Hypothèses de départ :
  1. Passer sous une échelle porte malheur.
  2. Personne n'a jamais vu une échelle se nourrir, ou il n'est plus là pour en parler.
  3. Pour passer sous une échelle, il faut l'appuyer contre la gouttière d'un toit.

Problèmes induits :
  1. Passer sous une gouttière porte-t-il malheur ?
  2. Porter une échelle au dessus de sa tête est-il dangereux ?
  3. Que mange une échelle et pourquoi ne les voit-on pas faire ?
  4. Si on retourne l'échelle, que se passera-t-il quand on montera dessus ?

Démonstrations :
  1. Les habitants des nombreuses maisons du monde passent en moyenne plusieurs fois par jour sous une gouttière : celle de leur maison, et celle des voisins quand ils n'ont plus de sucre. Toutefois, d'après une étude très sérieuse du National Institute for Quality in the Usual Environment Researches, ces gens comme les autres n'en sont pas différents, des autres. On ne décèle parmi eux pas plus de morts prématurées ou de disparitions suspectes qu'en appartement. Il semblerait donc que l'influence des gouttières soit négligeable sur les vies humaines, à moins que celles-ci réussissent à tromper les statistiques en ne s'abattant pas plus sur leur riverain que sur d'autres citoyens quelconques. Il est à noter cependant que par temps pluvieux, les gouttières sont vecteurs de nombreuses maladies, en déversant volontairement une partie de leur contenu sur les passants qui, trempés, peuvent alors prendre froid et mourir. Il est donc déconseillé, bien que rien ne soit encore prouvé, de passer sous les gouttières par temps humide.
  2. Lorsqu'on s'intéresse à la vie des personnes qui ont à porter une échelle de manière répétée, on constate que leur espérance de vie s'avère plus courte que la moyenne nationale. Cette tendance s'accroit lorsqu'on ne prend plus en compte que ceux qui utilisent également l'échelle, en plus de la porter. Il semblerait donc que la proximité des échelles soit préjudiciable à la durée de vie humaine, aussi bien en milieu professionnel que chez le bricoleur du dimanche. Les accidents impliquant une échelle sont plus de cent cinquante trois fois plus nombreux chez les personnes utilisant des échelles par rapport aux personnes qui n'en possèdent pas ou les laissent en paix dans une remise au fond du jardin. Il est donc de notre devoir de souligner que l'utilisation de cet outil ne doit être envisagée que lorsque plus aucun autre choix n'est possible, et de lui préférer le trampoline, le saut en parachute ou encore la varape pour atteindre les hauteurs nécessaires aux travaux indispensables.
  3. Pour répondre à cette question, une équipe de scientifiques américains a disséqué plusieurs dizaines d'échelles de provenances diverses. Malheureusement, ils n'obtinrent que de maigres résultats. En effet, ce qu'ils trouvèrent en plus grande quantité dans le ventre de ces monstres d'acier se trouva être des insectes, parfois encore vivants. Mais à part ça et quelques bouts de plastique et de métal, rien. Alors, ils isolèrent plusieurs échelles dans des salles hermétiquement closes en y disposant diverses matières, organiques ou non, afin d'observer la méthodologie prédatrice de ces spécimens. Une fois de plus, les résultats ne furent pas convaincants. Les échelles se sentant observées, seules deux d'entre elles tombèrent, et seulement une des deux tua un cafard qui passait par là, mais ne le digéra pas. La conclusion ébranla toute la communauté scientifique : une échelle n'aurait pas besoin de se nourrir, ce qui la rend d'autant plus imprévisible et dangereuse !
  4. Tous les biologistes sont formels : une échelle ne disposant ni de ventre ni de dos, elle ne possède donc pas d'envers ni d'endroit. Si on retourne une échelle, c'est donc toujours par en dessous que l'échelle porte malheur.

Conclusions :

Les échelles représentent manifestement une menace pour l'espèce humaine, mais la discrétion qui leur est propre rend toute démonstration strictement impossible. Mais il ne semble pas excessif de recommander la plus grande vigilance lorsqu'une échelle est à proximité, surtout si celle-ci est appuyée contre une gouttière, son partenaire usuel lors de la majorité des accidents. De plus, une distance de sécurité d'au moins vingt bons mètres doit être instaurée en cas de pluie, d'orage, ou de toute condition climatique autre que vent plat et grand soleil ou vent modéré et temps nuageux.
La preuve est donc apportée qu'une échelle représente un danger pour toute personne dans sa proximité directe, mais la question reste entière : les échelles sont-elles vraiment carnivores ?
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