Depuis plusieurs mois déjà, Stabbquadd, puisque c'est le nom qu'il s'est choisi, trouble son lectorat, par ses articles drôles et déconvenus, absurdes et spirituels, ne ratant pas une occasion de
ne pas parler de sa vie quotidienne, ni de l'actualité. Pourtant, le format qu'il a choisi, le blog, aurait été le support rêvé pour ces sujets populaires et demandés. Nous vous proposons
aujourd'hui de revenir avec son auteur sur ce qui est sans doute aujourd'hui le blog le plus contournable de l'humour sarcastique et satirique, au travers d'un interview que nous espérons aussi
niais que ceux produits par les médias traditionnels.
La Fuite du Cerceau : un sablier de l'apocalypse !
Stabbquadd, le journaliste : Pourriez-vous s'il vous plait nous expliquer quel a été votre parcours pour en arriver là ?
Stabbquadd, l'écrivain à un succès : Tout d'abord, je voudrais exprimer qu'il ne me plait pas du tout, mais que je vais être conciliant, pour une fois, car je pense à mes lecteurs qui se
posent tant de questions sur moi qu'ils en remplissent ma boîte mail, m'obligeant à trier mon courrier pour enfin pouvoir y récupérer les spams qui me permettent au quotidien de remplir ma
pharmacie personnelle de comprimés de sucre et de farine. En ce qui concerne mon parcours, puisque je réponds à vos questions par internet, sur mon ordinateur, il n'a pas été très compliqué. Du
canapé, j'ai dû me lever, esquiver la table du salon, et rejoindre enfin le bureau pour m'installer devant mon écran. Rien de formidable en soit.
SLJ : Mais comment vous est venue l'idée de créer le blog ?
SLEAUS : J'ai créé ce support car c'est ce qui me correspondait le plus. J'ai pensé aux quotidiens qui tirent tous les jours des dizaines de pages, et je me suis dit que pourquoi pas moi.
Mais, comme je ne dispose pas de plus d'une quinzaine d'euros à investir dans ce projet ambitieux, je me suis dit qu'internet serait le plus simple pour moi. J'ai donc profité de mes
connaissances pointues en informatique pour créer la première plate-forme de blogs, aujourd'hui disparue parce que je n'avais pas que ça à faire. J'ai ensuite attendu qu'on me pique l'idée et
qu'on en fasse un truc esthétiquement plus agréable afin que je n'ai plus qu'à sauter sur l'occasion d'avoir un beau blog sans rien faire. Il ne me restait plus qu'à m'inscrire, et j'ai choisi
une plate-forme française parce que je suis français, patriote, raciste, prétentieux, affabulateur, antisémite, un bon gros con en définitive, et que je l'assume.
" Je suis un gros con antisémite, et je l'assume ! "
SLJ : Mais où trouvez-vous votre inspiration ?
SLEAUS : Dans mon jardin. J'ai plusieurs arbres à sujet, et quelques plantes astylistiques, dont un cavannier, des progets et autres nabiens. Alors chaque jour, je cueille un sujet, je
l'assaisonne selon l'humeur, et je passe au raffinage et à la distillation, pour vous fournir enfin ces joyaux ennivrants qui vous comblent quotidiennement.
SLJ : Et comptez-vous continuer encore longtemps ?
SLEAUS : Je seul le sais.
SLJ : J'ai l'impression que cet interview vous ennuie. Malheureusement je dois tenter de produire un interview de niveau professionnel et je me contrefous donc complètement de vos
sentiments. De plus, pour m'assurer que mon papier ne sera pas trop intéressant, ce qui serait renier complètement mes études de journalisme, votre état-d'esprit est exactement ce qu'il me faut.
Donc, poursuivons, avec des questions que j'espère encore plus stupides que les premières.
SLEAUS : Quel challenge !
SLJ : Comment écrivez-vous vos articles ?
SLEAUS : Record battu, félicitations. En plus, j'ai déjà répondu à votre question. Je vais dans mon jardin, je cueille un sujet, je l'admire quelques heures pour savoir s'il sera bon et
quel assaisonnement choisir, et enfin je passe en cuisine pour le taper, afin de lui donner la forme que je veux.
" Je pourrais très bien être schyzophrène ! "
SLJ : Mais la fréquence de publication, d'un article par jour, n'est-elle pas un frein à votre créativité ? Le jardin ne s'épuisera donc jamais ?
SLEAUS : Je vous prierais de rester en dehors de mes métaphores s'il vous plait. Ou au moins essuyez-vous les pieds. Quant à la fréquence, sachez que la contrainte est ce qu'il se fait de
mieux pour obtenir de la qualité. Regardez les chinois, ils n'ont aucun choix, aucune perspective en dehors de ce qu'on a prévu pour eux, ce qui les soulage d'un grand poids et les motive dans
leur seule raison de vivre, le travail. Pas d'esprit de compétition entre eux, il n'y a rien à gagner. Pas de temps pour réfléchir à son avenir, il n'y en a qu'un. Vraiment, la contrainte, c'est
bon, mangez-en. Les chinois l'ont bien compris, et regardez-les, ce sont les maîtres du monde !
SLJ : Mais personne ne vous impose tout ce travail.
SLEAUS : Vous n'en savez rien. Je pourrais très bien être schyzophrène et qu'un moi impose à l'autre tout ce boulot, car c'est vrai que j'y passe un temps incroyable. Si ça se trouve, tout
est dans ma tête, notre interview ensemble, tout ça, vous êtes peut-être rien qu'un autre moi un peu trop curieux !
SLJ : Pour conclure, je voudrais vous demander. Quel est votre objectif avec ce blog ?
SLEAUS : Je veux devenir le maître du monde à la place des chinois.
" Je veux devenir le maître du monde à la place des chinois ! "
SLJ : Stabbquadd, merci d'avoir consacré un peu de votre temps pour répondre à nos questions. A très bientôt !
SLEAUS : C'est moi qui vous remercie, Stabbquadd, adieu.
Raymond Queneau ? Je crois bien qu'on avait voulu me forcer à lire un livre de lui qui parlait d'une chanteuse que je méprise je crois, mais ça n'avait pas marché. Peut-être que maintenant que j'en ai la liberté je le ferais plus volontier.
Comme quoi on pourra dire ce qu'on veut, mais la contrainte...
Non mais c'est vrai quoi, je fais un blog pour me faire mousser et vous me volez la vedette, pas croyable ça. Ou alors ne vous restreignez pas mais écrivez plus petit... !