A la fin de cette leçon, normalement, et si tout se passe bien, vous parlerez anglais au moins aussi bien que quelqu'un qui a déjà entendu parler de cette langue. Et vous pourrez dire bonjour. Parce que je vous rappelle qu'aujourd'hui, vous ne savez toujours pas. Ou alors pas grâce à moi. Et en bonus, je vais vous apprendre à demander aux gens comment ils vont. Même si vous vous foutez totalement de la réponse, en général. Mais vous donnerez au moins l'impression que vous vous intéressez aux autres, c'est le minimum pour engager une conversation dénuée d'insultes fleuries. Insultes que je ne vous apprendrai pas, pour vous forcer à vous renseigner sur la santé des anglais que vous croiserez. Hé hé, j'oeuvre pour la paix dans le monde, alors un peu de respect, et d'attention.


L'ENFER :
Cela peut vous sembler surprenant, mais vous commencez à avoir l'habitude et vous comprendrez rapidement pourquoi aborder ce mot avant d'apprendre à dire bonjour. L'enfer. Qu'est-ce que l'enfer ? Quelque chose de fascinant, par ce qu'il est douloureux, désagréable, sans qu'on puisse pourtant s'empêcher de penser à lui. L'enfer, c'est ce truc indispensable, necessaire, qu'on est pas et qu'on ne veut pas être, qui nous fait peur et qu'on n'arrive pas à comprendre, mais qu'on ne peut s'empêcher de cotoyer régulièrement. Bref, l'anglais l'a bien compris, l'enfer, c'est les femmes. Alors, pour que ça ne se voit pas trop, il a pris le pronom "elle" et l'a quelque peu transformer, pour produire le mot "hell". Avec un H pour bien insister sur le fait que ça a beau avoir deux "L" d'un côté, ça n'en est pas moins tranchant de l'autre.
Attention : la prononciation de ce mot, quoi que très proche de notre "elle", se retrouve légèrement modifiée par l'introduction, en "elle", du "H". Il faudra donc laisser couler votre "elle" dans un soupir pour l'envoyer en "hell". Merci.

BONJOUR :
Vous voyez, on y vient mine de rien. Abrégeons. Lorsque je croise une connaissance, dans la rue par exemple, disons qu'elle est un homme et s'appelle Francis, il m'arrive de dire "Francis ! Comment vas-tu ?", avec une hypocrisie qui frôle le génie, parce que je ne l'aime pas du tout, en fait, le Francis. Notez cependant l'interjection prénominale du début d'intervention. Non, ça ne veut rien dire, mais vous m'avez compris. Quand je ne me souviens pas du prénom de la personne, je fais "Tiens ! Euh, machin !". Et la plupart du temps, le gars s'en fout, parce que lui non plus, ne se souvient pas de mon prénom. Les anglais, pour éviter d'avoir à faire semblant, on trouvé une parade. Suivant l'expression "l'enfer c'est les autres", alors qu'il sait pertinemment que l'enfer c'est les femmes, comme on l'a vu précédemment, il décida donc, quand il ne se rappelle plus d'un prénom, de traiter l'autre de suppôt de Satan. Non ce n'est pas méchant, pas du tout, ils s'en amusent beaucoup. C'est comme dire à son meilleur ami "Comment tu vas, bougre de salaud !". C'est même plutôt flatteur en fait, quand on est dans le délire. Enfin bref, quand les anglais parlent d'une chose relative à une autre, ils ajoutent le suffixe -o à cette autre chose. Pour le commun croisé dans la rue, ils disent donc "Hello !". Ce qui finit par être l'équivalent du français "Bonjour".
Attention : la prononciation est d'enfer, mais pensez à ajouter le -o à la fin !

TU, TOI, VOUS :
Vous souvenez-vous de "je" ? Vous avez révisé vos leçons, j'en suis sûr. Vous vous souvenez donc de "I am", je suis. Mais pour l'autre, celui auquel on s'adresse, tout restait encore à faire. Par où commencer ? Déjà, il faut un mot court. Il faudra le répéter souvent, et on ne voudrait pas avoir à trop se fatiguer pour la phrase la plus simple. Disons une syllabe, consonne plus voyelle. Pour la voyelle, c'était tout vu. Pour marquer le respect, en français, on dit "vous". Le "s" est par ailleurs parfaitement inutile. L'anglais prendra donc le "ou", aussi bien pour "tu" que pour "vous". Comme ça, il pourra tutoyer tout le monde respectueusement, c'est un gentleman. Pour le "tu", l'anglais reprit en premier lieu la consonne, mais y ajouta un "H", parce qu'il aime bien en mettre partout. Vous l'avez sans doute déjà remarqué. Ce qui fit "thou", mot imprononçable au demeurant, mais qui satisfit longtemps l'anglais. Et pour le "vous", il le laissa tel quel, mais sans le "s" inutile. Lorsqu'il en eut marre de butter constamment sur le "thou", il remplaça le "th" par le "i" de je, pour marquer le singulier. A l'écrit, afin de mieux différencier le tout, il plaça un "Y", créant le "you". Par la suite, l'anglais se mélangea, et le "vou" fut confondu avec le "you". Comme leur orthographe était voisine, il ne garda que le "you", qui serait dorénavant singulier et pluriel.
Attention : il n'y a pas de piège, prononcez un "i" suivit d'un "ou" lié. Et vous aurez votre "you". Pour faire style américain, vous pouvez même ajouter un a entre les deux, ce qui donnera phonétiquement "yaou", comme un yaourt.

TU ES, VOUS ÊTES :
Tu et vous étant le même mot, il était normal que la conjugaison du verbe être, "to be", soit la même pour les deux. Le "I am" valorisant sa propre personne, le "you ..." se devait de dévaloriser l'adversaire. Oui, car une conversation est toujours un combat, en anglais. Mais, un combat de gentlemen, attention, pas de blessure, juste des mots. Lorsqu'il créa sa langue, l'anglais garda donc le "a" de "am", mais, afin de faire passer l'autre pour un immature, il y ajouta la lettre "r", produisant alors un homophone de "areuh". Pour insister là dessus, il conserva même le "e" et forma "are". "You are", toi bébé, voilà, na, bleuhbleuhbleuh, tapoué !
Attention : l'anglais n'ayant pas de véritable "R" dans sa façon de parler, la prononciation du "are" ne ressemble plus vraiment à un "areuh" enfantin. Ou plutôt si, le "R" n'étant pas vraiment prononcé. C'est donc plus un "ahe" qu'il faut prononcer, en pensant bien au fait que le "e" est muet. Dites donc "youaa" en fermant la bouche sur le deuxième "a", et ça devrait suffire.

COMMENT :
Mais bien sûr, pour dire "Comment allez-vous ?", il faut un "comment", ça semble évident. Pour bien comprendre ce mot, il faut savoir en quelle circonstance il fut créé. Quand vous êtes épaté, vous faites "Hooo !". Et quand ça a l'air douloureux, vous faites "How !". Et bien voilà. Ce jour là, l'anglais était au cirque, devant un contorsionniste, et se demandait comment c'était possible. Il dit donc "How it is". Qui voulait dire littéralement "How, ça existe !". Comme ça lui arrivait souvent, le How entra dans le langage courant, correspondant à notre "Comment" français. Ca peut vous parraître bizarre, mais quand on apprend à utiliser ce mot avant de connaître son origine, ça n'a rien de bizarre. Et quand on est anglais, on apprend à parler par imitation de ses parents, comme tous les humains. On se fiche donc bien de l'origine des mots, non mais alors.
Attention : pour ne pas se répandre dans des grimaces de douleur interminable alors qu'on s'enquiert de la santé de son prochain, la prononciation a quelque peu évolué. Même si le mot est toujours écrit "How", il est désormais prononcé "haow", avec le "H" au début, toujours, à ne pas oublier. Soupirez, et enchaînez les lettres "A" et "O", suivies d'un "OU", et vous l'aurez, votre "How" !


Et bien nous y voilà ! Vous pouvez dès maintenant user et abuser de la formule suivante : "Hello ! How are you ?". En effet, le verbe change souvent de place avec le sujet en anglais, je vous en avais déjà parlé. La phrase signifie donc, littéralement, "Bonjour ! Comment êtes-vous ?", qui est donc l'équivalent non scatologique de "Bonjour ! Comment allez-vous ?". Quoi ? Vous ne saviez pas qu'on parle des selles quand on demande comment va quelqu'un ? Et vous croyiez que c'était quoi ? Comment allez-vous au marché ? En voiture, merci, super, trop intéressante votre conversation...
La semaine prochaine, je ferai des oeufs durs à manger. Et pour notre prochaine leçon, nous apprendrons peut-être comment détourner un bus avec un escargot. A moins que j'ai appris d'ici là d'autres mots d'anglais à vous transmettre, comme "Au revoir" par exemple...
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