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Max est perplexe. Il a fait analyser une par une chacune des gouttes présentes dans le verre, et toutes se sont avérées être de l'eau. Et pas de l'eau douteuse, non, de l'excellente eau, pleine de minéraux. Une eau de source en quelques sortes. Sans la source. Et déjà, Max s'interroge.
- Et si tout cela était vrai ? Qu'est-ce que je risque, après tout ? Admettons que je délire complètement, bon, j'utilise l'eau, je réhydrate un petit plat, je mange, et alors ? Soit j'ai halluciné et dans le pire des cas je meurs, soit c'est réel et je vis. Mais au moins, dans les deux cas, je suis fixé !
- Tu pourrais me faire confiance, je t'avais bien dit que c'était de l'eau.
- Ecoute, tu es bien gentil, mais c'est assez improbable ce qu'il m'arrive en ce moment, alors comprends que je sois quelque peu suspicieux. Et d'abord, on ne se connait même pas, hein, je n'ai pas à faire confiance aux inconnus.
- C'est ta maman qui te dit ça ?
- Non. Enfin, elle le disait, mais... peu importe, quoi, alors, mince. Ca ne te regarde pas.
- Tu pourrais être plus aimable, déjà que je t'ai recueilli.
- Hein ? Quoi ? Tu n'as rien fait du tout. C'est un accident ! J'ai fait une erreur, tout le monde est mort dans le vaisseau, et puis ensuite, je me suis écrasé ici.
- Tu es encore vivant.
- Oui, façon de parler, le vaisseau s'est écrasé, et moi, je suis vivant, et je ne peux plus quitter ce caillou.
- Quel caillou ?
- Mais l'astéroïde là, le truc sur lequel on est !
- Tu voudrais partir ?
- Pourquoi, tu peux m'y aider à ça aussi ?
- Non. Moi je veux que tu restes.
- Et tu pourrais m'y aider sinon ?
- Je ne sais pas. Ca dépend de ce dont tu as besoin.
- Mais tu es qui à la fin ? Une sorte d'EVI ?
- Dévie ?
- Non, d' E. V. I., Entité, Vivante, Indigène.
- Ah, alors oui je crois.
- Et les autres nuages ?
- Quels autres ?
- Ceux que tu as fait disparaître, comment tu as fait ?
- C'était pas d'autres, c'était moi.
- Et tu es combien ? Enfin, de quelle taille? Je veux dire, jusqu'où tu existes, quoi, tu comprends ?
- Pas vraiment.
- Tu es sur cette "planète" depuis longtemps ?
- Toujours.
- Et il y en a d'autres comme toi ?
- Non, je suis seul.
- Et bien, tu n'as pas de chance. Seul depuis l'éternité...
- Il y a du passage parfois.
- Ah bon ? C'est à dire ? Souvent ?
- Il y a toi. Et avant c'était... avant. Je ne sais pas comment compter les jours.
- Oui, forcément, il fait toujours nuit ici.
- Oui.
- Et la planète est toute à toi ?
- Non.
- Ah, il y a bien quelqu'un d'autre alors !
- Non, personne.
- Il y a des endroits où tu ne peux pas aller ?
- Je n'ai pas à aller, je suis là où je veux.
- Ah oui, c'est vrai. Tu n'as pas besoin de te déplacer.
- Je voyage.
- Ha ha, tu voyages ? Et comment tu fais puisque tu es déjà partout ?
- Et bien, j'ai rencontré ton vaisseau par exemple. Parfois, je passe devant une étoile, parfois, j'échappe à un trou noir, je voyage.
- Tu veux dire que tu contrôle cet énorme rocher ?
- Tu ne comprends pas. Ce n'est pas du contrôle.
- Tu veux dire que... tu es ce gros rocher ?
- Tu as l'air surpris.
- Et bien oui, figure-toi que c'est la première fois que je parle avec une planète.
- La tienne ne te parlait pas de là où tu viens ?
- Et bien, non, pas du tout. Il y a bien quelques cinglés pour croire à un "Dieu", mais à part ça, nenni.
- Moi, si j'avais des gens qui vivent autour de moi, je leur parlerais. Et je leur donnerais de l'eau.
- Je vois ça en effet.
- Et je ferais tout ce que je peux faire pour eux.
- C'est la solitude ça. Ca rend gentil. Parfois.
- Tu veux autre chose que de l'eau ?
- Tu peux me faire de l'air ?
- Non, mais on peut peut-être en fabriquer ensemble.
- J'ai un dome de survie qu'il faudrait gonfler à l'air. Ensuite, avec de l'eau et de la terre, je ferais pousser des plantes, et ça sera génial !
- Je vais avoir des plantes ? Ca a l'air bien les plantes !
- Euh, en fait non, pas tout à fait. Tu vois, si je les plante directement dans le sol, elles vont mourir. Il leur faut de l'air et de l'eau, et tu n'as pas d'air. Elles seront dans le dome.
- Ah...
- Mais si tu veux, on pourra essayer de te faire une atmosphère. Mais ne sois pas trop pressé, je suis bien plus fragile que toi, et il va d'abord falloir que je survive.
- Allons-y !
- Pour commencer, il va me falloir de l'eau !

Les heures suivantes, Max les passa à remplir un réservoir aseptisé d'eau saine. Puis, il s'offrit un repas hydraté convenable, avec des plantes de sa Terre natale, ou assimilé. Il dormit et fit tout ce que le confort actuel avait à lui offrir. Il avait de l'eau désormais, et tout son temps pour s'installer sur cette maudite planète trop gentille pour qu'on la déteste.
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