Signification :

Devenir Sainte, avoir passé commande d'une brioche nouvelle qui fait un petit ventre. ( source )


Origine :

L'origine de cette expression est précisément située au milieu du quinzième siècle, peu après la condamnation au bûcher de Jeanne d'Arc. Celle-ci, considérée comme la libératrice du peuple français, fut brûlée vive par l'oppresseur anglais, avant d'avoir pu connaître un homme. Cette exécution sordide participa à la renommée de la Pucelle d'Orléans, et les gens se mirent à parler d'elle en tant que Sainte Patronne du Royaume de France. Parfois, on disait d'elle qu'elle était un ange envoyé par Dieu en personne pour libérer le peuple français, ce qui expliquait sa réserve vis à vis du sexe opposé, et même du sexe en général, mais son implication extrême dans les affaires militaires. C'est donc naturellement qu'on dit qu'elle fût tombée en Sainte. Sur le coup, l'église catholique, ayant la mainmise sur toutes les affaires de Dieu en France, reconnu que le procès en hérésie était une supercherie et s'empressa d'établir un jugement en réhabilitation concluant à l'innocence de Jeanne d'Arc et l'élevant au rang de martyre. Un bien moindre mal comparé à la perte d'une bonne majorité de croyants vers d'autres religions plus clémentes avec l'héroïne française. Et ce n'est que bien plus tard, au début du vingtième siècle, que cette dernière fut finalement béatifiée, afin qu'on l'admire, et canonisée, pour qu'on la célèbre. C'est alors qu'on put officiellement dire qu'elle était tombée en Sainte.


Pour aller plus loin :

On prend souvent l'expression pour l'inverse de ce qu'elle est, à savoir porter un enfant. Mais cet usage ne fut introduit que bien plus tard, lorsque l'expression originale eût été répandue sur toute la France. Dans certaines régions, où les femmes sont honorées de bien nombreux usages, il était de coutume de profiter de la faiblesse morale conséquente à une chute pour s'accorder les faveurs d'une dame en la relevant et en la consolant. A l'époque, la virginité et la Sainteté d'une femme étaient étroitement liées, puisque l'église catholique imposait l'une pour prétendre à l'autre, même s'il ne s'agissait bien souvent que de rentrer dans les ordres religieux. On disait donc des jeunes pucelles qu'elles étaient "en Sainte". Bien vite, on se rendit compte que lorsqu'une femme tombait et qu'elle était encore "en Sainte", ou du moins officiellement célibataire, elle trouvait rapidement mari et donnait la vie dans l'année. Alors, l'expression fût vicieusement déformée pour exprimer le fait qu'une femme allait bientôt donner la vie.
Peu après, peut-être sous l'impulsion de l'église qui ne voyait pas d'un bon oeil l'utilisation d'une image de sainteté pour parler de la procréation, et surtout du sexe qui l'accompagne, mais peut-être aussi par crainte des réactions de celle-ci si l'usage de l'expression se généralisait, on dériva quelque peu la phrase en "tomber enceinte". On y apporta une justification fallacieuse, à savoir que la grossesse serait similaire au fait que la mère serve de rempart aux aggressions extérieures pour l'enfant qu'elle porte, et qu'il était donc naturel qu'on compare son état à l'enceinte d'un château fort. Mais on dit aussi que la tradition voulait que les seigneurs protègent les femmes grosses, et qu'elles avaient donc droit en priorité à la protection de l'enceinte des cités, ce qui aurait pu expliquer le fait de "tomber enceinte". Bien entendu, aucune de ces deux origines ne semble plausible lorsqu'on connait les circonstances de la naissance de l'expression, et il est probable qu'elle ne furent que des justifications fournies pour apaiser les autorités religieuses.


Réactions du public :

"Les mamans elles doivent manger beaucoup de choux pour avoir un garçon, et beaucoup de roses pour avoir une fille.", nous explique le petit Hugo, 5 ans, armé de ciseaux et d'une règle pendant son cours d'art plastique.
"Mais c'est impossible, on a pas... oh non ! Alors là elle va m'entendre.", s'exclame Marco Culphier, 35 ans, cadre très dynamique se tuant à la tâche 80 heures par semaine.
"C'est une bénédiction !", confirme le Pasteur Saitrotaud lorsqu'il apprit la nouvelle, la médecine l'ayant déclaré stérile.
Retour à l'accueil