Chers Lecteurs,


Vous êtes de plus nombreux à vous être habitués à cette catégorie, et plus aucun de vous n'en redoute les articles. Pourtant, beaucoup d'entre vous se sont plaints de la violence dont regorge ce blog. De la violence morale, certes, mais également de la violence physique, voire même sexuelle, et de la violence violente, la pire de toutes. Alors, vous désertez un par un mes textes, de peur d'y être choqué, mordu, frappé, brûlé, caillassé, enfin lapidé, caressé, écorché, torturé, écartelé, bref, plein de verbes du premier groupe sauf un, mais tous désagréables, sauf un, voire deux ou plus en fonction de votre goût pour la souffrance. Car oui, ne restent plus ici que les fanatiques de la douleur, les pervers, les dépravés du gland ou de la vulve, et les curés, mais pour une autre raison, enfin je crois.

Alors à toi, l'homme à la cigarette fumante coincée dans la raie, et à toi, jeune femme volage aux moeurs étranges et à la combinaison de cuir noir, je veux demander de l'aide. Contactez-moi au plus vite, et vous aurez la primeur de mes textes. Tant qu'ils vous plairont, j'éviterai de les publier, dans l'espoir de redonner un peu de lustre à cette urne malsaine de ma composition et qui embrigade les âmes pour en faire les suppôts du diable en personne. Car Satan est malade, et il faut bien qu'il se soigne. Vous n'imaginez pas à quel point je m'en veux d'envoyer mes lecteurs directement dans son anus, non, vous n'imaginez pas. C'est pour cette raison qu'un tri préalable est nécessaire, et puisqu'il est impossible d'écrire quelque chose qui ne pourrait gêner personne, la démarche inverse s'est imposée à moi. Si un marginal comploticien et anarchiste bourré de piercings aime une de mes compositions, il me faut la détruire, surtout si le gars est communiste. De telle manière, avec un seul avis, je suis certain que ce qui restera à publier sera parfaitement consensuel à tous les points de vue. Pas fou, l'asticot. Non parce que j'aurais pu dire pas folle la guèpe, mais j'essaye de lancer une mode.

Cher vous deux, donc, qui êtes déjà en train de vous tripoter, je dois vous expliquer pourquoi je souhaite redresser la ligne éditoriale de ce lieu. Comme vous devez vous en douter, nous sommes malades, tous les trois, oui. Nous souffrons d'une maladie récursive, et c'est triste à dire, mais c'est un cercle vicieux. Souffrir de cette maladie nous apporte du bien être, ce qui plonge encore plus dans la souffrance, et ainsi de suite. Comment sortir de ce problème qui n'en est pas un pour nous individuellement, mais pour tous ceux qui ne sont pas nous, et qu'on appelle vulgairement les autres, même s'ils ne répondent pas. A l'heure actuelle, il n'existe aucune méthode de soin pouvant nous alléger de la charge que nous sommes pour les gens, qui est un autre nom des autres. Il nous faut aller plus loin qu'un simple rétablissement, qu'une simple évacuation de la maladie. Il nous faut nous prévenir, et c'est ce que je fais en ce moment même. Je ne vous l'ai pas signalé plus tôt, car je vous connais, je suis comme vous, vous vous seriez enfuis pour ne pas risquer d'être normal. Mais c'est trop tard désormais, puisque je vous ai prévenus. Vous n'avez donc plus le moindre problème, et vous n'êtes même plus capables de regretter votre marginalité passée. Mieux vaut prévenir que guérir, disait Pasteur, ou un autre parmi les autres. Et vous voilà rétablis, mieux que guéris de cette perversité sournoise qui vous rongeait les entrailles du dedans de la tête, là où c'est tout blanc et ça colle.

A tous ceux qui liront ce message, je veux leur dire que je suis guéri, que nous sommes guéri, que c'en est fini de toutes ces attaques à demi-masquées contre tout et n'importe quoi. Désormais, il n'y aura plus ici que rire et bienveillance, convivialité et fadeur, chienlit et stupidité... Oups pardon, j'ai failli faire une rechute.
Dès demain, les articles seront le reflet de votre médiocrité intelligence, toute particulière. Dès demain vous ne trouverez plus ici que des blagues copiées et collées d'un site d'humour sélectionné pour la rigueur de son respect envers toute catégorie de personne, quelqu'en soit le critère de tri. Avec, il y aura des images, récupérées sur yahoo, ce formidable réseau mondial qui connecte les ordinateurs entre eux et leur permet de s'envoyer des mails pour agrandir le pénis. Et parfois, vous aurez droit à un poème, en rime, mais sur un seul pied, voire une seule lettre, le "é". Il y sera question de mon repas de midi ou de mon problème de vessie, mais faut pas trop en demander, j'en reviens au rimes en "é". Je vous gratifierai des derniers résultats des Oeufs Geôle un Pic*, cette formidable manifestation où des gens, enfermés dans une cage, se font triturer le bide avec une lame pour avoir cassé un oeuf sans le manger, signe virulent de protestation envers le régime légitime d'un gouvernement incontestable. Enfin, je vous offrirai mes meilleurs recettes de cocktails sans alcool, comme le jus de mangue à la carotte rapée et à la ciboulette ou le gratin de saucisson aux croûtons à l'ail. Si avec ça je ne deviens pas la référence culturelle mondiale de la blogosphère francophone, je veux bien vous arracher un bras et le manger cru. La gloire n'attend plus que moi, et j'ai peur qu'elle s'impatiente, alors j'y vais maintenant.

On se voit demain, pour parler de la fête du slip et du cantal.


Sincèrement,
Stabbquadd.


PS : Sincèrement ne signifie pas que je raconte n'importe quoi en essayant de paraître sincère, c'est même plutôt l'inverse.


* Toute ressemblance avec un événement prochain serait purement fortuite, puisque ce dont je parle s'est achevé hier pour ne reprendre qu'en septembre. En plus, la manifestation que je vous propose de suivre à travers moi (c'est si bon) se déroule dans un régime totalitaire où les présidents vident les caisses de l'état pour en donner le contenu à leurs amis, au travers d'un semblant de tribunal dont la décision est en fait totalement arbitraire (et qu'on appelle donc tribunal arbitral**). Rien à voir, donc, avec rien d'autre que ce que c'est vraiment que je n'ai rien à me reprocher, et vous non plus.

** Toute ressemblance avec une quelconque autorité juridictionnelle ou judiciaire ou de quoi que ce soit d'autre qui fait du jus de dictionnaire serait purement fortuite. Non moi je vous parle du genre d'endroit où on désigne des amis d'un ami pour juger cet ami, ce qui ne peut arriver qu'en dictature. Si vous n'arrivez pas à voir la différence avec votre pays, vous devriez commencer à vous poser des questions. Première chose pour savoir si votre pays est une dictature, observez votre président. S'il prend toutes les décisions, donne son avis sur tout, intervient où il veut et quand il veut, donne votre argent à ses amis, s'habille richement, est copain avec des milliardaires et utilise les femmes comme des mouchoirs pour s'éponger le bout du gland***, vous êtes en dictature. Si au contraire vous êtes dans un pays libre dont le président vous traite avec respect sans jamais hausser le ton ni devenir vulgaire, et que vous remarquez qu'il défend tous ses concitoyens, même ceux qui ne sont pas d'accord avec lui, ainsi que les étrangers, dans le respect des droits de l'homme, alors vous avez de grandes chance d'être en démocratie. Profitez-en, ça pourrait ne pas durer.

*** Non là vraiment ça commence à être ennuyeux vos soupçons. De toutes façons je parlais d'un grand, là, voilà, un mec taillé comme un basketteur et qui met pas de talonnettes. Vous êtes rassurés ? Non non mais ce n'était pas péjoratif, j'aurais très bien pu dire aussi, euh, je sais pas moi, que le type dont je parle, euh, ben tiens, voilà, c'est un étranger, genre bah un Hongrois, euh non pardon, je retire, c'était un Polonais en fait, voilà, un plombier Polonais. Alors vous voyez, ça n'a rien à voir. Hum, pas très claire cette phrase. Tant pis.
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