Savez-vous comment fait-on pour obtenir un air frais en toutes circonstances dans les locaux aisés, privés comme professionels ? Si oui, c'est probablement grâce à votre rang social, qui fait que vous y avez déjà eu recours. Moi, je l'ai découvert récemment, en recontrant ces gens qui ne manquent pas d'air, frais, et nous le revendent. De même que les animaux les plus dangereux, l'air conditionné l'est dans une cage. On le garde ici, au chaud, enfin non, plutôt au frais, jusqu'à en avoir besoin. Mais avant d'arriver dans la boîte à air frais, d'où vient tout cet air ?

Directement de chez l'éleveur. Si si. Il faut bien que quelqu'un le conditionne, cet air, de toutes façons. Et bien on a appelé ça un éleveur. Comme pour les animaux, une fois de plus. Son rôle est simple : entraîner l'air à être froid, quand il fait chaud dehors. A cet effet, le dompteur installe d'abord un air dans sa cage, et lui laisse un petit jour vers l'extérieur, afin qu'il sente l'atmosphère extérieure. Puis, il fait excessivement monter la température, attendant une réaction. Lorsque l'air devient trop chaud, par réflexe, il se rétracte, provoquant un petit courant d'air frais. Immédiatement, et c'est très important, l'éleveur envoie à son air une petite bouffée d'oxygène, ce dont l'air raffole. Puis, le lendemain, il recommence. A force, l'air commence à chopper le truc. Dès qu'il ressent la moindre élévation de le température, il n'hésite pas, se contracte et raffraichit l'atmosphère, espérant son oxygène. Quand l'éleveur l'estime enfin prêt, il l'installe dans une cage spéciale, la climatisation, qui détecte ses réactions et lui envoie un peu d'oxygène à chaque fois qu'il fait bien son travail. Il garde ce "climatiseur" dans son chenil pour surveiller pendant quelques temps l'évolution de la situation.

Parfois, l'air devient dépendant de l'oxygène, et reste contracté de façon permanente, ce qui est inadéquat pour tempérer la fraîcheur d'une salle. Ceux-là, il les gardera pour installer des "chambres froides", aux bouchers par exemple. Parfois aussi, l'air est traumatisé par son transfert dans une nouvelle cage, et ne fonctionne plus du tout. Il s'agit alors d'un défectueux, un ratage qui sera mis au rebus, relâché, remis en liberté, en altitude généralement, où il trouvera un air plus doux. Ce sont les risques du métier, et ce sont eux qui rendent élevé le prix de cette installation. Certains éleveurs parviendront à en faire de convenables climatiseurs malgré tout, mais dont le risque de panne sera plus élevé. Il n'est donc pas préférable de brusquer la nature des choses. Et c'est pour cette raison également qu'un climatiseur doit être révisé très régulièrement. Un aide-soignant doit venir vérifier que tout se passe bien pour l'air conditionné, qu'il tient le coup et ne nécessite pas d'être remplacé. Quand tout va bien, il vous fait un sourire et s'en retourne à son véhicule. Quand il y a un problème, il vous en parle, vous aide à prendre une décision, et vous remplace votre air par un nouveau, plus jeune, et performant. Mais ne soyez pas triste, dans le pire des cas, votre air précédent sera remis en liberté, l'air ne s'euthanasie pas !

Voyez comme les choses sont simples parfois. On s'imagine toutes sortes de systèmes complexes incompréhensibles. Et pourtant, quand on connaît les choses, quand on prend le temps de s'y intéresser, elles laissent naturellement entrevoir leur simplicité. Il faut aimer apprendre de nouvelles choses pour qu'en retour celles-ci se dévoilent !

Ah, un dernier détail. Si vous avez l'air con, n'allez pas coller ça sur le dos de votre climatiseur, ça n'a rien à voir avec l'air conditionné, même si ça commence pareil.
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