Lundi 16 juin 2008
Signification :

Devenir Sainte, avoir passé commande d'une brioche nouvelle qui fait un petit ventre. ( source )


Origine :

L'origine de cette expression est précisément située au milieu du quinzième siècle, peu après la condamnation au bûcher de Jeanne d'Arc. Celle-ci, considérée comme la libératrice du peuple français, fut brûlée vive par l'oppresseur anglais, avant d'avoir pu connaître un homme. Cette exécution sordide participa à la renommée de la Pucelle d'Orléans, et les gens se mirent à parler d'elle en tant que Sainte Patronne du Royaume de France. Parfois, on disait d'elle qu'elle était un ange envoyé par Dieu en personne pour libérer le peuple français, ce qui expliquait sa réserve vis à vis du sexe opposé, et même du sexe en général, mais son implication extrême dans les affaires militaires. C'est donc naturellement qu'on dit qu'elle fût tombée en Sainte. Sur le coup, l'église catholique, ayant la mainmise sur toutes les affaires de Dieu en France, reconnu que le procès en hérésie était une supercherie et s'empressa d'établir un jugement en réhabilitation concluant à l'innocence de Jeanne d'Arc et l'élevant au rang de martyre. Un bien moindre mal comparé à la perte d'une bonne majorité de croyants vers d'autres religions plus clémentes avec l'héroïne française. Et ce n'est que bien plus tard, au début du vingtième siècle, que cette dernière fut finalement béatifiée, afin qu'on l'admire, et canonisée, pour qu'on la célèbre. C'est alors qu'on put officiellement dire qu'elle était tombée en Sainte.


Pour aller plus loin :

On prend souvent l'expression pour l'inverse de ce qu'elle est, à savoir porter un enfant. Mais cet usage ne fut introduit que bien plus tard, lorsque l'expression originale eût été répandue sur toute la France. Dans certaines régions, où les femmes sont honorées de bien nombreux usages, il était de coutume de profiter de la faiblesse morale conséquente à une chute pour s'accorder les faveurs d'une dame en la relevant et en la consolant. A l'époque, la virginité et la Sainteté d'une femme étaient étroitement liées, puisque l'église catholique imposait l'une pour prétendre à l'autre, même s'il ne s'agissait bien souvent que de rentrer dans les ordres religieux. On disait donc des jeunes pucelles qu'elles étaient "en Sainte". Bien vite, on se rendit compte que lorsqu'une femme tombait et qu'elle était encore "en Sainte", ou du moins officiellement célibataire, elle trouvait rapidement mari et donnait la vie dans l'année. Alors, l'expression fût vicieusement déformée pour exprimer le fait qu'une femme allait bientôt donner la vie.
Peu après, peut-être sous l'impulsion de l'église qui ne voyait pas d'un bon oeil l'utilisation d'une image de sainteté pour parler de la procréation, et surtout du sexe qui l'accompagne, mais peut-être aussi par crainte des réactions de celle-ci si l'usage de l'expression se généralisait, on dériva quelque peu la phrase en "tomber enceinte". On y apporta une justification fallacieuse, à savoir que la grossesse serait similaire au fait que la mère serve de rempart aux aggressions extérieures pour l'enfant qu'elle porte, et qu'il était donc naturel qu'on compare son état à l'enceinte d'un château fort. Mais on dit aussi que la tradition voulait que les seigneurs protègent les femmes grosses, et qu'elles avaient donc droit en priorité à la protection de l'enceinte des cités, ce qui aurait pu expliquer le fait de "tomber enceinte". Bien entendu, aucune de ces deux origines ne semble plausible lorsqu'on connait les circonstances de la naissance de l'expression, et il est probable qu'elle ne furent que des justifications fournies pour apaiser les autorités religieuses.


Réactions du public :

"Les mamans elles doivent manger beaucoup de choux pour avoir un garçon, et beaucoup de roses pour avoir une fille.", nous explique le petit Hugo, 5 ans, armé de ciseaux et d'une règle pendant son cours d'art plastique.
"Mais c'est impossible, on a pas... oh non ! Alors là elle va m'entendre.", s'exclame Marco Culphier, 35 ans, cadre très dynamique se tuant à la tâche 80 heures par semaine.
"C'est une bénédiction !", confirme le Pasteur Saitrotaud lorsqu'il apprit la nouvelle, la médecine l'ayant déclaré stérile.
par Stabbquadd communauté : Ecriture Ludique publié dans : Définition :
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Dimanche 15 juin 2008
Comme tous les ans, un beau jour, l'été revient. Et avec lui, des hordes d'insectes illuminés : les mystiques. Ces petits vampires possèdent un pouvoir hors du commun, entretenu par des rituels complexes. La secte des Culicidae obéit ainsi à des principes séculaires qui rythment sa vie depuis bientôt cent soixante dix millions d'années.

Au commencement de son parcours initiatique, le mystique demeure immergé, pour une durée indéterminée, afin d'apprendre les lois qui régiront sa vie d'adulte élevé et de méditer sur sa condition d'insecte à l'espérance de vie relativement courte. De son repère aquatique, il honore alors tous ses ancètres, de préférence en même temps s'il veut progresser un jour, en demeurant principalement végétarien, ne faisant de repas que pour assurer sa survie. Et bien sûr, sans jamais cesser d'habiter ses croyances.
Lorsqu'il se sent prêt, le mystique entâme un jeûne qui durera deux jours et marquera son passage du stade de simple disciple au rang de méritant spirituel. Ces deux jours sont une épreuve pénible mais nécessaire dans la croyance Culicidaïenne, car il témoigne de la capacité de dévouement du-dit disciple.
Une fois l'épreuve passée, le mystique peut alors jouir d'une totale liberté, et s'accorde pour commencer quelques bombances sucrées. Puis, il se jette à corps perdu dans une orgie sexuelle indécente, apportant par là même la preuve de sa perversion mentale et justifiant ainsi l'utilisation du mot "secte" pour qualifier le mouvement auquel il appartient.

Mais jusqu'ici, cette organisation religieuse n'a fait de mal à personne. Et c'est immédiatement après la cérémonie d'accouplements multiples que la nuisance commence à se faire sentir pour la société. Aussitôt enivrées de gamètes, les femelles se lancent en effet dans une véritable chasse à l'homme, ne désirant plus qu'une chose : faire couler le sang jusque dans leurs abdomens indignes. Et c'est ainsi que, pour accroître la démographie de la secte, la femelle s'octroie moultes prélèvements sanguins sur nos compatriotes, afin d'en nourrir ses enfants monstrueux.
Cette pratique inquiétante rappelle quelques croyances catholiques au sujet de rites dits, à tort, satanistes. A la différence qu'il s'agit ici d'un véritable mode de vie développé et perpétué à travers des éons, et qu'il est ainsi toléré par l'autorité, bien que le peuple s'en plaigne à longueur d'été. Pourtant, au delà de l'aspect révoltant d'être ponctionné à son insu, il y a dans tout ceci un aspect des plus répugnants, constitué de repas de sang et d'orgies malsaines, que ceux qui contrôlent nos vies tâchent de nous interdire par tous les moyens qui s'offrent à eux.

Malheureusement, à notre niveau rien n'est possible pour lutter contre cette menace permanente aux bonnes moeurs. Qu'on le veille ou non, le meilleur moyen pour éviter l'exsanguination serait de se débarrasser de son sang avant qu'il ne soit pompé en pâture à des milliers de petits monstres. Seulement sans son sang, c'est soucieux de sa santé qu'on s'éteint certainement...
par Stabbquadd communauté : BALOURDISES publié dans : Déconcertant :s
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Samedi 14 juin 2008
Quel dommage, si j'avais su...
Expression d'usage courant, ne voulant pas dire grand chose, à part peut-être qu'on regrette de n'avoir pas fait le bon choix. Mais la portée de cette simple phrase est telle et ses implications tellement faibles qu'on en est venu à l'utiliser pour tout et pour rien. Si j'avais su les numéros gagnants du loto, j'aurais joué moi aussi. Mais quel intérêt de faire cette réflexion ? Aucun. Aucun parce que de toutes façons rien n'est jamais certain. Même quand ça ne peut pas se passer autrement, "ça" ne se passe jamais comme prévu. La vie est faite d'incertitude et d'une multiplicité inquiétante de hasards qui font qu'elle a toujours une boule inattendue à lancer dans le jeu de quilles de nos certitudes. Et, une fois n'est pas coutume, tout ce chaos apparent est en réalité parfaitement organisé, orchestré par un cabinet de divinités à l'ironie plus ou moins manifeste.

Mais attention, il ne faut pas croire que ce terme professionnel témoigne d'une quelconque sévérité appliquée avec un implacable sérieux. Non, en fait, on se fend bien la poire là-haut. Je dis là-haut parce que les locaux sont situés au plus haut dans le bâtiment du paradis. En fait, pour vous expliquer succintement, les âmes et autres entités conscientes de l'au-delà sont classées des plus joyeuses aux plus sinistres. Et tout en haut il y a le Tout-Puissant évidemment, qui a autre chose à faire de s'occuper du monde puisqu'il a déjà à gérer cette tour immense qu'est devenu son Eden, puisque c'est le nom qu'il donnât à la construction. Le système de classement par jovialité, c'est une idée à lui justement, pour faciliter l'organisation de ce gigantesque building. Il n'est pas idiot, le Créateur, il s'entoure des plus gais lurons dans son énorme bureau perdu dans l'immensité céleste. Faut dire que c'est chiant comme la mort, le paradis, y'a de quoi déprimer quand on est pas entouré de quelques dizaines de bouts-en-train. Rien à faire, pas un objet intéressant, pas de cinéma dans le coin, pas une seule salle de jeux, ni même un jeu de cartes pour faire un solitaire. L'enfer, ce n'est ni la perversion, ni la torture, ni même la méchanceté. L'enfer, c'est le sous-sol du paradis, là où on trouve tous les emmerdeurs, tout ceux pour qui humour est synonyme de décadence et qui se feraient hara-kiri pour n'avoir pas su réprimer un pet, quitte à mourir d'aérophagie à la place. Ceux-là, dieu n'en veut pas et les place le plus loin de lui possible. Et avec eux les gens minables dont le danger dans une vie consiste à avoir mangé un yaourt le lendemain de sa date de péremption ou à avoir appelé un jour leur boulot pour dire qu'ils étaient malade et seraient absents alors qu'en fait, bien que malade, il se sentaient assez bien pour aller travailler, quelle honte. Dieu, donc, pour en revenir à lui, a donc choisi de s'entourer de gens imprévisibles qui endigueraient son ennui. Et parmi eux, il choisit les meilleurs pour s'occuper de règner sur le phénomène de hasard, et donc la chance. L'un d'eux s'appelle même Finagle, c'est dire s'il fait sa loi !

Alors, vous me direz, mais qu'est-ce que tout cela signifie ? Le hasard dépendrait donc du bon vouloir de personnes imprévisibles ? Et je vous répondrais que, parfaitement, c'est même comme ça qu'il est créé, ce hasard. Et j'ajouterais que vous n'avez franchement pas de quoi vous plaindre. Vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez d'avoir accès au hasard. Sans lui vous regarderiez le monde se dérouler comme un mauvais film d'horreur, dans lequel le gentil gagne à la fin mais tous ses amis meurent un par un quand même, sauf sa chérie qui n'est que blessée peu avant la fin par LE méchant, individu isolé et très méchant. Parce que oui, la vie, ça se termine toujours par la mort, et si rien n'était laissé au hasard, elle ne serait plus que l'attente de celle-ci.

Nous avons donc notre petit groupe de fous furieux qui s'amusent à nous infliger les aléas les plus insoupçonnés à longueur de journée. Mais ils sont aidés en cela par le fait qu'ilspeuvent lire en nous comme dans un livre ouvert. Ou plutôt comme dans une base de données. Ils bénéficient en effet d'une sorte d'outil qui leur permet d'évaluer les probabilité d'apparition d'une situation précise et la conscience qu'en ont les concernés, ainsi que le pourcentage de personnes qui penchent pour que la dite situation engendre telle ou telle issue. A partir de là, il est aisé de faire en sorte que l'inverse se produise, mais le jeu n'est pas de toujours faire l'inverse, le risque étant de faire exploser les cerveaux humains, tiraillés par le fait que, l'inverse se produisant toujours, ils vont plutôt croire que c'est ce dernier qui va se produire, renversant ainsi le processus pour tomber finalement dans un cercle vicieux : si je pense noir, il va arriver blanc, donc je pense blanc, mais alors c'est noir qui va arriver, et explosion.
Donc, les fonctionnaires de l'éventualité son obligé de nous laisser "gagner" de temps en temps, à savoir que gagner signifie laisser la vie vide des viles vicissitudes qui habituellement vrillent la vis sans fin de la destinée. Autant dire que dans ces cas là, il vaut mieux être optimiste et s'attendre au meilleur afin d'éviter le pire.

Toutefois, il est intéressant de noter que l'expression "Le destin s'acharne" n'est pas une simple vue de l'esprit. Il existe en effet des personnalités avec lesquelles nos joyeux drilles aiment particulièrement jouer. Qu'ils sont taquins. Ces victimes finissent par avoir tellement l'habitude que rien ne se passe comme prévu, ni comme imprévu d'ailleurs, mais totalement différemment encore, que certains remettent leur vie entre les mains du hasard, développant alors une véritable addiction aux jeux d'argent, puisque l'argent fait la vie. Enfin, disons qu'il la laisse continuer son court, car ça ne dure jamais bien longtemps. L'argent ne nous rend pas heureux, il ne fait que nous épargner un peu plus l'inévitable issue funeste. Et qu'est-ce qui contrôle l'argent ? Le hasard pardi !

C'est ainsi que certaines personnes ont une vie faite de multiples malheurs mais gagnent une fois sur deux aux jeux de hasard, témoins vivants de l'ironie prononcée des régisseurs de la bonne fortune. D'autres ne gagnent pratiquement jamais rien et souffrent d'une vie médiocre, et un beau jour se retrouvent avec un pactole incroyable autant qu'inespéré. Toute ta famille est morte dans un accident de voiture, mais tu hérites de la fortune cachée de ton père et es à l'abri du besoin pour trois générations. Toutes nos félicitations, et nos condoléances. Mais bravo quand même. Mais il existe encore bien d'autres catégories de personnes, car tout le monde n'a pas une vie ennuyeuse, même si c'est le cas de la majorité.
Il y a par exemple le type qui foire tout dans sa vie. Il peut jouer à n'importe quoi, il sait qu'il va perdre. Il ne prend même plus la peine de vérifier si c'est bien attaché, il sait déjà que ça va tomber, et sur lui si possible. Quoi que ce soit, ça va lui tomber dessus, à lui. Même s'il n'est jamais dessous, il suffit qu'il passe pour que le hasard fasse que ce soit sur sa tronche que tout s'effondre. Et paradoxalement, cet enfoiré a une chance inouïe. Il n'a rien à faire, et tout lui tombe toujours tout cuit dans la bouche. Il peut traverser la route sans regarder et même sauter du dernier étage d'une tour immense, comme celle du paradis, il y aura forcément un courant ascendant pour le faire atterir indemne, et sur ses pieds s'il vous plait, vous serez gentils. Pourtant, il n'a jamais rien demandé ! Et il rend même jaloux les autres, alors que de son point de vue, il foire tout. Seulement voilà, les grandes lignes de sa vie sont bordées de deux lignes de dentelle tissée à l'or fin, et même si le contenu empeste la poisse, il est forcé de terminer comme il faut, avec les honneur et la dignité qui lui est dûe.

Malgré tout, il est bon de savoir que le choix des dieux n'est pas inévitable. En effet, ils ont tellement de positions hasardeuses à mettre en place qu'en général, ils bouclent l'affaire longtemps à l'avance. Et, avec un peu de chance, ce qui est curieux, il est toujours possible de sentir ce que l'avenir nous réserve. On appelle ça un pressentiment, une intuition, une prémonition, ou ce qu'on voudra, mais parfois on a beau être certain que tout ira bien comme prévu, on se doute déjà du petit truc qui va coincer. Heureusement, car c'est grâce à ça qu'on peut entrevoir plusieurs possibilités et sentir que quoi qu'il arrive, ce n'est pas nécessairement le pire.

Et comme ça, le jeu peut continuer, pour le plus grand plaisir des pontes du paradis ! Dont le grand patron lui-même, que votre cas intéresse tout autant que l'homme le plus riche du monde pour peu que votre vie soit divertissante. C'est peut-être pas la panacée, mais c'est déjà un moindre réconfort, non ?
par Stabbquadd communauté : melting pot publié dans : { Roues d'âge au culte }
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Vendredi 13 juin 2008
Vous connaissez tous au moins un adulte qui ne peut se réprimer, en toutes circonstances, de se frotter le pubis avec une vive énergie, sans paraître pour autant gêné par le public qui s'offre à lui. Immédiatement, vous avez essayé de vous empêcher d'imaginer l'état de son hygiène intime ainsi que la démographie de la faune locale. Parfois même, vous avez préféré ne plus revoir cette personne, juste au cas où. Et pourtant, elle était sympa, intéressante, et vos goûts semblaient s'accorder. En plus, vous êtes tous les deux plutôt Rock. Quel dommage que ses mouvements frénétiques soient aussi rédhibitoires, n'est-ce pas ? Et bien justement, lorsque vous en aurez compris l'origine, vous verrez qu'en réalité ils sont plus séduisants qu'il n'y parait.

En effet, quoi qu'il n'est pas garanti que la flore ventrale de votre connaissance n'héberge aucun cheptel suspect, ce n'est en tous cas pas la cause de ces spasmes incommodants. Vous serez même heureux d'apprendre que le problème est purement psychologique, et que la santé ni la propreté de votre relation n'en sont la cause. En fait, celle-ci manifeste inconsciemment sa frustration de ne pouvoir connaître les joies de la représentation scénique en tant que star du Rock en reproduisant les mouvements qu'il aura vu sur de véritables musiciens lors d'un concert ou d'une émission télévisée. De plus, cette affection procure un véritable avantage à l'individu atteint, puisque grâce à ses mouvements incontrôlables n'importe qui est alors capable d'évaluer d'un regard le style de musique qu'il écoute, sans avoir à lui demander. Quel gain de temps pour trouver de nouveaux contacts ayant des attraits en commun !

Pour illustrer un peu plus ce propos, étudions rapidement les différents courants que l'on peut reconnaître le plus facilement. Commençons par le plus simple : si le patient agit par mouvements amples en tirant son pantalon avec l'autre main, il est très probablement attiré par le courant Punk, où l'instrumentale est simple et énergique, sans nécessiter de justesse dans le grattement. Par contre, si vous le voyez poser sa main à plat et ne plus bouger que le pouce et l'index en tapotant sa jambe avec les doigts de l'autre main, ses penchants naturels l'entraînent plus du côté d'un Métal mélodique où la précision et la vitesse sont primordiales. C'est très simple finalement. Tenez, un autre pour la route : que penser de quelqu'un qui se tapote l'entrejambe en ouvrant et refermant ses deux mains ? C'est du Blues !

Attention cependant, certains patients peuvent parfois se révéler dangereux, même involontairement. C'est le cas par exemple des fans de "The Who" ou de Glam Rock par exemple, qui feront parfois de grands mouvements circulaires avec un bras, peu importe ce que tient la main à son extrémité ni la densité de la foule dans laquelle il se trouve. Il est alors conseillé de mettre hors de leur portée tout ustensile tranchant et de les employer surtout pour des tâches bureautiques ou de manoeuvre sans grande précision. Porter des caisses, par exemple, contraint les mouvements et restreint la dangerosité du patient.

Mais ces symptômes existent bien évidemment pour d'autres instruments que la guitare et d'autres courants musicaux que le Rock. Il a par exemple été reporté le cas d'un jeune homme passionné de percussions et passant son temps à frapper en l'air. Une réorientation vers le milieu de la boxe ou du bricolage aura rapidement réglé ses problèmes d'insertion. Cependant, les études montrent que le Rock est le style provoquant le plus de frustration et d'anxiété chez les auditeurs, surtout masculins, qui y voient un symbole de virilité et sont alors plus vulnérables à l'apparition de tels troubles. Une précaution demeure malgré tout nécessaire. Si le symptôme est spontané et ne semble pas apparaître chroniquement, la personne que vous avez en face de vous a peut-être simplement envie de pisser. Montrez-lui les toilettes et laissez-le se débrouiller, ça devrait aller, il n'est pas malade.

Si vous pensez qu'un de vos proches souffre d'un Trouble Instrumental Compulsif, offrez-lui l'instrument correspondant et un lieu pour s'en servir et attendez. Quoi qu'il ait, ça ne peut que lui faire du bien. Et si le symptôme persiste, consultez un vrai médecin, là moi j'ai pas que ça à faire. Merci.
par Stabbquadd communauté : Ecrire publié dans : Peau blême de cent thés =p
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Jeudi 12 juin 2008
Parce que vos enfants méritent ce qu'il y a de mieux, et parce que le mieux pour eux, c'est un équilibre alimentaire et mental bien maîtrisé, Jouet Club a l'honneur de vous présenter sa nouvelle invention, le Jouet Club Sandwich ! Fort de soixante années d'expérience et d'une expertise sans égal dans le domaine du divertissement pour enfant, nous vous proposons aujourd'hui un produit qui non content de les ravir et de les régaler, vous permettra également de les maintenir en bonne santé et de les éveiller. Et ils en ont grand besoin. Car quoi de plus précieux que vos enfants ?

Le principe du Jouet Club Sandwich est à la fois révolutionnaire et extrêmement simple, même pour les plus jeunes. Dès que votre petit manifeste le besoin de s'alimenter, arguant à tout va qu'il a "faim maman", donnez-lui le jouet. Votre gosse devra alors faire face à un nouveau challenge pour gagner son repas. Le mode puzzle, par exemple, lui offrira de multiples éléments prédécoupés qu'il devra réassembler avant de pouvoir manger sainement son hamburger. Et si votre môme est suffisamment intelligent pour manger les ingrédients séparément sans les avoir assemblés au préalable, testez donc un mode plus difficile, comme le mode électronique, où votre enfant devra trouver lui-même comment faire fonctionner une petite gazinière pour faire cuire le steack qu'il doit incorporer dans le sandwich. Une fois de plus, pour les gamins récalcitrants, ceux qui auront mangé le sandwich sans viande ou avec la viande crue, d'autres modes sont disponibles, comme le mode énigme, où les ingrédients sont scellés dans des compartiments séparés et où l'enfant devra résoudre de multiples énigmes et terminer ses devoir avant de pouvoir libérer le moindre morceau de cornichon. Ou le mode éclair, où votre mioche devra répondre à un test de calcul mental rapide avant de pouvoir commencer à manger, et sera légèrement électrocuté en cas de mauvaise réponse. Quand au mode le plus difficile, il est réservé aux cas les plus désespérés ainsi qu'aux petits génies qui posent trop de questions, et comporte une série d'aliments chimiquement dépendant dont l'ingurgitation dans le mauvais ordre entraînera sans recours l'élimination de cette vermine parasitaire.

Ainsi, le Jouet Club Sandwich est disponible pour tous les âges et dans de nombreuses formes, couleurs, goûts et disciplines, et pourrait s'adapter même aux plus capricieux des rejetons ! Ne comptez plus sur la télé pour éduquer vos moutards, et permettez leur de s'épanouir dans un environnement sain en régulant strictement leur alimentation et leur apprentissage. De plus, avec le mode avancé, vous pourrez remplacer totalement l'école et son éducation sommaire par un vrai programme stricte et rigoureux, dans lequel le repas de vos chiourmes dépendra de leur journée de travail et de la pertinence de leurs travaux !

Alors dès maintenant, avec nous, oeuvrez pour un monde plus civilisé, plus cultivé, plus réfléchi, et adaptez sans tarder vos enfants attardés aux besoins de demain avec le Jouet Club Sandwich, le premier système automatisé d'instruction appéto-dépendant. Plus votre gnard a faim, et plus il apprendra, de gré ou de force !

Et surtout n'oubliez pas : qui aime bien châtie bien, et nous sommes les meilleurs dans ce domaine !
par Stabbquadd communauté : Humour de tout genre publié dans : Pubis était mont songeur ^
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Mercredi 11 juin 2008
Il est tôt lorsque Freddy se réveille, comme toujours. Dans le lointain, on entend le grondement d'un orage, mais ça ne change rien. Freddy a pris l'habitude, depuis de nombreuses années, de regarder le lever du soleil en direct par sa fenêtre. Aujourd'hui cependant, il n'est pas certain de pouvoir l'observer. Il fait très sombre et l'horizon n'est fait que de nuages tous plus épais et noirs les uns que les autres. Comme le ciel au dessus de cette ville où il habitait aujourd'hui, et qui l'avait vu se réfugier en son sein alors qu'il n'avait pas encore atteint sa troisième décennie. Il avait fui une vie trop monotone, faite de travail à la chaîne et de menus larcins, mais aussi de lourdes menaces pour sa santé mentale. Il résidait désormais dans une ville tellement grande que les maisons de son centre avait été désertées, car trop vieilles et éloignées des commodités actuelles. L'approvisionnement automatique, par exemple, avait été jugé impossible à installer dans le coeur de cette cité, maintenant à moitié abandonné. Mais pour lui, c'était une aubaine, puisqu'il avait enfin pu se payer une vraie maison, à lui seul, et avait mis assez d'argent de côté dans sa vie antérieure, à ne jamais rien avoir le temps de faire, pour tenir un bon moment. Peut-être même jusqu'à la fin de son existence, si elle ne tarde pas trop. Il a bientôt cinquante années derrière lui, dont une bonne vingtaine rythmées par ses réveils précoces. A croire qu'il est tellement serein dans sa modeste demeure qu'une simple moitié de nuit lui suffit à reprendre intégralement ses forces. Et comme chaque jour, peu avant l'aube, il s'installe avec une bonne tasse de thé devant sa fenêtre, attendant que le soleil lui donne le signal de départ pour s'installer à son bureau, et plonger dans la littérature.

La rue devant chez lui est déserte, comme bien souvent à cette heure là, et elle ne devrait pas tarder à s'animer. Mais pour l'heure, seul un chien égarré brise l'immobilité du tableau. Il semble suivre une piste qui le mène de lampadaire en lampadaire, et Freddy observe les reflets de la lumière artificielle danser dans la toison crasseuse du cabot. Soudain, un éclair vient déchirer l'atmosphère lourd qui plane sur la ville. L'espace d'un instant, Freddy aurait pu jurer avoir vu l'ombre d'un troisième lampadaire, non loin derrière le petit canidé. Pourtant, ce dernier poursuit sa route comme si de rien n'était, et aucun lampadaire sauvage ne semble hanter les environs. Et puis de toutes façons, ça pouvait être n'importe quoi. Dans l'image imprimée sur sa rétine, le poteau ne touchait même pas le sol, c'est dire s'il est mal réveillé. Rien qu'une poussière dans son oeil, ça arrive souvent quand on émerge d'un sommeil douillet. Pourtant... pourtant le chien semble s'être redressé. On dirait qu'il va hurler à la mort, mais ce n'est finalement qu'une suite de gargouillements immondes qui s'échappe de sa gueule. En même temps, son corps se casse littéralement en deux partie qui s'affalent par terre, ne répandant pas la moindre goutte de sang, et disparaissent bientôt intégralement, comme désintégrées. Freddy n'en croit pas ses yeux. Il doit être encore en train de rêver, mais jamais rêve n'eût comporté de détails aussi ignobles. Par ailleurs, il n'est pas le seul témoin de la scène. On peut apercevoir un homme, plus loin dans la rue, vers la droite, qui semble avoir assisté à la scène lui aussi et s'approche avec intéret de l'endroit où elle tint place. Il passe le dernier lampadaire avant d'arriver sur les lieux lorsqu'un nouvel éclair vient embraser la rue. Alors, à quelques mètres de l'homme à peine, à l'endroit même où le chien a disparu quelques poignées de secondes plus tôt, on aperçoit une fraction de seconde l'ombre étrange que Freddy avait cru avoir inventé peu auparavant. Tel un long bras dont l'origine se perdrait dans le ciel, il semble qu'une épaisse main soit en train de parcourir le sol. Mais déjà, l'image s'éteint et tout redevient presque normal. L'homme, lui aussi, a saisi l'ombre et le manifeste déjà par un tremblement, suivi d'un cri de panique et d'une fuite en arrière.

Freddy voudrait arrêter de regarder et retourner se coucher, mais il reste là, tétanisé par ce qu'il vient de voir, et suit des yeux l'homme qui s'enfuit. Il est tellement captivé qu'il en oublie de tenir sa tasse, qui s'écrase sur le sol. Après avoir été surpris, puis effrayé, il attend le prochain éclair pour analyser. Celui-ci ne tarde pas à illuminer la rue une fois de plus, assez longtemps pour que Freddy repère cette sombre absurdité poursuivre l'homme en déroute. Elle est comme un objet animé qui traînerait derrière elle un épais tuyau comme celui des pompiers. Sauf que celui-ci s'en va s'estomper dans les nuages, tandis que son autre extrémité s'en prend visiblement à toutes les espèces vivantes de sa rue. L'homme court toujours, se retournant parfois. A la faveur d'un flash lumineux, il aperçoit de nouveau son invraisemblable poursuivant et émet un cri de terreur. Sa fuite le mène sous un porche, et l'homme disparait du champ de vision de Freddy qui, malgré tout ses efforts, ne parvient plus à voir ni entendre quoi que ce soit. Mais déjà, de l'autre côté de la rue, un autre individu scinde au pas de course les ténèbres qui emplissent le moindre petit espace entre les réverbères.

Freddy s'affale sur son siège, accablé par l'incompréhension et l'horreur qui se déroule sous ses yeux. Il voudrait prendre son téléphone et appeler à l'aide, mais il ne sait même pas quel numéro composer dans un tel cas de figure. Et de toutes façons, il est trop hypnotisé par le spectacle sordide qui lui est offert pour réussir à bouger de son séant. Son regard se perd dans le vague, essayant de scruter ces nuages obscurs qui font pleuvoir sur sa ville cette calamité, cherchant un élément de réponse. Malgré l'épaisseur et la noirceur de ces nuages, pas une goutte de pluie n'est tombée cette nuit. Et ils s'étendent plus loin que le permet la vision. Cependant, le vent s'est levé, et il est d'une vigueur assez inhabituelle. Mais l'abomination n'a pas encore atteint son paroxysme, et ce n'est qu'un nouveau trait de foudre qui viendra le révéler. Eclairant la totalité de la ville, celui-ci est tombé à quelques kilomètres dans la direction vers laquelle Freddy a le regard tourné. Et grâce à lui, Freddy va pouvoir constater que de partout, des centaines de bras immensément longs descendent vers la ville. Ainsi, s'il ne s'agit que d'une créature, elle est partout à la fois. Et dans le cas contraire, il y en a assez pour qu'aucune trace de vie ne subsiste après leur passage.

Freddy ne sait plus quoi espérer. Que sa ville soit la seule touchée et que les secours arrivent ? Que pourront-ils faire ? Comment lutter contre des ombres géantes qui ne semblent exister que l'instant d'un flash mais se permettent pourtant de faire des victimes à tout moment ? Et si le problème est global, que peut-on encore espérer ?
Mais les élucubrations de Freddy sont interrompues lorsqu'il voit la famille d'en face sortir sur son blacon, de l'autre côté de la rue, certainement réveillée par l'agitation qui commence à se répandre dans toute la ville. L'homme qui courait n'est plus visible. Avec de la chance il est plus loin dans la rue. Sinon...
Ses voisins d'en face gesticulent, cherchant des yeux la justification de ce réveil prématuré. Ceux qui ont les cheveux longs sont obligés de les tenir pour ne pas qu'ils flottent au vent comme un drapeau et s'allongent sur le visage de leurs proches. Ils sont là, légèrement énervés, peut-être un peu étonnés de ne rien voir, et ils discutent, attendant de comprendre ce qu'il se passe. Il ne leur faudra pas longtemps pour obtenir satisfaction. Il y a à peine cinq minutes qu'ils sont apparu sur leur balcon, et déjà l'un d'entre eux s'effondre sur lui même dans un concert morbide de gargouillis infâmes. Les autres paniquent, et se précipitent tous ensemble à l'intérieur, provoquant l'engorgement de leur baie vitrée. Ils sont encore cinq, mais déjà ils perdent un autre de leurs proches. Et encore un autre, alors qu'il passait justement le seuil vers l'appartement. Chacun fuit, dans toutes les directions. Un d'entre eux arrive à passer la porte d'entrée, au rez-de-chaussée, et disparait aussitôt. Un autre est à la fenêtre et... impossible de voir la suite, la vitre s'est comme... embuée.
Un éclair tranche à nouveau le ciel, laissant apparaitre, là, sur la fenêtre, une de ces insanités inquisitrices cherchant à pénétrer dans la pièce !

Freddy a un mouvement de recul qui lui vaut de blesser son pied sur les éclats de sa tasse et de renverser la moitié du contenu de son bureau. Ayant pris ses distances, il réfléchit à la meilleure retraite. Il a encore l'espoir de rester en vie. Apparemment, ces choses s'infiltrent par toutes les ouvertures, mais n'importunent pas les gens qui sont protégés dans une pièce hermétique. Mais le vent redouble d'intensité et ses fenêtres paraissent de plus en plus branlantes. Alors, par réflexe ou par intuition, Freddy dévale les escaliers pour aller se réfugier dans sa cave. Il n'y a pas de fenêtres sous le sol, c'est sans doute le mieux à faire.
Arrivé à la cave, Freddy s'y enferme à clé, bouche toutes les ouvertures d'aération, remplit le cadre de la porte de mousse afin qu'elle ne souffre d'aucun jour, puis tend obsessionnellement l'oreille pour essayer de dénicher la moindre petite entaille dont son cocon protecteur pourrait souffrir. Mais ce qu'il entend n'est qu'un vague chaos assourdi par l'isolation de son cellier. Rasséréné, Freddy s'affale dans un vieux fauteuil poussiéreux stocké là depuis de nombreuses années. Sur le guéridon, juste à côté, il y a une vieille radio posant devant une vieille lampe. Tout est vieux ici, il n'y a pas mis les pieds depuis bien des années en réalité. La lampe fonctionne encore, et son halo est bien plus réconfortant que le plafonnier à néon. La radio aussi fonctionne, et plutôt bien. Quelques stations diffusent de la musique, et d'autres ne diffusent rien qu'un silence assourdissant. Jusqu'à ce que Freddy tombe enfin sur une station où une voix chaleureuse se fait entendre. Ce qu'elle raconte n'est pas rassurant, et Freddy décide de ne pas en écouter la signification. La seule voix suffit quelque peu à le réconforter. Mais il ne peut pas s'empêcher, et finit par saisir le sens de ce qu'il entend, malgré lui.

Dans les locaux de la station de radio, il fait jour, et c'est plutôt une bonne nouvelle. Il y a de gros nuages noirs, non loin de là, mais ils ne couvrent qu'une partie du ciel. Le chaos semble s'être propagé dans tout le pays, et aucune bonne nouvelle ne permet d'interrompre un décevant flux de catastrophes en tous genre, causées par des défaillances humaines. Mais soudain, un cri retentit dans les locaux. La porte du studio s'ouvre en trombe et une femme tombe à terre. L'instant d'après, sa moitié inférieure s'est évaporée, mais elle continue de crier. Et peu après, c'est le bâtiment tout entier qui souffre de confusion. Des cris volent à travers toutes pièces, et plus personne ne tient le micro, qui continue scrupuleusement d'enregistrer les évènements sonores dont il crédite les auditeurs. En quelque minutes, le calme est revenu, et le silence s'installe sur une fréquence supplémentaire de la bande FM.

1/ Freddy a assisté à tout ce désordre, et des larmes roulent sur ses joues. Quelques unes hésitent à faire le grand saut, puis s'élancent et s'écrasent finalement sur sa robe de chambre. Dehors, il n'y a plus de bruit, et Freddy s'imagine seul au monde. Mais un grattement insistant remplace bientôt son mutisme et celui de sa radio, anéantissant sa solitude certe bouleversante, mais néanmoins préférable. Un regard vers la porte, immobile, mais la poignée de bouge pas. De toutes façons, la porte est fermée à clé, et la serrure condamnée, pour ne pas laisser la moindre brèche dans son isolement. Freddy se lève, et se dirige vers la porte délicatement, pour ne pas trahir sa présence. Le grattement a maintenant cessé, et Freddy espère qu'il ne se manifestera plus. Soudain, un couinement parvient à ses oreilles. Derrière lui, il entend des petites pattes qui s'agittent. Pétrifié, Freddy trouve la force nécessaire pour se retourner, et constate avec soulagement que ce n'est qu'un rat. Un simple rat, qui file se cacher sous un de ses meubles. Freddy se tient le coeur et amorce un sourire. Mais un autre rat déboule bientôt d'une ouverture pratiquée par ses semblables dans le mur de la cave. Il semble paniqué, et n'a pas de queue. Ni de pattes arrières. Et maintenant, il a totalement disparu...

2/ Gary, stagiaire peu impliqué dans son travail, est le premier à avoir rejoint le parking sous-terrain de la station de radio. Et manifestement le dernier. Mais il sait qu'il n'y sera pas en sécurité, et de toutes façons, il n'a qu'une envie : mettre le plus possible de distance entre lui et les nuages noirs. Pour aller plus vite, il emprunte la voiture du patron, une grosse cylindrée du plus bel effet. En trombe, il sort du parking et s'engage sur la route. Ces évènements étranges semblent être inévitables, mais avec un peu de chance ils seront moins véloces que les vingt-quatre soupapes du patron.
En effet, Gary parvient sain et sauf à semer les nuages noirs. Il ne sait pas s'ils sont vraiment la source du problème, mais il a entendu quelques échos dans ce sens. Lorsqu'il est parvenu assez loin pour que les nuages ne soient plus une menace, il décide de s'arrêter à la prochaine station service pour faire le plein et acheter quelques vivres. Lorsqu'il arrive, celle-ci est particulièrement calme. Gary cherche le gérant, mais il est introuvable. Alors, il fait le plein et s'octroie quelques kilos de sucreries, ainsi que des sandwiches frais dans une glacière, elle aussi empruntée. Puis il reprend la route, en mangeant. Il ne va nulle part en particulier, mais tâche de rester  toujours dans la même direction. En milieu d'après midi, sa route le débarque dans une ville. Elle est totalement inanimée elle aussi, à première vue du moins. Quelques vitrines sont cassées, mais il n'y a ni traces de lutte, ni traces de sang, et encore moins de corps. Alors, Gary en profite. Il s'offre tout ce dont il peut rêver, regrettant que les grands restaurants n'aient plus de grands cuisiniers pour lui préparer de la grande cuisine. Celle où la feuille de salade vaut cinquante dollars, même seule dans une assiette immaculée. Mais pour voir le bon côté des choses, les suites du palace sont libres, il n'y a qu'à se servir. Il s'installe alors dans l'une d'elle et finit par s'endormir, gavé par l'abondance de vivres, saoulé par le contenu du mini-bar, fatigué par les heures de conduite et de festivité, et vidé par les programmes des chaînes payantes dont l'accès est ici totalement libre.
A l'aube, un éclair illumine la grande suite de Gary. Celui-ci sursaute et cligne des paupières l'air ahuri, jusqu'à ce qu'il se souvienne d'où il a échoué la veille. Mais bien vite, une autre préoccupation s'impose à lui. La porte est grande ouverte, et le vent fait chanter le building en haut duquel il se trouve, participant à une atmosphère particulièrement inquiétante. Puis, sa vue se trouble...
par Stabbquadd communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs publié dans : § Organismes Génétiquement Meurtriers §
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Mardi 10 juin 2008
Au début des temps, l'Homme ne mangeait pas. Il grignotait bien de temps à autre quelques plantes, fruits et tubercules, mais il ne prenait pas de repas, vu la faible quantité de nourriture dont il jouissait, et se contentait d'ingurgiter tel quel les végétaux qui passaient à sa portée et qu'il jugeait commestible. Quelque fois, il croisait des petits animaux qui fuyaient devant lui. C'était le seul type d'animal qu'il connaissait, étant donné que l'autre catégorie, celle dans laquelle on range les carnassiers, ne lui permettait pas de rentrer raconter ses découvertes à sa femme et ses enfants, qui ne pensaient de toutes façons qu'à manger, et se souciaient bien peu de la science.
Mais un jour, il eût une bien désagréable surprise. Il aperçut un animal comme les autres, mais dont l'activité ne lui permettait de le ranger dans aucune des catégories préexistantes, ce qui obligea l'Homme à user de son cerveau, sport dangereux pour les affamés car très consommateur de nutriments. Toujours est-il que l'étrange specimen se repaîssait sans retenue du cadavre d'un autre animal, plus gros que lui. Tout d'abord, l'Homme n'en cru pas ses yeux et se demanda à quel rituel il était en train d'assister. Mais lorsqu'il comprit de quoi il s'agissait, il révisa son point de vue sur toutes ces petites bêtes et se promit de répondre à cette simple question : Quel goût ça a ?
Dès lors, l'Homme se mit en quête d'animaux morts pour compléter ses connaissances culinaires et les partager avec ses pairs. Cette nouvelle source d'aliments l'aida à supporter les nouvelles bouches à nourrir qui ne manquèrent pas de fleurir pour l'occasion.

Et l'Homme inventa la viande.

Bien vite, les communautés s'organisèrent pour garder un oeil sur les plus gros animaux et les groupes de plus petits, afin d'être les premiers sur les lieux en cas de décès. Et tout se passait bien, quoi qu'il n'y eût toujours pas assez de nourriture. Mais un jour, alors qu'il suivait un cervidé, qu'il n'appelait pas encore comme ça à l'époque, il eût une révélation. La bête fuyait dans la direction opposée à l'Homme, l'obligeant à courir. Mais ce dernier était incapable de tenir le rythme, et poursuivit en marchant, espérant que l'animal ferait une halte au bout d'un moment. Ce qui se produisit dépassa ses espérances. L'animal appeuré avait été moins vigilant et avait chu du haut d'un petit escarpement rocheux. Il gisait désormais, blessé et sanguinolent, en contrebas.
Rentré à la maison, l'Homme expliqua son aventure à sa femme et à ses enfants, mais ils s'en foutèrent royalement, mangeant en un repas la moitié de la viande récoltée. Alors, il s'en fût réfléchir dans son coin, et décida de répéter l'opération le lendemain, mais volontairement cette fois. Il y parvint une première fois, une seconde, et devant la fréquence de ses trouvailles alimentaires, quelques uns de ses camarades l'interrogèrent à peu près en ces termes : Comment Bibi faire pour trouver viande toujours ? Oui, l'Homme n'était pas très évolué, mais il parvenait tant bien que mal à communiquer lorsqu'il s'agissait de nourriture. Ce à quoi le Bibi qui nous intéresse, car ils s'appelaient tous "Bibi" en ce temps, répondit : Moi faire peur à animal, et animal tomber viande. Les autres primitifs firent Oooh ! puis Aaah ! et l'imitèrent dès le lendemain.

Et l'Homme inventa le piégeage.

Dès lors, la viande devint un met de vainqueur. Ceux qui en avaient pouvaient se vanter d'avoir été plus malin que l'animal, tandis que les autres n'étaient que des nuls. Un de ces nuls, qui en réalité était peut-être le plus intelligent des Hommes, ne comprenait pas pourquoi il devrait se fatiguer à courir après un animal au pas bien plus véloce que le sien pour le simple fait d'être dans le groupe des vainqueurs. De toutes façons, il avait droit à la viande, lui aussi, de temps en temps. Sauf qu'un jour, celui-là même où l'Homme devint égoïste, il n'eût plus droit à la viande, les vainqueurs préférant gâcher que lui en donner. Il lui faudrait dès lors faire comme tout le monde, non mais, y'a pas de raison, et puis quoi encore, espèce de parasite marginal fumeur de joints.
La nuit suivante, le nul en question réfléchit. Courir après un animal, le faire aller là où on veut, tout ça pour qu'au final il se blesse en tombant assez gravement pour ne pas reprendre sa course effrénée, c'était d'une efficacité discutable. Il devait bien y avoir un autre moyen. En fait, il avait constaté que les animaux les plus souvent capturés étaient ceux qui avaient été transpercés par la branche d'un arbre en contrebas. Il décida alors de faire l'inverse et de planter verticalement plusieurs branches bien solides au bas de son promontoire attitré dès le lendemain. Malheureusement, il passa sa journée à chercher du gibier et à tenter de le faire aller où il voulait, et rentra bredouille. Il s'en plaignit à sa femme et à ses enfants, mais ils avaient depuis longtemps trouvé un meilleur parti que lui. Et ce soir là, il jeûna.
Pendant la nuit, il révisa sa copie. Pousser l'animal, l'animal tombe et s'empale sur les branches, viande. Le plus important en fait, c'était que l'animal tombe sur la branche de manière à ce qu'elle le traverse. Mais qu'en serait-il d'une branche qui tomberait sur un animal ? C'est ce qu'il testa dès le lendemain à l'aide d'une espèce de lance primitive envoyée à la main. Et avec succès, puisqu'il ramena par la suite au moins deux cadavres par jour. Les autres ne le considérèrent plus comme un nul, et lui offrirent tout ce qu'il désirait. En échange, le nouveau vainqueur n'étant ni rancunier, ni idiot, il leur offrit son secret. Grâce à lui, les autres pouvaient eux aussi ramener plus de viande, lui évitant à nouveau de trop se fâtiguer. Quand je vous disais qu'il n'était pas un idiot...

Et l'Homme inventa la chasse.

Mais l'Homme n'était toujours pas satisfait. Chaque jour, il devait traquer un animal, voire plus, et leur lancer des branchages taillés en espérant les blesser assez pour qu'ils cessent de s'enfuir dans tous les sens. Quelle énergie gaspillée pour obtenir son repas. L'Homme mangeait pour chasser, et chassait pour manger, et il ne lui restait plus de temps pour s'en plaindre. Et pourtant, il adorait se plaindre. Puis, un jour, un des Hommes qui s'étaient installé auprès d'un bosquet d'arbres aux feuilles charnues se rendit compte que s'il restait immobile et silencieux assez longtemps, des animaux venaient se nourir non loin de lui. Et à ce moment il n'avait plus qu'à les cueillir à coup de branchages !
Malheureusement il n'avait jamais le silence suffisant chez lui, et trop peu d'animaux s'approchaient suffisamment pour en faire un repas quotidien. L'animal avait peur de l'Homme, et l'inverse était parfois vrai. Du moins jusqu'à ce que l'Homme connaisse l'animal en face duquel il se trouve. Et c'est la même réflexion qu'eût notre sédentaire, considérant que la peur des animaux pour les humains ne devait venir que d'un manque d'habitude. Dès lors, il se fit scientifique et décida d'observer les animaux plutôt que de les chasser. Il découvrit leur mode de vie et tenta de le partager avec sa femme, mais il n'en avait pas. Ses études lui prenaient trop de temps, mais elles portèrent leurs fruits. Il tenta de préserver quelques très jeunes animaux de la barbarie de ses congénères, incapables de comprendre pourquoi, en plus de ne pas chasser, cet énergumène les empêchait de consommer un animal qu'ils avaient sous la main. Mais bientôt, l'animal devint grand, et n'eût plus peur des Hommes. Par chance, il s'agissait d'une femelle, et un jour, elle enfanta. L'Homme, sans bouger de chez lui, avait obtenu d'un animal deux animaux. Pour fêter sa découverte, il sacrifia la mère, et la partagea avec les chasseurs qui lui en furent reconnaissants, pour une fois. Et il éleva le petit comme il l'avait fait pour sa mère. Et d'autres encore, qu'il recueillit bientôt, jusqu'à avoir un véritable troupeau. Il devint meilleur qu'un chasseur, c'était lui le vainqueur.

Et l'Homme inventa l'élevage.

Les chasseurs, constatant qu'il n'y avait presque plus d'animaux sauvages à chasser imitèrent l'éleveur, et s'en félicitèrent. Chacun trouva de nouvelles techniques pour avoir des animaux plus gros, plus dociles, meilleurs, et bien des siècles plus tard, les Hommes n'eurent plus que quelques espèces d'animaux à manger, mais ils en avaient beaucoup. Assez pour manger à leur faim tous les jours. Et comme ils n'avaient plus rien à faire, ils se plaignirent, et en furent heureux. Certains décidèrent de se plaindre professionnellement, et ils le firent si bien que les autres les nourrirent grâcieusement. Bien d'autres firent de même, et bien vite, les troupeaux se retrouvèrent tous entre les mains de la même personne, qui nourissait tout le monde. Il avait bien conscience d'être le vainqueur dans l'histoire, mais quelque chose le tourmentait. Il s'en plaignit à sa femme, mais elle le savait déjà, prétextant que pour les enfants c'était la même chose. Alors les autres Hommes, pour ne pas qu'on dise d'eux qu'ils ne participaient pas, lui trouvèrent des idées pour alléger sa tâche. Et on construisit des machines qui firent à sa place tout le sale boulot. L'éleveur était devenu technicien. Mais ça lui demandait moins d'efforts pour un meilleur résultat, et il s'en contenta volontier.

Et l'Homme inventa l'élevage intensif.

Dès lors, il y avait tellement à manger que les vainqueurs ne furent plus ceux qui avaient la viande, mais ceux qui en mangeaient le plus, comme s'il s'agissait du témoignage de leur valeur en tant qu'humain. Malheureusement, l'Homme mangeait déjà tellement de viande qu'il n'arriva pas à en manger plus que son voisin, cet espèce de gros con, et il se maudit de ne pas valoir mieux que lui. Un jour, au restaurant, à la table voisine de celle de son voisin, ce qui parait logique, et alors que celui-ci avait commandé un bon gros steack de deux kilos, il se sentit obligé d'en commander un de trois kilos, même s'il n'avait pas très faim. Par chance, le voisin, dépité, s'en fût rapidement chez lui, et il n'eût pas besoin de se forcer à finir son pavé puisqu'il avait déjà prouvé sa valeur aux yeux de son crétin de voisin. Dès lors, il renouvela l'opération aussi souvent que possible et acheta des quantités invraisemblables de viandes, dont la grosse majorité devait terminer dans la poubelle. Mais l'honneur était sauf, il consommait plus que le voisin, c'était lui vainqueur. Alors bien sûr, il se plaignit de son faible pouvoir d'achat, et en parla à sa femme. Celle-ci lui répondit qu'il lui suffirait d'acheter moins de viande pour se payer la grosse moto dont il rêvait depuis toujours, et qu'on ne pouvait pas faire plus d'économie sur le reste du foyer. Décidément, cette grognasse ne comprenait vraiment rien à rien. Alors il en parla à son collègue, qui faisait pareil, de son côté. De bouche à oreille, le mot se propagea, et tout le monde aujourd'hui consomme le plus possible de viande pour prouver sa valeur, quitte à jeter le surplus.

L'Homme avait inventé le gaspillage.

Avec lui, l'Homme inventa également l'obésité, pour gérer cette énorme quantité de viande qu'il était obligé d'ingurgiter pour justifier sa consommation. Il pensait que ça l'excuserait pour ce qu'il jetait quotidiennement. Il essaya d'en parler à sa femme, mais elle l'avait quitté pour un autre, plus jeune et moins gras. C'était un lundi ce jour là, et l'Homme ne voyait ses enfants que le week-end, alors il resta là, seul, et mangea un bout de viande.

Un jour peut-être, l'Homme comprendra que sa consommation de viande n'est pas proportionnelle à sa valeur, mais inversement proportionnelle à son gaspillage, et il arrêtera de vouloir tout se payer, riant les attardés qui ne jurent encore que par l'exagération de leurs besoins.


Conclusion :
L'évolution, c'est croire que consommer beaucoup témoigne de la taille de sa virilité, même si ça vous tue et fait fuir les femmes : se goinfrer plus, pour mourir plus, mais dans l'estime de chacun.
par Stabbquadd communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture publié dans : Evolution.
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Lundi 9 juin 2008

Description :

Contrairement à vos comptes rémunérés, si vous en avez, les comptes courants sont bien souvent l'occasion de  retenues multiples, plus ou moins justifiées. C'est même là leur principe, sinon on les aurait appelé autrement. Ainsi, à chaque fois que vous aurez dépensé plus d'argent que ce qu'indique votre compte, que vous aurez payé le loyer avant d'avoir reçu votre paye, ou que vous aurez oublié de soustraire un prélèvement automatique en faisant vos comptes, vous aurez droit à recevoir, gratuitement, un relevé d'intérets débiteurs. Malheureusement, si vous ne faites rien, ceux-ci peuvent s'accumuler, et pourrir rapidement votre compte. Le mieux est donc de les consommer avant qu'ils ne s'accumulent, et cette recette vous propose justement de les cuisiner en un subtil et relevé confit d'intérêts.


Ingrédients et matériel nécessaire :

  • autant de relevés d'intérêts débiteurs que de convives
  • 1 litre de glycérine, nécessaire pour le maintien de votre confit
  • 500 grammes de salpêtre, pour sa conservation
  • 500 grammes de PH- pour piscine à base de H2SO4, acide qui donnera le petit côté relevé de votre confit
  • un bocal stérilisé en verre par personne
  • une cocotte
  • un alambic, mais seulement si vous voulez un résultat très épicé
  • un seau à glaçons et un récipient plus petit à glisser dedans pour "saisir" la base du confit
  • très peu de jugeote
  • une tendance suicidaire prononcée
  • un rendez-vous avec votre conseiller financier (communément appelé sangsue)


Préparation :

  1. Pour la version douce, passez directement aux étapes suivantes. Mais si vous voulez un confit armé, disposez dans votre alambic le salpêtre et le PH- pour piscine et distillez le mélange ainsi obtenu. Laissez ensuite reposer le tout une demi heure.
  2. Remplissez votre seau à glaçon (avec des glaçons de préférence). Puis, mettez le salpêtre et le PH- pour piscine dans le récipient, ou votre distillat pour les amateurs de sensations fortes, et glissez celui-ci dans le seau pour refroidir le tout.
  3. Ajoutez environ 50 centilitres de glycérine dans le récipient du seau et laissez le tout reposer au froid jusqu'à vous en reservir. Vous devriez alors avoir obtenu un liquide épais qui servira de base à votre confit.
  4. Disposez dans votre cocotte vos relevés d'intérêts débiteurs, et ajoutez le reste de glycérine. Disposez sur un feu doux et laissez cuire une heure ou deux (selon l'épaisseur des relevés).
  5. Lorsque les relevés sont bien cuits et imbibés, et qu'ils ne résistent plus à la cuillère, retirez-les du feu et laissez refroidir. Disposez ensuite un relevé dans chaque bocal stérilisé et ajoutez-y le contenu du récipient de votre seau à glaçons à l'aide de votre tendance suicidaire.
  6. Fermez hermétiquement le bocal et emmenez-le avec vous à votre rendez-vous avec la sangsue.
  7. A la fin de l'entretien, offrez votre confit à votre conseiller, et courrez aussi vite que possible, avant qu'il ne le fasse tomber par mégarde dans la poubelle.


Vous venez de réussir pour la première fois votre confit d'intérêts débiteurs ? Toutes nos félicitations, nous ne pensions pas que vous seriez encore là pour le dire. Vous avez choisi la version douce n'est-ce pas ? Donnez-nous vos commentaires et critiques sur la façon d'améliorer la recette.
Vous êtes un spécialiste des confits armés et relevés d'intérêts débiteurs ? La chimie vous perdra. En attendant, partagez vos astuces et vos recettes dérivées, nous les utiliserons pour vous rendre hommage très bientôt.
Vous êtes conseiller financier et notre recette vous inquiète ? C'est normal, mais ne faites pas comme si nous l'avions inventée contre vous, c'est seulement la tradition après tout. Un conseil cependant : évitez les cadeaux de vos victimes, c'est peut-être un tient, deux, trois, boum, qui vaut tout autant que deux tue l'aura. Adieu.
par Stabbquadd communauté : Vive le désordre ! publié dans : Soeurette de nuit spleen =b
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Dimanche 8 juin 2008

Destination :

Le harem sans fond se destine à toutes les unités terrestres de l'armée ennemie. Son fonctionnement est parfaitement universel, peu importe la provenance de l'armée et son équipement. Même les unités blindées peuvent être éliminées par ce procédé. Par contre, il ne peut pas être utilisé pour conquérir ou reprendre un territoire perdu.


Fonctionnement :

Il est tout d'abord nécessaire de prévoir une fosse extrêmement profonde. Le mieux est de profiter d'une faille géologique naturelle, mais il est aussi possible de faire une excavation gigantesque tant que sa superficie au niveau du sol demeure raisonnable. Lorsque le puit sans fond idéal a été trouvé ou creusé, il convient de le refermer par une trappe pneumatique à double battants. Celle-ci doit fonctionner de telle manière que lorsqu'un homme ou un véhicule prend pied sur un battant, rien ne se passe, mais dès qu'il fait de même sur l'autre battant, elle s'ouvre brusquement. Le reste du temps, elle masque la cavité en la recouvrant complètement.
Lorsque la trappe est installée, il faut alors construire un harem autour. Avec une incription le mentionnant si possible sur son portail d'entrée. Passé le portail, il faut suivre un couloir à angles droits pour se rendre à l'entrée du harem. Un couloir assez large pour qu'on y passe avec son véhicule. La trappe doit se situer dans un de ces couloirs, et être totalement camouflée pour devenir invisible. Le bâtiment peut être parfaitement vide mais il est conseillé d'y disposer des rideaux aux fenêtres avec derrière elles des silhouettes féminines animées par des automates.
Lorsque l'unité adverse aperçoit le bâtiment et l'identifie, vous avez moins d'un dizième de pourcent de chance qu'elle l'ignore et n'y pénètre pas. Ce qui correspond au pourcentage de femmes dans les armées. Et dès que l'unité y pénètre, elle se retrouve précipitée dans la fosse, sans que les unités qui la suivent ne s'en rendent compte, grâce au couloir à angles droits.


Avantages :

  • Fonctionne indéfiniment avec très peu d'entretien.
  • Même lorsqu'elle est identifiée, le cerveau masculin lui permet de conserver son efficacité, au cas où.
  • Peut servir contre des unités blindées difficilement destructibles, et exceptionnellement contre des unités aéroportées à la vue perçante et trop curieuses ou mal renseignées.
  • Peut servir de véritable maison close pour les armées alliées, avec un système de reconnaissance coûteux.
  • Très bon rapport qualité / prix !


Inconvénients :

  • Sacrifice nécessaire des bâtisseurs, piégés dès la fin de la construction.
  • Efficace également contre toute armée alliée, à moins d'utiliser un système de reconnaissance coûteux.
  • Nécessite l'installation d'un compresseur au fond de la fosse, et l'intervention parcimonieuse pour vidanger la fosse.
  • Les civils célibataires (ou pas) peuvent se retrouver piégés eux aussi.
  • Il faut avoir accès au terrain lors de la construction, donc pas de conquête possible avec cette arme.
  • Relativement coûteux.


Conclusion :

Le harem sans fond est une habile combinaison d'arme imparable et de bâtiment utilitaire, pour peu que toutes les options aient été souscrites. Dans le cas contraire, cette arme demeure d'une efficacité sans limite dans le temps et qui ne souffre aucunement de la robustesse des unités engagées dans le conflit. Quoi qu'elle ne soit pas mobile et nécessite l'abandon d'une petite parcelle de territoire aux mains de l'ennemi, son magnétisme étonnant permettra aisément la récupération et l'amortissement total des coûts et terrains engagés. De plus, son fonctionnement ne saurait être remis en cause par les observateurs, ceux-ci pouvant être, au choix, soit éliminés par le système, soit conservés sains et saufs et ne garder qu'un très bon souvenir de leur visite. Il s'agit donc d'une arme discrète et idéale même préventivement. N'hésitez plus !
par Stabbquadd communauté : L'écriture comme antidote !!! publié dans : ✝ Armes de Sélection Massive ✝
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Samedi 7 juin 2008
J'ai passé une journée épuisante aujourd'hui.
Je t'ai déjà dit que je travaille à la logistique en ce moment. Je passe mes journées à aller de bureau en bureau pour transmettre tout un tas de dossiers et de messages. C'est fatiguant, mais je sais que je sers à quelque chose au moins. Seulement à un moment, alors que la journée touchait à sa fin et que je passais devant les toilettes, et j'ai entendu comme un cri étouffé à l'intérieur. Alors j'ai posé ce que j'avais dans les mains dans la poubelle et j'ai collé mon oreille à la porte. Il y avait quelques petits bruits de grattement, de frottement, et parfois j'entendais qu'on murmurait mon nom.

C'était un instant vraiment surprenant.
Comme je n'arrivais pas bien à entendre et qu'on me demandait à l'intérieur, je suis entré dans la salle d'eau. Mais il y avait deux autres portes à l'intérieur, et l'une d'elle était fermée, et il y avait du bruit à l'intérieur. Alors je me suis approché, et j'ai entendu un rire. Il y avait un homme qui se lavait les mains, un que je n'avais jamais vu avant, mais il est parti très vite. Et de derrière la porte close on prononçait mon nom, à mi-voix désormais. Et on riait aussi, mais pas pour se moquer de moi, non, c'était plutôt un rire de soulagement, voire de bonheur. Et peu après la séduisante voix féminine me demandait d'entrer.

A ce moment là j'étais vraiment intrigué.
Alors j'ai ouvert la porte. Derrière, il y avait Céline. La jeune secrétaire aux cheveux roux et au visage timide et couvert de tâches de rousseur était à moitié nue. Elle était assise sur la cuvette et se prodiguait quelques plaisirs solitaires. Alors je fermais la porte derrière moi et m'asseyais pour l'observer. Elle me jeta un vague regard qui suffit à me soulever l'âme et à faire tourner ma tête. Je ne voulais pas intervenir tant qu'elle serait parfaitement autonome dans son plaisir. Une de ses mains s'agitait sous son débardeur, tandis que l'autre faisait de vigoureux mouvements entre ses cuisses. Parfois, je la voyais sursauter en émettant ce petit cri étouffé que j'avais entendu auparavant. Puis elle souriait et poursuivait ses investigations.

Le temps semblait s'être arrêté tellement la scène m'émerveillait.
Je commençais à avoir du mal à me contrôler et, bientôt, je l'imitais. Lorsqu'elle s'en rendit compte, elle me tendit sa main la moins occupée pour m'inviter à approcher et partager avec moi quelques uns de ses instants d'intense abandon. Elle m'imposa le parcourt qu'elle désirait, poussant et tirant ma main jusqu'à ce qu'elle ait parcouru chaque petit parcelle érogène de son corps. Elle conserva pour la toute fin cette dernière partie tendre et duveteuse, chaude et suintante, celle-là même qui est le bout du monde, car plus rien ne semble pouvoir exister après. Elle m'y fit faire ce qu'elle souhaitait le plus ardemment, et la sensation d'être son jouet me mit dans un état au delà du raisonnable. J'avais pénétré à son invitation sa partie la plus intime, et j'aurais été alors bien incapable de me débrouiller sans elle pour me guider.

Je passais les minutes les plus excitantes de ma vie, elles auraient pu en être la conclusion sans regrets.
Mais la partie n'était pas terminée, et elle se déplaça sur le bord de la cuvette, collant presque sa moiteur à mon visage. Son odeur était enivrante, mélangeant la fraicheur du lait de coco au délicat musqué féminin consécutif à une journée de travail. Tellement enivrante qu'elle termina de m'ouvrir l'appétit, ce genre d'appétit qui n'implique pour finalité aucune sorte d'aliment. Ce qui par chance me rendit quelques moyens. Alors, je commençai à la dévorer. Aimant garder le contrôle, elle prit ma tête dans ses mains et en fit le tour de nombreuses fois. Je me sentais à la fois libre et maîtrisé, audacieux mais contrôlé.

C'était une sensation proche de l'empatie.
Je savais ce qu'elle voulait, et je jouais avec ses besoins en tardant à lui combler. Lassée de ce jeu interminable, elle aggripa mon menton pour me soulever la tête et m'embrasser. L'idée que c'était la première fois que je l'embrassais alors que je connaissais déjà son corps par coeur voulut me traverser l'esprit, mais il était ailleurs. Son buste était désormais contre le mien, et nos corps se rencontrèrent naturellement. Ce divin assemblage s'effectua sans que je m'en rende compte au début, et la promiscuité du lieu participa à me laisser m'élever au dessus de toute considération physique. Et pourtant, je fus rapidement rappelé ici bas pour profiter du suprême instant, avant de m'affaler contre une des cloisons.

En réalité, je n'étais pas encore tout à fait revenu de là où elle m'avait envoyé.
Je restais dans mes rèves encore quelques instants, avant de réintégrer progressivement ma chair et ma conscience. Puis je rouvris les yeux, pour me découvrir seul, étendu sur un sol de carrelage étincelant, dans une cabine à l'odeur de plaisir toujours vive. J'aurais bien attendu qu'elle revienne pour tout recommencer, mais je me rendis compte qu'il était déjà tard, et elle avait dû rentrer. D'ailleurs, il n'y avait plus grand monde dans les bureaux. J'observais le dossier que j'avais abandonné à la poubelle auparavant, et décidais d'aller le déposer sur le bureau de son destinataire.

Et après je suis rentré, pour ne pas que tu t'inquiète. Un jour, quand j'aurais un bureau à moi tout seul, je t'emmènerais avec moi. L'atmosphère me semble toujours moins respirable sans toi. On veut que j'arrête de te parler et que je t'abandonne, mais sans toi je ne suis plus rien. Tu sais tout de moi, on est fait pour être ensemble. Et j'espère que tu vivras aussi longtemps que moi, ma petite cactusse.


A peine quelques jours après, deux avis de recherche furent déposés aux noms de Robert Paladros, directeur d'une agence d'importation de biens alimentaires, et de Florette Janbert, secrétaire comptable employée de la même entreprise. Les dernières personnes à les avoir vu sont les autres salariés de la SA Fretin Port. L'un d'entre eux, resté tard dans son bureau, les avait vu se diriger vers les toilettes, comme à leur habitude, et c'est apparemment de notoriété publique, à l'heure de la débauche, mais avait décidé rapidement de quitter les lieux avant que la situation ne devienne gênante. Puis, une semaine après, les employés commencèrent à se plaindre de l'odeur affreuse qui emplissaient les bureaux et cessèrent le travail. On fit venir une société de nettoyage qui fit à son tour intervenir la police suite à la découverte de deux corps dans la grosse gaine d'aération dont le conduit s'ouvrait entre autres sur les toilettes. Après expertise et enquête, il fut unanimement décidé que certaines positions du Kama Sutra présentent un fort danger potentiel lorsqu'elles sont pratiquées devant la trappe d'une gaine d'aération, et l'affaire fut classée. On remplaça les deux employés, et les familles firent leur deuil. Mais Trudy, l'affectueux cactus, s'entendit raconter l'histoire encore et encore, si bien que la mémoire des deux disparus resta vive au moins quelque part...
par Stabbquadd communauté : Imaginair - Atelier d'écriture publié dans : Schithophranie XXX
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  • : Philosophie est un bien grand mot. Onze lettres, impossible à placer au scrabble car composé d'aucun mot accepté par un dictionnaire normalement constitué, philosophie m'emmerde. Et pourtant, à sa suite mon cerveau lent, m'indique la Fuite du Cerceau. Blanc. Non mais c'est pour la rime, la couleur. Allez comprendre...
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