Je sais bien ce que vous pensez. Si si, je le sais. D'où lui vient encore cette crétinerie de molliversaire. Parce que bon, le septimachin, ça, on s'y attendait, et le mensiversaire, d'un point de vue étymologique, y'avait rien à dire. Déjà, le moisiversaire, ça commençait sérieusement à devenir n'importe quoi, mais au moins, ça restait drôle. Peut-être. Allez disons que oui. Mais alors un molliversaire, là c'est trop plus qu'il n'en faut ou je m'y connais pas !


Calmez-vous. Vos paupières sont lourdes. Comme moi, en fait. Chaque nouvel article est désormais un défi personnel à relever dont je suis fier de sortir victorieux. Oui, oui, même celui-là. Je sais, vous allez dire bon, le type, quand même, il se foule pas des masses, et il veut nous faire croire qu'en plus, ça lui coûte. Gonflé, le mec, déjà. Et bien oui, c'est parfaitement ça. Et alors qu'au départ j'avais trop d'idées d'articles et pas le temps pour toutes les réaliser, à force de drainer mon imagination, je n'en ai maintenant plus du tout, et je me vois dans l'obligation d'en faire livrer à prix d'or tous les jours pour vous gratifier de votre lecture quotidienne. Enfin, ça c'est pour l'éventualité où certains viendraient me lire quotidiennement bien entendu. Bref, je disais donc, il suffit qu'une seule livraison soit à la bourre, et ça me retarde tout mon planning, à moi. Ah, je vois que vous avez tenu à rester en dehors de ma métaphore. C'est très gentil à vous, mais j'ai peur que du coup, vous n'ayez pas bien saisi ce que je veux dire. En fait, plutôt que l'idée me vienne et que je la couche (ou l'accouche, c'est selon la taille de l'idée), désormais je commence à écrire bien souvent avant que l'idée ne me vienne. Ce qui explique la baisse du niveau ces derniers temps, chute vertigineuse amorcée il y a déjà très longtemps maintenant, et qui semble ne jamais vouloir s'arrêter, quitte à se planter en beauté, le cas de le dire, toujours métaphoriquement parlant. Ah oui ben faut suivre un peu aussi.


Donc, étant donné la difficulté et la piètre qualité d'écriture de chaque article, vous conviendrez comme moi que le terme de "mou" s'applique comme un gant à mon travail. Encore que ce ne soit pas si étonnant de ma part, fervant (mais pas trop) partisan que je suis du parti, donc, mou, l'ex-Parti Nihiliste Flasque. Dès lors, nous sommes face à deux constats. D'une part, le mollissement des textes, et, d'autre part, les termes agressifs de mensiversaire, moisiversaire, mestriversaire, et autre menstruversaire dont on ne parlera pas aujourd'hui. Des mots qui sonnent comme une déclaration de guerre, une provocation, lorsque leur équivalent à l'année, l'anniversaire, résonne quant à lui comme une invitation à un banquet. Et pour couronner le tout, avec le succès grandissant, ce qui semble tout à fait normal lorsque le niveau s'effondre, il ne serait pas déplacé de préparer l'exportation au niveau international. Dès lors, on voit bien que le terme de molliversaire s'impose de lui-même. Molli, parce que c'est mou, molli, qui reprend grossièrement, quoi que sans vulgarité aucune, le concept de mois en remplaçant le "s" par une autre consonne plus coulante, plus molle, d'ailleurs, et enfin molli, comme Molly, le prénom d'origine anglo-saxonne, donc yaourt, et youpla boum.


Et figurez-vous que ce n'est pas prêt de s'arranger. Sept mois se sont écoulés, ce qui signifie que nous entrons dans une période tout à fait facultative. Mais si. Tout se termine à sept. Les sept machins, les sept trucs, y'en a jamais huit. Regardez les arts, il y en a six, depuis le départ, et depuis le septième, on a voulu en ajouter, et ça devient vraiment n'importe quoi ! Déjà, avec le septième art, ça devenait quelque peu redondant. Un mélange d'art pictural et d'art dramatique, que c'est, le cinéma. Pas besoin d'en faire un "art" à part entière, de ce bidule, à part pour ceux qui reniflent leurs pets une coupette de champagne à la main au vernissage d'un artiste monochrome, ça n'intéresse personne, d'en faire un art ou pas. La littérature n'en est même pas un, si si, véridique, et tout le monde s'en tape. Pourtant, les auteurs ne sont sans doute pas moins prétentieux que les artistes snobs. Mais la différence réside peut-être dans le fait que même si l'auteur pense que tout lui est du, lui aussi, il se contente d'exiger discrètement. Et après ça devient pire encore. Tenez, le huitième art, vous savez ce que c'est ? Et bien en fait, on est même pas fixé. Au départ c'était la radio, mais bon, maintenant il se pourrait que la télévision l'ait remplacée. A moins que ce ne soit l'art dramatique, en général. Ce qui voudrait dire que le septième art serait un mélange de troisième et de huitième art. Je vous avais prévenu, c'est un bordel pas possible dès qu'on arrive à sept. Et pour être tout à fait honnête, tout ne va qu'empirer dans les mois prochains. Jusqu'à la fin du monde, voilà. Continuons notre exploration des arts. Quel est le neuvième selon vous ? La bande dessinée. Et aussi étrange que ça puisse paraître, là dessus, tout le monde semble d'accord ! Pourtant, la BD, ce sont généralement des images avec du texte. Donc un mélange d'art pictural et d'art littéraire. Le troisième, et le, et bien, et rien du tout. Donc, si à l'image, qui est un art, vous ajoutez du texte, qui n'en est pas un à moins que ce soit poétique, auquel cas nous serions en présence du sixième art, tâchez de suivre, donc, art plus pas art égale nouvel art. Etonnant non ?


Vous serez gentil de m'expliquer comment ça se peut, si vous avez compris quelque chose. Moi pas en tous cas. Mais attendez, puisqu'on est là à se marrer entre amis, laissez-moi poursuivre. Le dixième, qu'est-ce que c'est-il donc que cet art là ? Le jeu vidéo. A la limite, pourquoi pas. C'est vrai que ce n'est ni vraiment un film, et qu'il s'agit du premier art à être interactif. Ce serait donc l'art interactif, quelque part. La classe quand même. Mais le problème se pose dès le onzième art, qui est le dernier. Celui-là serait le multimédia. Alors déjà, faudra qu'on me donne la différence entre le jeu vidéo et le multimédia. L'un est ludique, et l'autre pas, d'accord. Mais est-ce une différence assez grande pour en faire un nouvel art à part entière ? Non parce que moi aussi parfois je vous ponds de ces moulages, faudrait peut-être penser à en faire un art, les mecs, c'est pas tout à fait comme de la sculpture, étant donné la dimension olfactive, voyez. Bon, ensuite, le multimédia, c'est quoi ? Si je farfouille dans mon wiktionnaire, je trouve "Se dit d’une application, d’un service, d’un appareil utilisant plusieurs médias (image, son, vidéo…).". Tiens donc ! Image, on a déjà le troisième art. Son, on a le quatrième, la musique. Vidéo ? On a depuis relativement peu de temps le septième avec le cinéma.


Donc, si je résume. En mélangeant un art avec un non art, on a un nouvel art. En mélangeant un art avec un autre, on obtient également un nouvel art. Et le tout est rangé arbitrairement dans un ordre absurde et n'inclut que les arts auquels on a pensé au bon moment pour pouvoir les inclure dans le concept chronologique qui englobe cette mascarade des arts classés. Quand je pense que j'en suis arrivé là pour vous faire comprendre qu'après tout, si ça devient un foutoir incroyable par ici, c'est tout à fait légitime, ça me fait froid dans le dos. N'empêche que, vous m'enlèverez pas de l'idée que je peux pas lutter. C'est culturel, cette chose là. Les sept merveilles du mondes, c'est la même rengaine. Jusqu'à sept, encore, ça allait, mais après, on a voulu en rajouter sept autres, et où s'arrêtera-t-on ? J'ai même une preuve ultime pour vous ! Le mot même de sept proviendrait des mots arabe et hébreu pour dire septième jour, qui correspondrait à notre samedi. Le début du week-end. La relâche. Et paf, voilà, le bordel. Ah, si ça c'est pas une excuse, hein, je m'y connais pas, en excuses, et pourtant, j'en ai à revendre. Pour sûr, lisez ce qui suit.


En deuxième partie, que j'amorce donc par cette brillante transition, et oui, j'ai le droit de faire des articles en deux parties, je ne vois pas ce qui m'en empêcherait, et non, c'était vraiment pas la peine de faire deux articles pour ça, en deuxième partie, donc, je voudrais revenir sur un facheux incident survenu il y a un peu plus de deux semaines. Car oui, j'ai non seulement raté une journée, mais tant que j'y étais, je suis allé jusqu'à mettre les bouchées doubles dans la flemmardise. Pour tout vous avouer, je me suis taté. J'aime bien ça, moi. Je me suis donc taté, longtemps, avec un plaisir certain, pour savoir si j'allais, ou non, ralentir le rythme. Un article par jour, quand on a pas la moindre idée de ce qu'on va raconter, c'est une cadence plutôt soutenue. J'ai alors pensé à plusieurs choses. Un article tous les deux jours, ou cinq par semaine, ou juste quelques largesses de temps en temps avec l'emploi du temps. Mais, maniaque comme je suis, je n'ai pas pu me résoudre aux deux premiers. Alors, j'ai opté pour la troisième solution. Oui, c'est vrai, vous vous en foutez, ce que vous voulez savoir, c'est pourquoi ces deux jours là, et pas d'autres. Et est-ce que ça se reproduira à l'avenir, comme si mes catégories n'avaient pas déjà une filiation suffisament conséquente.


Ces deux jours, que je rata... que je ratis, non, euh, que je ratai peut-être, enfin voilà, ces deux jours de creux, je n'avais pas pu les prévoir. Aucune avance dans la rédaction des textes, et pour cause, et une surcharge de travail de dernière minute la journée conjuguée à une occupation pleine de la soirée qui s'en suivit me forcèrent à vous abandonner pendant deux journées pleines. Parce que oui, j'ai travaillé. Si si, en vrai, mais je ne me suis pas laissé tondre, rassurez-vous. J'ai tenu une semaine avant d'être mis dehors. Je ne correspondais pas aux attentes de ces messieurs. Et pour cause. Salaire de misère, conventions d'employé, heures sups non payées mais néanmoins obligatoires, pas d'aménagement horaire bien que nécessaire, charge de travail équivalente à celle d'une équipe de cinq personnes, minimum, retard dans des projets déjà facturés variant entre trois mois et plus d'une année, et le tout étant de ma faute dès ma première semaine. Alors, pour montrer que je ne serais pas le bon mouton docile, j'ai dit tout simplement ces deux choses. D'abord, heures sups non payées, heures sups non effectuées, logique, et ceci, missions inscrites au contrat, aucun débordement toléré. Il faut rencontrer un client ? Ah, désolé, c'était pas prévu dans mon contrat. Résultat, dehors, dans la semaine. Ben oui monsieur, nous on vous embauche en tant qu'esclave et vous vous prenez pour un affranchi, n'importe quoi, allez ouste. La classe non ? Et puis bon, j'ai tellement d'autres pistes que je n'allais pas non plus fermer ma mouille et encaisser sans broncher. Enfin, quand je dis tellement, si, oui, c'est pas faux, mais rien de bien concret non plus.


Et là je me rends compte que cet article est franchement chiant, et que j'aurais mieux fait de vous parler des deux petites rates de six semaines que j'ai accueillies chez moi. Ou pas. Bientôt, vous ne trouverez plus ici qu'un blog tout à fait classique dans lequel je vous raconterai ce que j'ai mangé à midi. Passionnant n'est-ce pas ? Dans tous les cas, vous aviez été prévenu. Ca se ramolli, tout ça. Et aucune pillule bleu pour relancer la machine. Oui je sais, ma mascotte est un pénis, mais arrêtez de tout mélanger un peu. Ca m'énerve quand vous faites ça, vous pouvez pas savoir. Tenez, pour la peine, je vous laisse là, ha ha, le bec enfariné dans l'eau, voilà, un truc du genre, et laissez-moi vous dire que c'est bien fait pour vous, vous l'avez bien cherché, na. Vous n'avez qu'à faire la fête sans moi. Enfin sept mois, le cas échant. Joyeux Septimolliversaire, ouais, c'est ça.

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