de bougies éteintes ne semble pas poser le moindre problème, et dans ces conditions les bougies sont capables de cohabiter avec l'humain sans nécessairement lui vouloir du mal. Leurs seuls méfaits peuvent être de parfois sauter d'un placard pour vous tomber sur le coin se la figure, mais il est utile de rappeler que ces circonstances apparaissent majoritairement lorsque l'homme, plongé brusquement dans le noir, s'en va alors chercher dans son placard quelque chose à quoi mettre le feu pour s'éclairer. Les bougies le sentent et provoquent alors des accidents non mortels par simple et légitime défense.
Si par hasard vous veniez à croiser une bougie enflammée, ne mettez pas fin à son calvaire de manière irréfléchie en lui soufflant dessus. Pour elle, ce serait comme prendre une grosse bouffée d'air frais après avoir maché un chewing gum à la menthe forte pendant deux minutes, et elle risque de se venger en envoyant sa rancune un peu partout autour d'elle. Préférez l'éteindre en pinçant la mèche avec des doigts humides, les votres ou ceux de quelqu'un à qui vous aurez demandé la permission, et rien ne devrait vous arriver de trop grave. Une autre technique, encore meilleure, a été mise au point par nos scientifiques, et consiste à couvrir la bougie d'un récipient en métal effilé présentant un minimum d'hermétisme, contraignant la flamme à calmer sa joie pour de bon.
La preuve est donc faite que les bougies sont une menace pour la vie de tous les jours et vos meubles, et la question ne semble plus prêter à débat : oui, les bougies sont rancunières, à mort.
par Stabbquadd communauté : Cocasse la vie ! publié dans : Démonstration ?
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Dimanche 22 juin 2008
Cette nuit, j'ai rêvé. J'étais dans un bureau, assis devant un ordinateur jauni par le temps, et je regardais autour de moi. Je n'avais pas la moindre idée de ce que j'étais censé faire, l'écran n'étant même pas allumé. Les autres avaient l'air de véritables zombies, et ouvraient de grands yeux captivés sur un halo lumineux qui englobait toute leur substance. Jusqu'à se confondre avec eux, jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans un éclat brillant qui me force à détourner le regard. Puis, il ne sont plus là, et je suis seul. Seul, mais il y a des horloges partout, et j'ai comme l'impression qu'elles me regardent. Qu'elles se rapprochent. Et c'est ce qu'elles font, en fait. Alors je fuis, je dévale l'escalier, et j'aboutis dans la rue. Et partout, il y a d'autres horloges. Sur les murs, contre les lampadaires, aux fenêtres des immeubles et des voitures. Et les gens passent, partout autour de moi, leurs yeux rivés sur l'heure qui passe.

Je suis la seule personne vivante.

Les autres ne sont que des jouets mécaniques remontés à bloc pour ne pas perdre la moindre seconde. Mais ils ne vont plus aussi vite qu'au début. Ils courent toujours, mais chacun de leur pas semble s'éterniser en l'air et eux se font de plus en plus impatients, ce que j'aurais pourtant cru impossible. Le spectacle est véritablement fascinant, et je peux l'admirer sous toutes ses coutures. Au détour d'une rue, une femme. Très belle au demeurant. Elle est en jupe, et je ne peux résister à l'envie de profiter de la situation. Je m'approche tranquillement lorsque soudain le monde semble secoué de spasmes. Tout s'agite, tout se déforme, mais plus personne ne bouge. Et bientôt, de longues lignes verticales viennent zébrer l'intégralité de mon point de vue. Elles divisent le champ visuel en multiples petites bandes, jusqu'à ce que toutes se séparent, une sur deux défilant vers le haut, l'autre vers le bas.

Puis, plus rien n'existe, sauf moi.

Mais c'est normal, c'est mon rêve après tout. Je suis dans le vide le plus total, jusqu'à ce que mes yeux s'habituent à l'obscurité. Je suis entouré de milliers d'étoiles, et de multiples corps célestes flottent autour de moi. L'un d'eux me percute mollement. Je me relève sur un sol moelleux, rouge, entouré d'étranges plantes grasses qui ressemblent à du plastique. Mais elles sont immenses, tout est démesuré. Et par ailleurs, il fait froid. Le sol est plein d'aspérité, et je suis un de ses sillons, le plus massif, qui m'emmène vers une caverne où je me réfugie. Et où je me fais avaler par une bouche géante. Je glisse dans un oesophage métallique qui m'entraîne vers un réseau d'égouts. Mais bien vite, je me rends compte que je n'y suis pas seul. Je ne sais pas ce qui me tient compagnie, mais je ne souhaite pas approfondir le sujet.

Alors je cours, le plus vite possible, dans la première direction qui me semble sûre.

Et bientôt, je vois de la lumière. Elle m'éblouit en même temps qu'elle me réconforte. Je n'hésite pas une seconde et je poursuis ma route, jusqu'à ce que je tombe. Dans un lac de milk-shake glacé à la fraise. Glacé, mais ici je n'ai pas froid. Et il y a plein d'îles autour de moi. De petits éclats de céréales et de chocolats qui me paraissent le meilleur endroit pour sortir de ce bain visqueux. J'entreprends d'en escalader un, et m'y assois sans que celui-ci ne s'enfonce plus dans le liquide rosé. Je replis mes genous contre moi et j'attends. De temps à autres, je prends un petit morceau de mon île et la mâche avec intérêt. C'est délicieux. Et soudain, tout se met à tourner. Un tourbillon géant qui se creuse en syphon m'emporte avec lui, mais la force centrifuge m'accorde encore un petit surcis.

Mais mon tour viendra très vite. Trop vite. Et je tombe.

Lorsque je me réveille, je suis par terre, sur le sol, empêtré dans mon drap. Je suis tombé la tête la première et elle est coincée contre le placard. Le matelas n'a plus qu'un drap housse pour s'allonger sur lui. Il n'y a personne dans la pièce, que moi et ma céphalée. Je me lève et me gratte l'arrière du crâne. Et alors je réalise. Je suis abandonné. Plus personne n'est là pour moi, mais je n'y peux rien. Personne n'y peut rien. Une larme roule sur ma joue, et je m'énerve. Je serre les poings et m'enfuis vers le salon. Mais il est désert lui aussi, comment en serait-il autrement. Seule la pendule est là, à égrener les secondes qu'il me reste à vivre. Impassible, et pourtant si compréhensive. Je vois son balancier s'activer de droite à gauche, puis de gauche à droite, et je me rappelle.

Puis je souris, je ne suis plus seul.
par Stabbquadd communauté : Autres Mondes... publié dans : ~ Exorcisme ~
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Samedi 21 juin 2008
Au début du mois, j'ai été envoyé en pleine campagne pour enquêter sur une disparition dont on suposait qu'elle masquait un homicide. Le disparu était le fils d'un fermier de la région qui disait avoir trouvé une flaque de sang derrière une de ses granges. Je me suis alors rendu sur les lieux pour discuter avec lui et effectuer quelques prélèvements.
Arrivé sur les lieux, j'ai tout d'abord remarqué l'isolement du monsieur, aussi bien géographique que démographique, même si deux routes semblaient mener chez lui. Vivant seul avec son fils dans une grande maison collée à une forêt et à de nombreux kilomètres de la première bâtisse habitée, il faut lui reconnaitre que l'environnement possède en lui-même quelque chose d'inquiétant. Pourtant, la famille ne s'était pas faite remarquée depuis le décès de la femme du fermier, morte dans un accident impliquant un de ses plus proches voisins une dizaine d'années auparavant. Les deux hommes en sont restés en très mauvais termes, s'accusant l'un l'autre de négligeance, et se livrant ensemble à une petite guerre froide.

Le fermier m'accueillit gravement, trainant sa carcasse usée pour venir me saluer. Son teint jaunâtre n'était pas des plus engageant, mais il n'était rien en comparaison des glaires que l'homme recrachait en permanence. J'émettais rapidement l'hypothèse que le vieil homme avait noyé son chagrin dans l'alcool, comme bien souvent, et souffrait d'une cirrhose. J'en connaissais d'autres comme lui, mais là n'est pas le sujet. J'engageais alors la conversation pour me mettre au travail sans tarder. Le fermier ne voyait son fils que de temps en temps en fin de semaine. Celui-ci n'avait pas voulu reprendre l'exploitation de son père et étudiait au village. Le père était donc seul, avec son chien, à longueur de journée. Je commençais déjà à le plaindre... mais je n'avais pas encore entendu parler de ses horaires. En effet, du lundi au vendredi, et parfois le samedi aussi, il avait trop de travail pour être encore présent dans sa maison lorsque son fils se lève. Et le soir, c'était son fils qui rentrait généralement trop tard pour être là avant que son père aille se coucher. D'après le fermier, il y avait en plus de ce décalage une certaine tension entre eux deux. Le fils avait la vingtaine, l'adolescence, l'indépendance, etc... Toutefois, le père n'oubliait jamais de préparer le petit déjeuner et le dîner pour son fils, sauf parfois le week-end, son fils n'étant pas toujours présent. C'était le cas le dimanche précédent, à la différence que le lundi suivant le fils n'avait pas touché aux repas préparés par son père. Celui-ci s'était donc inquiété, et avait entrepris quelques recherches.
Le fermier estimait avoir des raisons de s'inquiéter. Quelques semaines auparavant, il avait cédé à la tentation d'importer de nouveaux moutons d'un exportateur tunisien. Son voisin avait fait un véritable scandale, étant lui aussi éleveur et cherchant à vendre ses bêtes pour se reconvertir dans l'agriculture. Bien qu'étant dans son plein droit, le fermier avait jugé utile de s'expliquer sur ce point. Déjà, il n'appréciait pas son voisin et ne voulait pas faire plaisir à un "meurtrier" comme lui, puisqu'il le jugeait responsable de la mort de sa femme, et maintenant de celle de son fils. De plus, il n'aurait même pas voulu donner les abats des moutons de son voisin en pâture à son chien, alors il ne risquait pas de les acheter, de les élever, et de finalement les manger... Au moins, les moutons qu'il avait achetés à la place étaient d'une espèce bien plus robuste que les siens, et il espérait que par croisements successifs la qualité de son cheptel en soit grandement améliorée en à peine trois générations.
L'homme avait commencé par errer benoitement dans les alentours, sans cesser d'appeler son fils. Peu après, il s'était rendu dans la grange que ce dernier avait quelque peu entreprise pour y passer du temps lorsqu'il voulait rester seul dans un petit coin à lui. Et c'est là-bas qu'il avait découvert la tâche de sang contre un mur à l'arrière de la bâtisse. Il avait immédiatement appelé la police sans rien toucher sur les lieux. Je lui demandais donc de m'y emmener, et effectuais quelques prélèvements.

Puis, lorsque tout fût terminé, je décidais de me rendre chez le voisin du fermier. Il m'indiqua la route, qui passait par l'autre chemin que celui par lequel j'étais arrivé, à travers la forêt. La route n'était visiblement pas très fréquentée, et je me fis la remarque que si le voisin avait bien tué le jeune fils du fermier, il avait dû prendre d'infinies précautions pour ne pas laisser de traces derrière lui. Excepté la tâche de sang bien entendu. Mes doutes commencèrent à s'évaporer lorsque j'aperçus quelques vêtements dans le fossé. Je m'arrêtais pour y regarder de plus près, et je me rendis compte qu'il s'agissait du corps d'un jeune homme. Il avait le teint jaune lui aussi, et en le reliant à celui de son père, je commençais à échaffauder une théorie sur une potentielle défaillance hépatique héréditaire. En dehors de ça, la peau était en de nombreux endroits irritée, comme lacérée, parfois jusqu'au sang. Je fis alors le nécessaire pour l'amener à l'autopsie en passant par la demeure du fermier afin qu'il l'identifie. Malheureusement, il s'agissait bien de son fils et son abattement me fit pitié.

Alors, j'entrepris d'aller voir le fameux voisin, pour de bon. Mais le témoignage de celui-ci vint bouleverser mes convictions. Apparemment, sa fille s'était acoquinée avec le fils disparu, et lorsque la famille appris le décès, tous semblèrent bouleversés, surtout la fille en question, qui monta dans sa chambre verser le fruit de ses sanglots. Le père me révéla que le fermier était certainement au courant de cette liaison, et qu'il tenait peut-être moins à son fils que lui tenait au bonheur de sa fille, bonheur qu'elle avait trouvé avec le fils du fermier. Alors, le responsable de ce meurtre avait bien plus de chance d'être le fermier, et que celui-ci avait sans doute voulu lui faire porter le chapeau en allant déposer le corps sur la route entre les deux foyers. Je n'avais en ma possession aucun moyen de confirmer l'une ou l'autre des versions, alors je décidais de chercher de nouveaux éléments avant de poursuivre l'interrogatoire.

Un peu plus tard, on me fournit les rapports d'analyse de la tâche de sang et d'autopsie du corps retrouvé. Pour la tâche, il s'agissait en fait d'urine mais elle contenait des traces d'hémoglobine et était surchargée en bilirubine, symptôme habituel d'une dégradation massive de globules rouges. Pourtant, la cause du décès était tout autre, l'autopsie ayant en effet révélé une grave septicémie, causée par de nombreuses lésions dans les organes de la victime.
Je n'y comprenais plus rien. J'avais au moins deux suspects, et voilà que la cause de la mort était à la fois humaine  mais aussi pathologique. Les multiples lésions ainsi que les marques sur la peau pouvaient témoigner d'un passage à tabac qui aurait conduit à la mort. Mais le teint jaune et le sang et la bilirubine dans les urines, vraisemblablement très antérieurs au jour du décès, plaidaient plutôt pour un problème de santé.
Mais que s'était-il réellement passé ?

La première personne qui répondra aux questions suivantes pourra m'imposer un article dans la catégorie et sur le thème de son choix, en restant cohérent avec la ligne éditoriale du blog... Il lui faudra répondre aux questions suivantes : Est-ce un meurtre, une maladie, encore autre chose, ou tout à la fois ? De toutes façons, qui ou quoi est le responsable de la mort et de quelle manière ? Comment est-ce possible ? D'autres individus sont-ils menacés, et pourquoi ?
Vous avez le droit de vous documenter autant que vous le voulez, c'est même recommandé.
Si vous débusquez une incohérence dans le récit, ou que votre conclusion n'est pas la bonne mais reste logique à cause d'un manque de précisions dans celui-ci, vous gagnerez aussi, mais le "lot" restera en jeu. Je dis lot parce que je ne vois pas d'autre mot, et que je n'ai de toutes façons pas les moyens de faire mieux ^^
Le concours restera ouvert aussi longtemps que vous pourrez lire ce message. Je prévois large étant donné que j'ai peu de public et bon espoir qu'il se renouvelle !
Bonne chance !
par Stabbquadd communauté : les auto-édités publié dans : = Mes deux signent l'égal =
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 20 juin 2008
Illustratrice professionnelle cherche enveloppe A3 de type cartonnée pour lui confier de nombreuses missions de livraison tous frais payés aux quatres coins du globe. Rigide, vous devrez protéger votre contenu des pliures et autres accidents de parcours au péril de votre intégrité physique. Dotée d'un sens de l'adhésion prononcé, vous scellerez les missives qui vous serons confiées pour ne les délivrer qu'à leur destinataire en personne.

Des semaines loin de votre domicile sont à prévoir, et votre goût pour le voyage devra être suffisamment développé pour mener à terme chacune de vos tâches avec le plus grand zèle. Une tenue de travail vous sera confiée, ornée de badges d'affranchissement permettant de vous décharger de toutes les charges dûes au transport.

En contrepartie, vous serez hébergée en permanence, à mon domicile ou à celui de mes clients, quand vous ne serez pas en trajet bien entendu, avec les plus généreux égards qui vous conviendront. Malheureusement, il m'est impossible de loger une famille nombreuse, et la nature de votre travail ne vous permettra pas de veiller dignement sur un foyer. Alors, je me vois dans l'obligation de refuser les candidatures des enveloppes engagées dans une relation durable accompagnée de la filiation de multiples petites cartes de visites dont je dispose déjà en grande quantité.

Tous les candidats devront se soumettre à un test de résistance aux torsions dans de nombreuses conditions climatiques variables. En cas de résultats concluant, vous pourrez être envoyé en mission plusieurs fois avant de conclure réellement à votre embauche. Vos performances ne seront pas les seuls critères d'évaluation et les retours clients seront également pris en compte ainsi que votre adaptabilité dans des situations inopinées.

Pour déposer votre candidature, veuillez vous envoyer à mon adresse et je vous réceptionnerai en personne. Un entretien suivra sous peu et vous serez fixé dans la journée sur le sort qui vous est temporairement réservé, afin de vous libérer au plus vite en cas de refus ou d'inadéquation avec mes besoins.

Merci de ne pas en profiter pour contenir des publicités lors de votre livraison à mon adresse, ni plus tard à celle de mes clients. A bientôt j'espère.
par Stabbquadd communauté : Vive le désordre ! publié dans : Petites Renonces €
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 19 juin 2008
Mes bien chers frères, mes bien chères soeurs, si nous sommes réunis ici aujourd'hui, c'est pour célébrer ce second mois et un jour que nous avons passé ensemble, soit deux mois et deux jours. Vos coeurs se serrent de nostalgie en repensant à la qualité des textes d'une époque révolue mais, déjà, votre âme est prête à encaisser la dégradation progressive de ce cerceau toujours en fuite. Le voyage forme le respect de son prochain, mais il use aussi, comme un kilomètre à pied, ça use, ça use. Oui, ça use les souliers.

En fêtant la très sainte eucharistie de ce blog, en cette veille du lendemain, votre Seigneur et moi-même vous envoyons nos plus fervantes bénédictions pour investir en vous le courage de poursuivre ces pénibles lectures. Ici même, Nous vous infligerons tous les péchés que Nous pourrons imaginer pour mettre votre innocence à l'épreuve. Le peu d'entre vous qui serons capable de tenir le coup aurons droit à la promesse de Notre Reconnaissance Eternelle.

Alors, et pour illustrer Notre propos, veuillez entendre cette intervention du prophète Bob L'éponge, en réponse à son ami Carlo Tentacule lorsque celui-ci vient s'assurer que tout va bien :
"T'as terminé ton travail ? T'as terminé ton travail ?" (Evangile selon Bob L'éponge, livre II, verset 2b).
Nous voyons déjà ici, Mes biens chers frères, comment le Bon Goût se doit d'être absent de notre esprit à tout moment, afin de le remplacer par une lourdeur irrémédiable. Montrez-vous dignes, sortez de votre quotidien par la Sainte Porte de la dérision, et votre vie s'illuminera de mille et de cent boules à facettes qui renverront en toutes directions, dans leur infinie réflexion, la blancheur pathétique qui meuble la stérilité de Notre esprit. Et ce n'est pas cet article insensé qui pourrait contredire un dessein aussi superficiel que celui-ci.

Mais ce n'est pas tout, oh non, ce n'est pas tout. Souvenez-vous, c'était encore hier, une de nos Soeurs s'était faite remarquée par la portée de sa verve et par l'universalité de ses propos. Cette Soeur, Mes amis, mais vous l'aurez sans aucun doute reconnue, c'est Europharmacie. Son éloge à la pureté biologique des corps retentit toujours dans nos esprits impurs, en ces termes notoires : "Nous avons la moindre idée de pillule" !
Et je veux dire oui ! Oui, mille fois Oui à Europharmacie pour cette leçon de sobriété. Qui peut avoir la moindre idée de pillule ? Qui donc à ce culot de prétendre avoir la moindre idée de pillule ? Dites-le moi ! Je vais vous le dire moi, personne ! Personne, non, personne. C'est tout bonnement impossible. La drogue n'a jamais été une solution, dispensez-vous de médication superflue Mes bien chers frères, et votre ardeur n'en sera que plus renforcée.

Pour conclure cette oraison crétine, permettez-moi de faire appel à deux hommes d'exception dont je ne reprendrais que les mots. "L'Homme n'est pas une marchandise comme les autres." disait Nicolas Sarkozy il y a peu. Et je voudrais rendre hommage ici même à sa clairvoyance. Non mon ami, l'Homme ne s'achète pas comme n'importe quoi d'autre, car l'Homme change. Et en changeant, il se rebelle ! Et il mord la main qui l'a acheté, le bougre, dans son incommensurable ingratitude. Alors rendons Gloire aux moutons, à ces Hommes d'exception pour être comme les autres, voire moins. A ces Hommes qui endurent toute leur vie pour n'en jamais rien tirer et laisser le profit aux autres. C'est que la Sainteté de l'Homme se manifeste, lorsqu'il s'efface pour honorer son prochain, jusqu'à ses propres dépends ! "N'est-ce pas ?", dira Jean-Marie Le Pen tout au long de sa vie sans que jamais on ne lui réponde. Grâce à lui, l'Homme apprit à fermer sa gueule, et c'est pas plus mal. Vous aussi, Mes bien chers frères, fermez votre gueule, et ne sortez pas du lot, Dieu et moi vous le rendrons dans l'au-delà. Et n'écoutez pas ceux qui exigent des preuves de cet état de fait, ce ne sont que des hérétiques à la foi décomposée.

Enfin, je termine finalement par le mot de la fin que j'ai emprunté au Dr House : "C'est un crétin !"
La polyvalence de cette merveilleuse composition verbale lui permet de s'appliquer à chacun d'entre vous, Mes bien chers frères.
Je vous souhaite donc une bonne santé ici bas, à tous, et espère que votre foi vous ramènera sur cette page où vous enrichirez votre âme du savoir qu'elle désire dans la croyance en Nos principes sacrés.

Amen la suite, c'est pas prêt de s'arrêter !
par Stabbquadd communauté : L'écriture comme antidote !!! publié dans : Evenement !
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mercredi 18 juin 2008
Ce test se destine à tout être humain ayant accès à internet. Les autres peuvent mourir dans d'atroces souffrances, ils n'avaient qu'à avoir internet. Qui à notre époque n'a pas internet, franchement ? C'est bien fait pour eux quoi, faut se tenir à la page. A la page web, ah ah ah. Non mais je me fous qu'ils n'ont pas de quoi manger, ils n'ont qu'à faire des courses. Mais internet, tu vois, c'est vital quoi. C'est un vecteur important de lien social pour la jeunesse contemporaine. Oui j'ai appris la phrase par coeur, et alors ?
Pour mener ce test à son terme, reprenons maintenant notre calme. On inspire lentement, on tend les bras en l'air, le plus haut possible, on essaye de toucher le ciel, et on relâche, on laisse pendre ses membres, tous ses membres, et on recommence. Je sais pas si vous avez remarqué, mais c'est complètement impossible de tendre les bras en l'air le plus haut possible en inspirant au maximum. Moi,  j'ai toujours un petit filet d'air qui s'échappe dans ces conditions, ça me compresse la cage thoracique et... quoi, oui le test je sais. Bon d'accord, on y revient. Vous êtes irrascible hein. Argh, je vous déteste.
Bon, comme d'hab, on écrit pas sur son écran, et on fait le test en entier avant de regarder les réponses si on veut y comprendre quelque chose. Prenez vos copies, vous pouvez lire le test, vous avez dix minutes.

Nous sommes un dimanche matin. Après vous être levé, vous prenez votre petit déjeuner. Une tartine vous échappe et retombe sur le côté confiture, comme à l'accoutumée.
1/ Vous rangez le petit déjeuner, vous mettez un gant, vous ramassez la tartine, vous la scellez dans un sac en plastique que vous portez à la déchetterie, et vous rentrez nettoyer à la serpillère le carrelage de votre cuisine.
4/ Vous la ramassez dans les cinq secondes. Ainsi, les microbes et les bactéries pas gentilles elles ont pas le temps d'infecter votre bonne tartine. Fier de cet exploit, vous la mangez goulument.
3/ Cet imprévu vous stresse particulièrement, et vous vous pissez dessus.
5/ Vous ne pouvez pas répondre à la question, vous ne mettez jamais de confiture sur vos tartines.
2/ Vous la ramassez, l'inspectez mais n'y trouvez rien à redire à part deux trois poussières. Vous vous l'enfournez et constatez que c'était la meilleure.

Pour démarrer votre matinée et compenser moralement la perte de votre tartine, vous partez faire un footing. En revenant, vous vous êtes bien défoulé, et votre tête est vide et ne demande qu'à se remplir à nouveau.
2/ Vous vous affalez sur votre canapé pour vous abreuver de télévision.
5/ Vous ne pouvez pas répondre à la question, vous ne faites jamais de footing.
4/ Vous prenez une serviette et vous essuyez la sueur qui vous dégouline de partout. Après, c'est comme si vous n'étiez pas sorti.
3/ Sortir de chez vous est très stressant, et vous vous êtes pissé dessus.
1/ Avant toute chose, vous allez prendre une douche, vous avez dû transpirer. Puis, vous brûlez vos vêtements souillés, et retournez vous doucher au cas où vous vous seriez sali à nouveau. Enfin, vous lavez vos vêtements propres en attendant nu devant la machine pour ne pas vous salir.

Votre matinée bouclée, vous commencez sérieusement à envisager le déjeuner. Par chance, il est déjà prêt et vous n'avez plus qu'à mettre les pieds sous la table.
5/ Vous ne mangez jamais chez vous le dimanche midi, et il vous êtes impossible de répondre à la question.
2/ Vous vous précipitez sur votre chaise et plongez votre main droite dans le plat de semoule, et votre main gauche dans la salade de tomates : on ne vous aura pas cette fois, vous êtes le premier servi.
4/ Avant de manger, il faut respecter certaines règles d'hygiène. Alors vous vous rincez les mains sous l'eau, et comme il n'y a pas de serviettes dans les parages, vous les essuyez sur les rideaux.
1/ Tout d'abord, vous allez vous laver les mains. Puis, vous inspectez votre assiette et vos couverts, avant de décider d'aller les relaver vous même à la main. Lorsque vous avez terminé, vous vous rendez compte que la tâche vous a fait transpiré et vous allez vous doucher.
3/ L'hypothèse de prendre votre repas en face d'autres personnes vous panique totalement, et vous vous pissez dessus.

Cet après-midi, c'est farniente, et vous allez vous dorer la pillule à la plage. Vous êtes même allé vous baigner quelques dizaines de minutes. En rentrant...
2/ Vous allez consulter vos mails en regardant la télévision. Puis, vous prenez un encas et finissez votre journée par une sieste sur le canapé.
3/ Vous vous rendez compte que vous avez envie de pisser. Vous courrez jusqu'aux toilettes mais c'est déjà trop tard.
4/ Vous ne vous sentez pas à l'aise et vous hésitez. De toutes façons, vous vous êtes baigné dans la mer, et la mer ça pique, donc vous devez être encore plus propre qu'après une douche. D'ailleurs, vous être tellement propre que vous ne vous doucherez plus jusqu'à dimanche prochain. Vous êtes rassuré et poursuivez vos activités.
5/ Vous habitez trop loin de la mer et il est invraisemblable que vous y passiez un dimanche après-midi. Impossible de répondre à la question dans ces conditions.
1/ Vous vous mettez nu, et vous commencez par utiliser le tuyau d'eau du jardin pour vous rincer intégralement. Puis, vous rincez vos pieds une fois de plus et les enrobez d'un linge avant de les reposer par terre. Sur le seuil de votre porte, vous attendez d'être sec et déliez vos pieds pour pénétrer chez vous. Vous en profitez pour filer à la douche. Ceci fait, il ne vous reste plus qu'à jeter vos vêtements et laver votre jardin.

Ce soir, vous avez un rendez-vous galant avec un séduisant spécimen du sexe opposé. Ou de celui que vous préférez, peu importe.
1/ Vous tentez d'élaborer une stratégie pour rester propre tout au long de la soirée, à commencer par la meilleure manière de vous rendre au point de rendez-vous sans vous salir.
2/ Vous attendez l'heure nécessaire pour ne pas être trop en avance, et mettez votre plus belle chemise.
3/ L'idée que vous ne serez jamais à la hauteur vous obsède. Rien que d'y penser, et vous vous pissez dessus.
4/ Il faut à tout prix faire bonne impression. Alors vous vous préparez pour être au top. Coiffure soignée, chewing-gum mentholé, et parfum habilement réparti pour couvrir toute odeur suspecte.
5/ Si vous faites ça, votre femme va vous tuer, alors ça ne risque pas d'arriver. Vous choisissez donc la réponse 5.

Venue l'heure d'aller bientôt vous coucher, vous sentez vos yeux se fermer d'eux-même après cette épuisante journée.
2/ Vous n'hésitez pas une seule seconde et vous vous effondrez dans votre pieu.
1/ Vous luttez contre le sommeil pour aller d'abord vous doucher, puis vous vous lavez les dents, puis vous vous lavez les mains, avant de vous rendre compte que vous n'avez pas changé les draps aujourd'hui. S'ensuit lavage des draps, étendage des draps, installage d'autres draps, lavage de vous, et enfin couchage de vous, mais c'est déjà l'heure du levage.
5/ Vous ne vous couchez jamais, et vous ne pouvez pas répondre à la question.
3/ Vous savez que vous mouillez vos draps toutes les nuits et ça vous embarasse. Vous tremblez de peur et vous vous pissez dessus.
4/ Vous faites quelques ablutions dans le lavabo de la salle de bains, vous vous essuyez vigoureusement, et vous rejoignez votre matelas, épuisé.


Résultats :

Si vous avez une majorité de réponse 1, vous êtes propre. Très propre même. Excessivement, obsessionnellement propre. L'hygiène est constamment présente dans votre esprit, et l'idée du simple contact avec une bactérie ou quoi que ce soit de ce genre vous pétrifie. Vous êtes du genre à avoir une assiette pour chaque plat, à mettre dans des sachets sous vide tous vos objets personnels, et à ne consommer que des aliments qui sortent devant vos yeux d'une boîte hermétiquement fermée. Vous devriez consulter un spécialiste, car vous n'avez aucune volonté propre et êtes bien incapable de vous contrôler. D'ailleurs, peut-être êtes-vous déjà dans une unité spécialisée dans les gens comme vous...

Si vous avez une majorité de réponse 2, vous êtes naturel. Et sale, puisque c'est à peu près la même chose. Vous vous êtes laissé piéger par le titre du teste et vous n'avez pas été méfiant. C'est pour ça que c'est fait, donc tant mieux. Vous êtes encore en vie, tant mieux. De deux choses l'une, soit vous avez une chance inouïe, soit quelqu'un de votre entourage veille sur vous, et il doit avoir un sacré boulot, soit vous avez un système immunitaire incroyablement développé, tout en demeurant très discret. En tous cas, ne vous demandez pas trop pourquoi vous avez toujours l'impression qu'on vous fuit. Ce n'est pas parce que, je vous cite, "de toutes façons c'est un con", mais bien parce que vous devez puer la charogne par tous les orifices, en plus d'émettre un fumet nauséabond par tous les pores de votre peau. Demandez à votre femme, vous verrez bien. Au passage, vous pourriez apprendre que vous êtes un gros flemmard, ça ne m'étonnerait pas. Non mais je préfère vous prévenir, puisque c'est l'heure de vérité... ah oui, vous êtes sans aucun doute un gros con aussi. Voire même un machiste, qui est encore au delà du gros con. Désolé mais je préfère être franc que garder ça pour moi.

Si vous avez une majorité de réponse 3, vous êtes sale. Pourtant vous faites de votre mieux, mais votre problème d'incontinence cumulé avec votre peur panique du monde extérieur fait que vous ne sauriez garder le même slip sec pendant plus de quelques heures. Il peut y avoir de multiples causes, mais aucune n'est vraiment bonne pour vous. Paranoïa, agoraphobie, phobie sociale, névrose, sont autant d'affections que vous pourriez avoir. Le mieux pour vous serait peut-être d'aller en afrique et de vous installer là-bas. Quand vous aurez appris à lutter pour le moindre grain de riz, vous pourrez revenir, vous serez guéri. Ou alors, vous mourrez avant, mais de toutes façons, vous êtes inexistant, alors quelle différence ?

Si vous avez une majorité de réponse 4, vous êtes sale. Oui, oui, sale. Vous vous croyez propre parce que vous faites beaucoup d'efforts pour l'être, mais vous êtes tellement idiot qu'à chaque fois vous obtenez l'inverse sans même vous en rendre compte. Le problème, c'est que les cours d'hygiène n'existent pas. Le mieux pour vous serait de lire un livre, si vous savez lire, sur les règles d'hygiène à suivre pour vivre sainement. Le problème, si vous ne savez pas lire, c'est que vous ne pouvez pas être en train de faire ce test. Ou alors celui qui vous aide ne perdra sans doute pas son temps à vous lire un bouquin entier. Bref, peu de solution pour vous si vous ne faites pas un peu d'efforts vous aussi. Si vous êtes à fond, à votre place je m'inquièterais.

Si vous avez une majorité de réponse 5, vous êtes un emmerdeur. Ce n'était pas prévu au programme, je sais, mais j'ai réussi à vous démasquer malgré tout. Trop fort le test, n'est-ce pas ? Votre esprit de contradiction dépasse de loin la somme de votre raison et de votre bonne volonté. Vous préférez même mentir plutôt qu'admettre que vous aussi, vous pouvez être comme tout le monde, et qu'il n'y a rien de mal à ça. Vous vouliez vous distinguer, alors bravo, c'est fait. Seulement tout le monde est en train de vous prendre pour un abruti maintenant. Vous auriez mieux fait de ne pas vous faire remarquer si c'est pour qu'au final tout le monde vous déteste. Comment, vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi vous n'avez pas d'ami ?

Si vous avez la majorité et une forte poitrine, vous pouvez me contacter à l'aide du lien "Contact" tout en bas de la page. Encore plus bas. Voilà, là. Si vous êtes du sud et faites moins de soixante dix kilos, je prédis que vous allez bientôt atteindre un bonheur que vous n'avez encore jamais connu auparavant.

Si votre baignoire se remplit en dix minutes bonde fermée, et se vide en quinze robinet fermé, en combien de minutes votre baignoire débordera-t-elle si vous laissez la bonde et le robinet ouvert quand votre baignoire est pleine.

Si vous êtes fumeur et que le cancer vous inquiète, voici une solution simple et économique. Il est prouvé que ce sont les fumées de cigarettes qui sont nocives pour votre santé et celle de votre entourage. Alors, fumez votre cigarette éteinte ! Et lorsque vous avez fini, remettez là dans le paquet, tant qu'à faire, elle pourra toujours resservir.

Si vous n'avez pas encore visité les liens présents dans le menu à droite, qu'est-ce que vous attendez, il n'est pas trop tard !
par Stabbquadd communauté : Que de l'humour publié dans : Oui / Non / Peut-être
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mardi 17 juin 2008
Malgré tout ce qu'on peut penser de cette entité administrative, elle est une des plus joyeuses que comporte l'état. Quoi que son utilité puisse être discutable, elle est une des rares qui n'exigent que peu d'entretien et dont le financement demeure somme toute raisonnable. En effet, en tant qu'assemblée élue par les conchimoyens pour gérer la plupart des affaires de la commune, elle est la seule investie du pouvoir délirant de celle-ci. C'est ainsi que le Conseil Municipâle est tenu de se produire en représentation au moins une fois par trimestre pour égayer la vie des habitants placés sous sa juridiction. De la décoration des rues de la cité jusqu'à l'organisation d'une tombola, c'est une fois de plus lui qui organise le maximum de manifestations publiques possible pour que l'ennui disparaisse de leurs mines fatiguées.

Le terme de Conseil Municipâle en découle par ailleurs sans le moindre doute. A l'origine, seules les villes moroses devaient se doter d'un Conseil muni si pâle. C'était, à l'époque, le roi qui décrétait d'une cité qu'elle était maussade et lui imposait la constitution de ce type de conseil. Ce dernier munissait donc les villes à l'humeur pâle, d'où son nom. Par la suite, le mot fut contracté en "munisipâle", et pour éviter que la prononciation n'en soit déformée, un "c" vint remplacer le "s" dans le mot. Depuis la révolution, cette institution est indispensable dans chaque ville pour que le bonheur de la population ne dépende plus des constatations hasardeuses du gouverne-et-ment du pays. De plus, la constitution des conseils se fait désormais à la suite d'une élection au suffrage universel direct, pour que ce soit les administrés eux-mêmes qui choisissent les plus doués de leurs contemporains pour un poste à responsabilités bouffonnes.

C'est ainsi que se développèrent, au cours du vingtième siècle, des carrières d'amuseurs publics dans lesquelles un même individu peut vouer sa vie au divertissement d'une commune en particulier, faisant renouveler son mandat tous les six ans par les lésés lecteurs. Simple formalité puisque ces derniers, trop occupés par leur riche vie dénuée de toute implication citoyenne, se contentent généralement de suivre la voie du sortant, espérant ainsi que rien ne change dans leur cadre de vie. Alors, au fil du temps, les représentations trimestrielles du Conseil Municipâle devinrent de simples réunions publiques ennuyeuses, allant à l'exact opposé du but premier. Mais la fréquentation de ces réunions continuant sur une pente constamment décroissante, elle finirent par n'être qu'une célébration de la victoire de l'équipe Municipâle en place, dans laquelle les membres de celle-ci festoient aux frais du contribuable.

Pourtant, les attributions et le pouvoir de cette administration Municipâle demeurent bien réels, puisqu'elle est la seule conpétente pour prendre des décisions au nom de la commune. Elle vote donc le budget de celle-ci et détermine par des appels d'offres quel fournisseur de farces et attrapes obtiendra le marché du divertissement Municipâle. Elle dispose également du pouvoir délirant de fixer les impods loco et les tarifs des agréments de la commune. Elle gère même tous les emplois de celle-ci, du sculpteur sur buisson aux artistes mimes qui égayent les sorties des colles en remuant les bras en silence. Dans ses attributions, on trouve même les subventions qu'elle accorde aux gens dont la gentillesse et la jovialité est d'intérêt public, du moins de son point de vue, et gère le patrimoine immobilier de la ville, en majorité destiné au divertissement lui aussi avec des théatres, des salles de spectacles, etc...
Parallèlement, le Conseil Municipâle est connu pour lutter contre les artistes indépendants qui leur font de la concurrence, et les jeunes en particulier, surtout lorsqu'ils font trop de bruit, et surtout si ce bruit semble plaire aux habitants. Il lui serait en effet préjudiciable de perdre sa place lors de prochaines élections, et toute fantaisie qui n'est pas de son fait doit être éradiquée au maximum, puisqu'elle risquerait alors d'entrer en concurrence avec sa propre équipe.
Enfin, l'assemblée locale élabore, avec toute l'ironie dont elle est capable, un Plan Local d'Umorisme, souvent contracté en P-L-U, destiné à informer les conchimoyens des distractions qui lui seront proposées durant son mandat, avec toutes les informations nécessaires pour y participer.

Quoi qu'il en soit, les décisions du Conseil Municipâle sont soumise par la loi à un qu'aurhum destiné à limiter le pouvoir de celui-ci lorsque trop peu de ses membres sont en état de juger objectivement, et à favoriser le commerce avec les départements et territoires d'outre-mer. En pratique, le seul alcool autorisé lors de ces réunions est le rhum français, produit principalement à la martinique, et seules les personnes ayant bu leur quota ont le droit de voter une décision pour l'entériner, les autres risquant par leur sobriété de faire passer leurs intérêts personnels avant l'intérêt commun.


Lexivique :

Le Conseil Municipâle : c'est le nom donné à l'administration qui a en charge l'organisation des divertissements dans une commune. Son but premier était d'égayer la ville qui l'a élu, mais il a cumulé au fil des siècles de nombreuses autres attributions d'agrément.

Les lésés lecteurs : ce sont les conchimoyens qui possèdent le droit de vote. Leur nom provient du fait qu'ils n'ont pas le droit de lire et de se renseigner sur les équipes concurrentes, et ce pour deux raisons. Tout d'abord, il ne faudrait pas que le lésé lecteur n'oriente son vote en fonction de ce que telle ou telle équipe pourrait lui rapporter individuellement, car il en va du bonheur de toute la cité. Ensuite, il faut reconnaître que c'est bien plus aléatoire et amusant de voter au hasard en fonction de nom et de la tête de chacun des participants.

Une administration conpétante : il s'agit par définition d'une administration un peu folle à l'humour légèrement scatologique. C'est là une qualité indispensable pour pouvoir prétendre à la gestion complète d'une ville, tâche qui pourrait donner lieu à de nombreuses dérives si elle était appréhendée d'une manière trop sérieuse.

Les impods loco : tout comme les impods mis en place par l'état, il s'agit en réalité de la contraction des "impopulaires dons", auquel tout citoyen est obligé de participer. La seule différence est que, cette fois-ci, leur montant est fixé arbitrairement par l'administration délirante de la commune, d'où leur nom, "loco" étant le mot "fou" traduit en espagnol. Le choix d'une autre langue s'est imposé pour donner plus de vie à l'image, selon l'expression bien connue "ils sont fous ces espagnols".

Les colles : il s'agit de bâtiments destinés à stocker les enfants lorsqu'on en a pas besoin ou qu'on a autre chose de plus important à faire. En pratique, les enfants sont collés sur des séries de bancs et sont priés de regarder un animateur jusqu'à ce que leurs parents reviennent avec du dissolvant pour les libérer de leur siège. Le nom provient donc tout simplement de la fonction du bâtiment.

Le Plan Local d'Umorisme : c'est le dossier que présente l'équipe Municipâle pour occuper les dimanches et autres jours chômés des conchimoyens. Ce dossier est disponible sur simple demande.

Le qu'aurhum : Il s'agit d'une loi instaurée pour que le sérieux n'entâche pas les représentations du Conseil Municipâle.
par Stabbquadd communauté : Humour au quotidien publié dans : Réflexions...
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander

Des Scriptions

  • : La Fuite du Cerceau
  • : Philosophie est un bien grand mot. Onze lettres, impossible à placer au scrabble car composé d'aucun mot accepté par un dictionnaire normalement constitué, philosophie m'emmerde. Et pourtant, à sa suite mon cerveau lent, m'indique la Fuite du Cerceau. Blanc. Non mais c'est pour la rime, la couleur. Allez comprendre...
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Dix Clameurs

Les articles de ce blog sont écrits trop petits. Je le sais. Mais qu'est-ce que vous voulez, j'écris petit, je suis comme ça. Alors prenez-vous par la main, et utilisez cette option de votre navigateur que vous délaissiez indignement jusqu'à présent : le zoom. Appuyez sur Ctrl, et avant de relâcher, faites rouler la molette de votre souris. Si ça devient encore plus petit, tournez dans l'autre sens.

Tant Qui Passent

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Saint Dictat Sion

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Explore Rations

Publicité

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus