Contrairement à une idée reçue et à l'usage courant, la Sécurité SoCiales ne se résume pas aux simples et partiels remboursements de frais médicaux usuels. Elle est en fait un ensemble d'institutions de droit privé qui englobent également les retraites, le recouvrement des cotisations, et toute sorte d'allocations. De plus, ces institutions sont totalement indépendantes des "impods" payés par les conchimoyens à l'état, puisqu'elles ne dépendent pas de celui-ci. Ses employés ne sont donc pas des fonctionnaires, mais des salariés n'ayant pour seule différence avec la masse grouillante du salariat qu'une volonté ferme à singer le Sévice Public. Toutefois, même si ces prestations sociales ne dépendent pas de l'état, il est important de savoir que les cotisations sociales sont des prélèvements obligatoires dont on ne peut que difficilement réchapper.

En effet, comme son nom l'indiquait au départ, la Sécurité des Sociétés Commerciales a pour but de protéger ces dernières de tous les aléas que constituent les risques de la vie. Ainsi, grâce à elle, les entreprises n'ont plus à se préoccuper de la vie de leurs salariés ni de prendre leurs problèmes en considération. Si jamais l'un d'entre eux tombe malade et doit être arrêté quelques temps, c'est alors la Sécurité SoCiales qui prend le relai pour verser son salaire à l'employé au repos. La Société Commerciale est alors soulagée d'un poids mort jusqu'à ce que son activité reprenne. Et il en va de même pour les salariés licensiés qui, appaisés par le versement ponctuel d'un dédommagement pris en charge par cette administration de droit privé, se retrouvent moins enclins à s'en prendre à leur ancienne entreprise.

Alors bien entendu, tous ces versements ont un coût, et c'est là qu'intervient l'astuce. Il est évidemment hors de question de faire payer ces allocations et autres pensions par les Sociétés Commerciales elles-mêmes, sinon quel intérêt aurait l'existence d'une telle Assurance SoCiales ? Alors, un système équilibré a été trouvé afin de leur procurer une double sécurité, puisque c'est là le but. Chaque nouvel entrepriseur qui créé sa propre société, et souhaite par là même se prendre pour un grand de ce monde, doit s'acquitter de cotisations purement dissuasives pour contribuer au renflouement des multiples Caisses de Versement. S'il parvient à maintenir son activité, il continue de participer au financement, et s'il parvient même à l'étendre malgré les contraintes, alors il obtient le droit de se mettre un cigare dans la bouche, des sappes de luxes sur le corps et une secrétaire sur son membre, et de jouer avec ses amis patons du MesDef. Puis, en tant que membre du MesDef, l'entrepriseur devient lui aussi un paton, est donc naturellement exonéré de cotisations sociales, et commence alors à profiter de la Sécurité SoCiales financée par tous les autres petits entrepriseurs qui n'ont pas réussi comme lui.

Depuis quelques années, on parle du trou de la Sécurité SoCiales. En fait il s'agit d'un simple déficit dans l'exercice de ces institutions, causé par le manque de candidats à l'entreprise, et créant un réel manque de cotisants, donc un déséquilibre entre les recettes et les dépenses. Quelques révolutionnaires ont exprimé la nécessité de faire cotiser les amis du MesDef au même titre que les autres. Mais ceux-là n'ont pas vraiment compris le principe même de l'institution qui est justement de protéger les grosses Sociétés Commerciales. Leur imposer un prélèvement arbitraire irait donc à l'encontre de la mission première de celle qu'on appelle la "Sécu" ! Heureusement, les amis du MesDef ont trouvé une réponse adaptée au problème, permettant dans l'absolu de corriger le déséquilibre.

En effet, puisque concrètement la Sécurité SoCiales est là pour protéger les Sociétés Commerciales de leurs employés, et puisque les petites entreprises sont trop peu nombreuses pour permettre de s'acquitter convenablement de la tâche d'un point de vue financier, la meilleure solution était justement de faire payer cette Assurance SoCiales aux employés eux-même. Après tout, lorsqu'on souscrit une assurance, pour la voiture par exemple, ce qui est également obligatoire, c'est avant tout pour protéger les autres du danger qu'on représente nous-même. Or, les salariés sont un danger, et il est donc naturel que ce soit à eux de payer cette assurance pour protéger les Sociétés Commerciales des dégats qu'ils pourraient leur occasionner !

Ainsi, le Gouverne-et-ment a instauré de multiples déremboursements et autres franchises afin que l'employé y soit de sa propre poche lui aussi. Mais, pour ne pas risquer que ceux-ci ne deviennent une espèce menacée, le Gouverne-et-ment a habilement réparti leurs participations sur les frais de confort avant tout, pour n'en laisser qu'une petite partie s'appliquer sur les soins indispensables. Toutefois, le plus grand problème demeure les retraites. Payer des salariés usés et inexploitables, c'est pour beaucoup une véritable hérésie. Malheureusement, leur retirer d'un seul coup leur pension risquerait d'entraîner une vague de grèves des autres salariés, rêvant d'un futur meilleur et voyant celui-ci s'assombrir soudainement. Et il n'y a rien de pire pour une Société Commerciale que l'arrêt du travail de ses employés. La réforme irait donc à l'encontre du but recherché.

Alors, le MesDef a proposé au gouverne-et-ment une solution : éteindre la lumière lentement. Ou plutôt, ne pas en augmenter la puissance alors que la luminosité extérieure ne cesse de s'accroître. C'est ainsi que les retraites ne sont plus jamais revalorisées alors que tous les trente cinq années, avec une croissance d'à peine deux pourcents, la valeur d'une même pension est divisée par deux, sans en changer le montant ! De cette manière, on se débarrasse progressivement des retraités en limitant naturellement la portée de leur vie par l'intermédiaire d'une pension fixe n'ayant très vite plus la moindre valeur ! Et on purge par la même occasion la Sécurité SoCiales des individus inutiles. Ingénieux non ?


Lexivique :

Les Impods, le gouverne-et-ment et les conchimoyens : voir article précédent.

La Sécurité SoCiales : son nom provient de sa fonction de protection des Sociétés Commerciales, abrégées en SoCiales. Elle est composée de multiples caisses parce qu'une caisse ne suffisait pas à mettre tout l'argent.

Le Sévice Publique : c'est l'ensemble des interfaces entre l'état et ses conchimoyens, entretenu à la cadence la plus lente possible afin d'éviter aux dits conchimoyens d'émettre des doléances à une fréquence trop élevée. Son nom est donc venu naturellement aux conchimoyens et révèle le calvaire dont il s'agit pour effectuer la moindre démarche, le pire étant que la dite démarche est généralement obligatoire.

Les Entrepriseurs : ce sont des Conchimoyens qui ont décidé de faire partager aux autres leurs talents et les applications pratiques de leurs idées moyennant une contribution financière. Ils sont assujettis aux cotisations SoCiales, contrairement aux patons du MesDef. Leur nom vient du fait que pour tenir le coup la plupart s'échangent des substances très peu légales qui participent à leur fournir une capacité accrue à supporter les cotisations dont ils font l'objet et qui leur prennent profondément l'anus. C'est donc un mot à double-sens, ce qui est assez pratique pour ce genre de rapports, même non sollicités.

Les Patons : il s'agit d'une contraction de l'expression infantile "c'est PAs TON quelque chose". C'est de cette manière que les conchimoyens appellent les amis du MesDef, parce qu'ils ont remarqué que ceux-ci veulent toujours tout et même plus, au point de s'approprier toutes sortes de choses qui ne leur appartiennent pas le moins du monde.

Le MesDef : il s'agit de l'association des patons, ex-entrepriseurs finalement exonérés de Cotisations SoCiales. Le nom a été choisi pour représenter les multiples "def" que s'octroient ses adhérents. Il peut s'agir de sexe avec les Défloraisons de jeunes stagiaires prépubères ou les Déformations (généralement anales mais pas seulement) qu'ils infligent à leurs employés, mais aussi de stratégie avec les Défenses du capital ou les Défis que représentent les nouveaux marchés émergeants, ou encore de simples conneries, car le paton est blagueur, avec les Défécations qu'ils aiment mettre dans les bottes de leurs amis, ou les Défaillances volontaires de leurs ascenseurs pour observer le défilement des salariés à la débauche. Sans oublier la Défonce bien sûr, devenir paton ne fait pas oublier la drogue.

Les Retraités : on appelle de cette façon la partie de la société considérée comme nuisible par les patons, celle qui ne peut plus travailler mais touche malgré tout une pension. Tout comme une masse de déchets malodorants, il s'agit de les retraiter au plus vite afin qu'ils cessent de pomper de l'argent aux caisses de Sécurité SoCiales.
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