Signification :

Être au bort du gouffre, être déprimé, attraper des grillons et avoir les bleus, peints en noir. ( source )


Origine :

Expression populaire typique de notre époque, "avoir le costard" fait avant tout référence, sans aucun doute possible, à une catégorie socio-professionnelle pécunièrement favorisée. Ainsi, par opposition aux ouvriers qui crèvent la dalle dans le froid de leur usine, il est généralement admis que les cadres, quand à eux, préfèrent se suicider bien au chaud dans leur bureau et leur costard. C'est en constatant ce fait étrange qu'un soir, en regardant le banal de vingt heures, Yasmeda Kafare créa l'expression "avoir le costard". Son but, comme elle le révèlera plus tard dans un interview au "Monde Orthographique", était avant tout d'en finir une fois pour toute avec les appels téléphoniques à vocation humoristique qu'elle recevait à l'époque, ceux-ci lui rappelant son passé tumultueux de standardiste et la conduisant tout droit à porter son nom comme un gant.


Pour aller plus loin :

Toutefois, ce n'est que bien plus tard, au moins, que le sociologue Armant Talleman apporta une explication à l'étrangeté du geste qui consiste à se suicider au bureau plutôt qu'à attendre d'être rentré chez soi à se délasser dans un bon bain chaud. Selon lui, les vapeurs du bain chaud étant humides, et la position du baigneur n'etant pas propice à la pendaison, le réflexe de décompression mental serait tel qu'il induit chez le client patient un bien être notoire, le prévenant ainsi de toute perte inopportune de la vie. Surtout lorsqu'un saxophone jouerait à côté, que la baignoire ferait des bulles et qu'une divine créature vous masserait les pieds en même temps tandis qu'une autre vous embrasserait partout dans le cou. A l'inverse, le bureau ne disposant pas de vapeurs humides, de divines créatures, ni de quelconque instrument de musique, celui-ci serait par définition stressant, et pousserait alors ses occupants au suicide. Ce qui confirme alors la validité de l'expression.


Réactions du Public :

"Et dire que les ouvriers se plaignent, eux au moins sont encore en vie !", nous confie la veuve éplorée d'un cadre reçu avec condoléances au test de Suicide de Soi de l'entreprise APS-Pipeot (Agence pour la Promotion du Suicide-Pipeot), qui vient de toucher une indemnité de cinq millions d'euros en dédomagement, ainsi qu'une pension mensuelle de veuvage de quinze mille euros, et qui nous recevait pas plus tard que la dernière fois sur son yacht de... soixante-huit mètres, m'a-t-elle assuré.
"Et dire que les profs se plaignent, eux au moins ils ont la sécurité de l'emploi et des vacances à n'en plus finir !", nous confie Régis-Robert, ouvrier qualifié et licensié de l'usine Sitropène de Palajoix-sur-Larmes.
"Et dire que les cadres se plaignent, eux au moins ils gagnent de quoi se payer des costards !", nous confie Monique Henne-Douot, professeur d'astrochimie à la maternelle de Jouant-les-Pains, dans la Gueule (51).
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