Hypothèses de départ :

  • Briser un miroir porte sept ans de malheur.
  • Les miroirs peuvent dire qui est la plus belle.
  • Les miroirs peuvent être déformant, sans tain, polis, et réfléchissant.
  • Le miroir aux alouettes est un piège.


Problèmes induits :

  1. Un miroir poli dira-t-il toujours à la personne en face de lui qu'elle est la plus belle ?
  2. Qui se cache derrière les miroirs sans tain pour juger de l'apparence des gens ?
  3. Un miroir aux alouettes réfléchissant peut-il battre un champion d'échecs ?
  4. Briser un miroir déformant, est-ce que ça compte quand même ?


Démonstrations :

  1. Installons en face d'un miroir poli la femme la moins physiquement attirante que nous connaissons, et demandons-lui de s'entretenir avec le miroir de la plus belle femme du monde, pour voir. On remarque très rapidement la gêne qui s'installe du côté du miroir. Celui-ci étant trop poli pour mentir, mais également pour critiquer son interlocuteur, se contentera d'un pesant silence valant déjà la moitié d'une réponse. Dès lors, il semble que cette première interrogation peut-être répondue. Non, les miroirs polis ne sont pas nécessairement hypocrites, et il leur arrive de préférer le silence à toute remarque désobligeante ou trop peu crédible.
  2. Prenons un miroir sans tain et, afin de s'assurer d'une réponse sans équivoque, plaçons face à lui la plus belle femme que nous ayons sous la main, ou autre part. Installons le miroir devant l'ouverture de même dimension pratiquée dans un mur, et déplaçons la femme en conséquence. Assurons-nous qu'il est possible de voir celle-ci à travers le miroir lorsqu'on se trouve de l'autre côté, et plaçons une caméra qui enregistrera les évènements qui se dérouleront dans cette salle. Enfin, revenons aux côtés de la demoiselle et demandons-lui de s'enquérir auprès du miroir de la plus belle femme du bâtiment, pour ne pas trop prendre de risques. Lorsque la femme pense avoir reçu sa réponse, allons visionner la bande. On constate alors avec surprise que celle-ci est presque totalement noire. Visiblement, personne n'est entré dans la pièce d'observation, à moins qu'il n'ait pas allumé la lumière. Le juge mystère ne sera pas découvert aujourd'hui, mais nos experts recherchent d'ores et déjà du côté des comités de Miss sur l'emploi du temps des membres du jury au moment de l'expérience.
  3. Un champion d'échecs avec un nom en "-ov" est placé face à un miroir aux alouettes réfléchissant. Entre eux deux, on dispose un plateau d'échecs, avec les pièces déjà installées dessus. Puis, il ne reste plus qu'à observer le déroulement des opérations. La partie terminée, on renouvelle l'expérience plusieurs fois, en changeant de miroir et de champion. On remarque que deux résultats semblent se démarquer de la masse de statistiques obtenue. Tout d'abord, certains humains à la concentration infaillible parvinrent à gagner toutes leurs parties, sans exception. Mais toutes furent remportées par forfait, le miroir ayant obstinément refusé de jouer son tour. D'un autre côté, d'autres champions d'échecs perdirent toutes leurs parties, par forfait également, incapables de produire un premier mouvement face à leur propre reflet aux alouettes. On pourra donc en conclure que les miroirs ne jouent que des parties qu'ils sont sûrs de gagner, mais que les parties d'échecs contre eux sont toujours plus du ressort psychologique que stratégique, et se terminent toutes par un forfait de l'un ou l'autre des adversaires.
  4. Demandons à plusieurs personnes de prendre avec elles un miroir déformant et de le briser chez elles, afin d'être certains que ni l'équipe scientifique ni les conditions expérimentales n'influeront sur la vie quotidienne de nos cobayes. Revoyons l'échantillon représentatif de quinze personnes une semaine après et demandons-leur si leur vie a connu des changement depuis. Comparons ensuite ces résultats à un autre groupe n'ayant pas brisé de miroir et à un troisième ayant brisé des miroirs tout à fait normaux. Très vite, on remarque la ressemblance entre les symptômes du premier et du dernier groupe, tandis que le second ne subit aucun changement. Dans les deux groupes atteints, une moyenne de deux personnes ont perdu leur femme pour avoir cru qu'elle allait tout remettre en ordre, sept personnes se sont blessées au pied et presque tous souffrent de coupures plus ou moins graves aux mains. L'une d'elle perdit même un doigt. La conclusion s'impose donc d'elle même. Oui, les miroirs déformant portent malheur lorsqu'ils sont brisés, au moins autant que les autres.

Conclusion :

Ce qui surprend le plus lors de l'étude des miroirs, c'est leur intelligence. Lorsqu'ils se savent filmés, ils n'allument pas la lumière afin de ne laisser aucune trace. Lorsqu'ils disputent une partie d'échecs, ils la mènent d'un point de vue psychologique et gagnent irrémédiablement, ou abandonnent avant même le premier coup. Lorsqu'on leur présente une vieille sorcière, ils évitent de répondre à sa question de savoir "Qui est la plus belle ?". Mais le plus important, c'est que quelque soit la forme du miroir, le briser porte toujours malheur.
Alors, les miroirs ne sont peut-être pas des créatures démoniaques, mais une chose est certaine : elles ne se laissent pas faire et sont capables de surpasser certains humains que l'on croyait pourtant dans l'élite de la population. Les critères restent encore inconnus, mais il semble évident qu'une nouvelle caractéristique humaine a été mise à nu. La sensibilité aux miroirs est en effet cruciale lorsqu'on souhaite disposer d'équipements narcissiques.
La preuve est donc faite que les miroirs vivent sur un plan différent du notre et sont capables d'en user pour nous déstabiliser, mais la question reste entière : les miroirs sont-ils les portes des enfers ?
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