Mercredi 7 mai 2008
Je peux te faire confiance ?
Ah, tant mieux. Tu sais aujourd'hui en prenant le bus pour aller travailler, j'ai croisé le regard d'une femme. Elle était plutôt du genre discrète, cheveux chatains au carré, pas très grande. Le visage un peu rond, souvent baissé. Et des yeux, d'un bleu de curaçao, d'une profondeur océanique, et d'une grandeur exquise. Non je ne suis pas un alcoolique, c'est la vérité !

Tu ne lui diras rien hein ?
C'était la première fois que je la voyais, mais quand nos yeux se sont croisés, par erreur ou peut-être prédestination, mon coeur s'est emballé. Plus rien autour ne comptait. Dès lors, je n'ai pu la quitter des yeux. Quand elle est descendue, je l'ai suivie. Elle s'en est rendue compte, et s'est arrêté, s'est retournée, et m'a regardé. J'ai d'abord continué à marcher, jusqu'à la rejoindre. Elle m'a souri, comme une invitation et j'ai craqué.

Pas un mot sur tout ça d'accord ?
Je l'ai suivie chez elle et elle m'a fait entrer. Je n'avais toujours rien dit, et me suis installé dans le canapé. Elle a disparu quelques temps et j'ai pu observer son intérieur. C'était comme une sorte de maison de poupées, en plus grand. Tout était bien rangé, et un peu poussiéreux. J'avais en face de moi une table basse avec une sorte de petite statue en procelaine. Elle devait représenter un chat, ou quelque chose comme ça. J'ai attendu en observant la bibliothèque près de la veranda, mais sans décoller de mon assise, de sorte que je tournais le dos au reste de la maison. Puis elle est revenu.

Tu garderas le secret jusque dans la tombe ok ?
Quand elle fut de nouveau sous mes yeux, ses vêtements avaient changé.  Elle avait un petit short rouge et ample qui mettait en valeur ses longues jambes pour une si petite personne. De l'autre côté de celles-ci, de grosses chaussettes tombantes ceignaient ses mollets. Et sous ses yeux, un simple maillot de corps orangé moulait ses seins nus. Quand elle me sourit de nouveau, je crus mourir !

Tu ne répète rien à personne, promis ?
Elle se mit à danser langoureusement, et je pus admirer sa croupe rebondie. Je voulus me lever, mais elle prit les devant et me chevaucha. Elle prit mes mains, les posa sur ses hanches et m'embrassa. Je me rendis rapidement compte que son short ne dissimulait aucun autre morceau de tissu. Alors, je fis demi-tour pour aller caresser ses voluptés maternelles. Elle en profita pour ôter son maillot et je pus admirer son corps nu, ou presque.

Motus et bouche cousue ?
Sans que je comprenne comment, elle avait repris pied sur le sol pour laisser tomber son ultime rempart de pudeur. Très vite, je tâchai d'en faire ôtant. Alors, elle se jeta sur moi et je pus sentir son excitation couler sur mon membre. Celui-là même se retrouva bientôt s'enfoncer dans son moelleux cocon. Et rien d'autre ne comptait plus. Plus que jamais, j'étais extatique. Elle était comme une drogue qu'on goûte pour la première fois. J'avais déjà la conviction que je ne pourrais plus m'en passer. Jamais je ne pourrais la quitter, elle était trop belle !

Croix de bois, croix de fer, si tu parles tu iras en enfer !
Lorsque nous eûmes terminé, je crois que je m'évanouis quelques temps. A mon réveil, elle n'était plus là, et j'étais rhabillé. Ses vêtements étaient toujours là, alors je pris son short en guise de souvenir. Puis je partis, et je ne devais même pas arriver en retard. Je me demandais si je la reverrais. Je l'espérais vivement en réalité. Demain peut-être.

Que fais-tu ? Ah, on vient ! Tu as raison, retourne dans ton pot, c'est plus sûr. Tu fais si bien la plante. Mais moi je sais, et je ne dirais rien, comme toi tu vois. Mais promis, bientôt tu n'auras plus à te cacher...


Deux jours plus tard, la police lançait un avis de recherche. La semaine suivante, on retrouvait le corps de Jeanne enfermé dans sa propre cave, le crâne fracassé. La police conclut à un suicide, et  personne n'entendit plus jamais parler d'elle. Sauf Trudy, la petite plante, qui entendit l'histoire se répéter tous les jours, pendant de longues semaines.
par Stabbquadd communauté : Cocasse la vie ! publié dans : Schithophranie XXX
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Commentaires

vous avez beaucoup de talent je trouve, j'aime bien votre style, au début je pensais à une variation sur le thème de la passante baudelairienne mais je n'étais pas au bout de mes surprises!(pas mal l'érotisme même si je n'aime pas trop la phrase "Celui-là même se retrouva bientôt s'enfoncer dans son moelleux cocon" mais ce n'est que mon humble avis) chute efficace et redoutable!
commentaire n° : 1 posté par : no le: 08/05/2008 11:31:51
Je jubile, faites-moi d'autres commentaires comme ça et je vous épouse, qui que vous soyez (même chèvre ou éléphant) ! Mais n'auriez-vous pas plutôt de beaux yeux bleus ?

Pour la phrase en question, il ne faut pas oublier qui est le narrateur ;)
Mais j'avoue m'être posé des questions à propos de cette phrase en l'écrivant. Puis après j'ai essayé d'incarner le personnage qui racontait l'histoire. Il fallait que son récit ne témoigne d'aucun partage amoureux et soit parfaitement égoïste puisque fruit de son esprit.

Voilà voilà, dans cinquante ans on pourra peut-être faire chier des gamins avec une étude de texte stupide à propos de cette phrase. Et moi je suis un parfait mégalo. Mais qui pourrait me reprocher d'avoir cet espoir ?
réponse de : Stabbquadd (site web) le: 08/05/2008 11:51:13
pas de yeux bleus! (pas envie non plus de finir le crâne fracassé!..)
n'avez vous jamais songé à publier? très franchement je trouve que votre prolixe production sur ce blog mériterait un recueil et illustré s'il vous plait! avis aux éditeurs.
commentaire n° : 2 posté par : no le: 08/05/2008 16:53:44
Je pense que les éditeurs sont des business-men. Et par conséquent ils arnaquent aussi bien leurs clients, les lecteurs, que leurs partenaires, les écrivains. Après tout c'est leur boulot.
Alors publier pourquoi pas, mais pourquoi faire ?

Je m'explique : soit je publie ce recueil chez un grand éditeur et il distribue à grande échelle, et j'ai une petite chance d'être riche et sans scrupules. Ca ne m'intéresse pas. Soit je publie chez un petit éditeur qui fait les choses comme je les voudrais mais n'a donc qu'un public restreint, et alors je suis content, mais pas plus avancé.

Conclusion : je reste sur over-blog, quand mon blog-rank dépasse soixante (si jamais ça le dépasse un jour) j'accepte le programme de rémunération des auteurs, et quand j'ai assez de matière pour publier un recueil (une année peut-être) je le fais avec un éditeur payant qui me convient (ex : In Libro Veritas, http://www.ilv-edition.com/ ). Comme ça je suis encore plus pauvre, mais j'ai bonne conscience. Et ensuite, je compte sur mes lecteurs pour faire ma pub, et si ça créé un buzz, tant mieux, et sinon rien ne change pour moi et je continue tranquille dans mon coin !
réponse de : Stabbquadd (site web) le: 08/05/2008 17:28:45

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  • : La Fuite du Cerceau
  • : Philosophie est un bien grand mot. Onze lettres, impossible à placer au scrabble car composé d'aucun mot accepté par un dictionnaire normalement constitué, philosophie m'emmerde. Et pourtant, à sa suite mon cerveau lent, m'indique la Fuite du Cerceau. Blanc. Non mais c'est pour la rime, la couleur. Allez comprendre...
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