Comment ? Déjà la cinquième leçon ? Ma foi, mais vous allez bientôt être ambidextre ! Ne nous arrêtons pas en si bon chemin, on y est presque... Je ne sais vraiment plus quoi inventer pour vous inciter à suivre mes cours, c'est dingue. Je ne vais quand même pas vous payer pour venir en cours, je ne suis déjà pas, moi-même, rémunéré, faut pas déconner. Bon, allez, sans transition, commençons.
La dernière séance, sans chanson, ceci sonnant sans nécessités en assonance,  nous nous étions arrêtés, las, ici, en plein milieu d'une semaine commençant étrangement par un jour chômé, la classe. Maintenant qu'on a commencé, bouclons la semaine afin de revenir en plein milieu d'un week-end bien mérité.


MERCREDI :
Le jour des enfants. Non parce qu'il leur appartient, ni vraiment parce qu'ils en sont les auteurs, mais surtout parce que depuis toujours, on réserve à ses gosses une journée d'attention plus ou moins enchantée. Pour les épuiser, généralement, afin que le reste du temps, ils nous foutent la paix. D'ailleurs, en anglais, le nom du jour a été inventé par un enfant, pour lui faire plaisir, ce qu'il ne manqua pas d'oublier le soir venu lorsqu'il refusa d'ingurgiter une pourtant succulente soupe aux poireaux. Wednesday, qu'il s'appelle, donc, en anglais, le mercredi. Pourquoi ? Demandez à un gamin de trouver un nom pour un jour, et vous aurez la réponse. Et puis, sans déconner, quand même, ça fait classe, d'avoir un jour de la semaine qui commence par un "W". Sans compter que ça aide bien mamie au scrabble.
Attention : vous pourriez être tenté de penser que ce mot se prononce d'une certaine façon. Et bien si vous voulez, on a qu'à dire que c'est ça, parce qu'il est en réalité totalement imprononçable. D'ailleurs, les anglais eux même continuent de l'écrire "Wednesday" mais préfèrent prononcer "Wayne's day", parce qu'ils ont bien aimé Wayne's World et que Wayne Campbell, le héros, est un grand enfant, après tout. En français, ça s'écrirait "Ouennesdeille". Tout un programme.

MALEDICTION :
Pourquoi apprendre un mot pareil en plein milieu des jours de la semaine, quel rapport, non mais franchement ? Calmez-vous, je vais vous expliquer. J'en ai besoin pour vous expliquer le prochain jour. Oui, jeudi, regardez plus bas, vous voyez, j'y viens, alors laissez-moi parler maintenant. Pour traduire la malédiction dans sa langue, l'anglais s'est d'abord renseigné. C'est qu'il est sacrément sérieux, ce Monsieur. Aussi ingurgita-t-il un chapelet de films d'horreur (les seuls parlant de malédictions) afin d'y trouver l'inspiration. Et voilà, il appela ça une course. Et on voit bien dans ce mot toute l'influence des films d'épouvante, puisqu'en definitive, une malédiction ne fait pas nécessairement courir. Surtout lorsque celle-ci est censée nous paralyser, par exemple. Mais bon, voilà, le mot anglais pour malédiction est "curse". Le "o" a disparu, pour faire plus anglais, vous comprenez. C'est pas beau, un "o", on dirait un trou du cul. Ou un vagin, on se souvient par exemple de l'ajout, notamment, d'un "o" au mot "homme", en anglais, pour faire "femme".
Attention : dans ce mot, le "u" se prononce "e", comme dans le soleil, "the sun". On prononcera donc "queurse" où on lira "curse".

JEUDI :
Après le jour des enfants, il restait encore à l'anglais trois jours à nommer. Le problème, c'est que s'il avait déjà confié à son môme le soin de choisir le nom d'un jour, c'est qu'il n'était lui-même plus très inspiré. Alors il commença à utiliser une simple description de ce que lui évoquait le Jeudi pour le nommer en anglais. Ainsi, le jeudi étant le jour le plus long, celui qui n'en finit pas, alors même qu'il nous reste encore une journée à tirer avant le week-end. Bref, une plaie. Ou une malédiction. On le nomma donc "The curse day", qu'on raccourcit bientôt en "Thursday" pour aller plus vite, soit une économie de trois lettres et deux espaces, quand même, dans un mot de huit lettres, ce n'est pas rien. En plus, ça permit à l'anglais de caser une autre lettre difficile, le "h", dans un mot très courant. A cet époque, l'anglais devait beaucoup user son plateau de scrabble.
Attention : vous vous souvenez de la prononciation des mots "curse" et "the". La partie de "thursday" qui a hérité du mot "curse" se prononce de la même manière. Par contre, le "Th" du début, non. Ainsi, on dira "Soeursdeille" plutôt que ce que vous aviez prononcé au départ. Oui, je vous avais entendu. Comment ? Ca ne vous regarde pas, j'ai des oreilles partout, même dans le futur de la page de quand vous lisez cet article, ha ha, je suis tellement doué.

VENDREDI :
Le jour du poisson, n'est-ce pas ? Il n'en fallut pas plus pour lui trouver son nom. Je vous avais prévenu, l'anglais manquait cruellement d'inspiration à ce moment, sans doute à cause du scrabble, encore une fois. Mais j'aimerais bien vous y voir, vous, avec une langue entière à inventer. Bref, donc, le jour de la friture s'appellerait donc, désormais, "friday", de frit, comme la friture, et de day, le jour.
Attention : le "R", prononcé en anglais, est entre notre "R" et notre "L". Sans doute parce qu'un jour où l'anglais était bourré, il confondit sa main droite avec sa main gauche, en anglais deux mots commençant par "L" et "R" que nous verrons plus tard. Ayant inversé les deux, il tenta de se rattraper en disant que oui, mais dans sa langue, ça se prononçait presque pareil. Depuis, il traîne ce défaut d'élocution dans tous ses mots. On dit donc pratiquement "flailledeille" là où on lit "friday". Voilà voilà !

SAMEDI :
Ha, enfin on en voit le bout, de cette semaine de malheur. Et on finit par un jour pas si reposant que ça : le jour des courses. Celui où on va au supermarché, quoi. Celui où on se retrouve dans sa voiture à faire la queue pour aller chez Ikea alors qu'on a rien à y faire mais qu'on peut pas y aller en semaine et que bonbonne elle voulait absolument voir la petite table basse que son filleul a acheté. Celui où on subit des embouteillages qui n'en finissent pas pour aller acheter à boire, c'est un comble ! Bref, ce jour fut donc baptisé comme étant le jour où on prenait sa voiture, sous entendu à contre coeur. Et de "Sa voiture day" on passa rapidement à "Saturday", pour faire plus simple. Et non, l'anglais n'eut pas plus d'inspiration pour le dernier jour de la semaine, peut-être finalement le plus chiant d'entre tous.
Attention : le "u" se prononce ici comme dans "curse", mais le "a" se dit en français, puisqu'au départ il s'agit du pronom personnel "sa" qui n'a pas été modifié. On prononce donc ce mot "sateurdeille".


Et voilà, nous en avons fait le tour, du cadran hebdomadaire. Vous êtes désormais capable d'interpréter la plupart des réponses à la question "What day is it, today ?", que vous connaissez déjà. Et en plus, vous avez appris quelques mots supplémentaires, tels que "the sun" ou encore "curse". La classe non ? Vous allez pouvoir faire le malin en étalant votre science infinie au prochain repas de famille. Et même battre tout votre entourage au scrabble, qui n'osera pas vous refuser les mots anglais, trop content que vous ayez enfin appris quelque chose. Ô merveille que voici !
Bien, maintenant, puisqu'on parlait de soleil il y a peu, permettez-moi de m'éclipser...
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