Chers Lecteurs,


Vous êtes de plus en plus nombreux à vous plaindre de la qualité des articles publiés ici même. Les phrases sont trop longues, trop complexes, trop pompeuses, les thèmes ne sont pas inspirés, les coins ne sont pas aspirés et il y a de la poussière dans l'air. J'en passe et des meilleurs. Vos reproches pleuvent dans ma boîte aux lettres que, par chance, je ne consulte jamais.

Vous me réclamez des sujets plus drôles, des phrases plus drôles et une odeur moins drôle. Vous voulez revenir sur votre investissement, en temps, en usure, en consommation d'électricité et en abonnement à internet que la lecture de cette page vous coûte. Et je peux comprendre qu'avec autant de frais, vous vouliez autre chose que des textes incompréhensibles et donc très peu amusants. Je devrais vous fournir, que dis-je, je vous dois, au moins un bon rire par paragraphe accompagné de deux ou trois sourires. Et c'est bien là le minimum syndical. Et en effet, votre exigence dépasse de loin mes performances, et votre déception ne cesse de s'accroître. J'en conviens aisément, certains en étant même venus à dire, je cite, "mouais ... bof", ce qui est symptomatique du manque de ludicité de l'activité, et non pas de lucidité de l'intervenant.

Pour exemple, la dernière catégorie créée possède un nom qui n'a aucun sens, ou alors celui-ci se trouve tellement capilotracté que même en vous arrachant les cheveux dessus il ne vous saute pas aux yeux. De plus, le contenu de la dite rubrique est totalement incohérent. Un homme entre dans un café, et plouf. Ca c'est drôle ! Ca c'est marrant, poilant, de l'humour, que dis-je, un délice zygomatique. Autre chose que cette histoire de cravate et de membres postérieurs fracturés qui n'a pour elle que de comporter des dialogues vites lus.

De mon côté, je dois vous avouer que je ne compte plus le temps que me demande l'entretien de toute cette machinerie. Cela représente plus de temps que vous ne passerez jamais à en lire le produit. Rendez-vous compte ! Et je vous passe l'usure du clavier, bien plus dommageable que celle de la souris. Bon, j'admets volontier en tirer un certain contentement lorsque je me relis, et il se peut même que j'en souille mes linges. Ce qui finalement ne fait qu'ajouter du travail en plus. Et je vous passe le comportement plus que surprenant de mon grade d'écrivain*, s'effondrant à chaque pic de popularité pour ne remonter que faiblement lorsque les visiteurs désertent, achevant de m'infliger déceptions en chaîne et remise en question profonde et douloureuse. Ce qui constitue un truisme, enfin je crois, mais ne remet pas en cause la conformité de ce texte avec les exigences de la norme EXO-1624JC pour la compatibilité des écrits avec la religion musulmane, celle-ci n'ayant de toute façon jamais été respectée par ici. Je parle de la norme, bien entendu. Je ne vois pas pourquoi je manquerais de respect à une religion en particulier. J'abrège.

Compte tenu de notre insatisfaction réciproque, je me vois contraint d'être dans l'obligation de vous annoncer la fermeture temporaire de ce blog. Je comptais sur les revenus de mes articles pour pouvoir financer la mise à jour de mon humour vers un nouveau modèle correspondant mieux à vos goûts, et qui m'a été généreusement proposé par A.Y. Caramba sous peine de poursuite pour non conformité des outils humoristiques dans le cadre d'une activité comique peu probante, et usage de formules emphatiques à usage pseudo-sarcastique. Mais finalement, votre mécontentement ne me permettra pas de financer pareil projet et je me vois dans l'obligation de repartir de zéro en demandant une aide au financement de l'investissement endémique aux autorités supérieurs de la convivialité. De la réponse de celles-ci dépendra la poursuite ou non de l'activité.

A demain, donc.


Cordialement,
Stabbquadd.


PS : Cordialement ne signifie pas que je vais me pendre. Ma souris n'est pas filaire.


* Il s'agit d'un pourcentage de valeur attribué arbitrairement selon un mode de calcul suffisamment compliqué pour que ses résultats soient paradoxals, mais pris suffisamment au sérieux pour y indexer la rémunération d'un auteur. Ainsi, plus l'auteur est lu, et moins celui-ci touche par visiteur, de sorte que ses revenus oscillent constamment entre cinq et dix centimes par jour, peu importe sa popularité. Ca met du beurre dans les épinards comme on dit, mais qu'à Noël.
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