C'tait fini les vacances, alors je me suis remise au travail. En commençant par un gros morceau que j'avais mis de côté depuis bien trop longtemps : la vieille maison Dawnstein, inoccupée depuis si longtemps. J'en aurai probablement pour quelques jours pour retaper tout ça, alors laissez un message, et je vous promets d'y répondre dès mon retour ! Bonne journée !


Et bien, quel boulot. Dire que je commence à peine et je suis déjà fatiguée. Enfin, j'ai déjà fait beaucoup aujourd'hui, les chambres sont presque propres et dégagées, je vais bientôt pouvoir appeler les ouvriers pour donner un petit coup de neuf et je devrais m'en sortir avec trois ou quatre jours de boulot. Bon, il est... quoi ? Déjà onze heure ? Tu m'étonne que je sois crevée ! Je vais rentrer, prendre une bonne douche, et me coucher pour être là demain matin à la première heure. Je m'occuperai de la salle de bains, ça me permettra peut-être de me doucher sur place la prochaine fois. Il faudra que je pense à prendre un change.


Je peux pas le croire ça ! On m'a enfermée dans la maison ! Les gamins du quartier ne perdent rien pour attendre. Je comprends qu'ils n'apprécient pas que leur terrain de jeu soit rénové pour être occupé de nouveau, mais de là à me condamner à l'intérieur. Et puis ils ont fait les choses bien en plus, en profitant de ma présence à l'étage toute la journée pour bloquer toutes les issues du rez-de-jardin, fenêtres comprises. Je suis sûr qu'ils sont en train de se moquer de moi. Ils me regardent, je le sens. Et quand j'ai passé ma main à travers la cloison ruinée de l'arrière cuisine, j'ai senti une autre main attraper la mienne et la tirer vers elle. Je ne sais pas ce qu'ils voulaient me faire, mais je ne crois pas que j'aurais apprécié. Les enfants n'ont pas le sens de la mesure, et s'ils sont vraiment en colère, ils auraient pu me mutiler sans même s'en rendre compte.


Minuit passé et je suis toujours bloquée dans cette satanée maison. Les gamins sont probablement partis et ils m'ont laissée là. En plus, je n'ai plus de lanterne et il ne me reste que ma lampe de poche. Pourquoi je n'ai pas commencé par la remise ? Au moins j'aurais peut-être pu trouver ce qui n'allait pas ou appeler un électricien pour avoir la lumière. J'ai voulu aller trop vite, et voilà, je me suis... Hein ? C'était quoi ça ? Sur le mur, il y avait... une ombre. Et... je crois bien que ça bougeait. Je n'arrive plus à retrouver l'endroit avec le halo de cette petite torche. Je crois que toute cette histoire commence à tirer un peu trop fort sur mes nerfs. Je commence à perdre la boule. Je doute qu'un seul des gamins n'ait pu s'enfermer avec moi. Et puis je l'aurais entendu bouger.


Saloperie, ouvre-toi, putain ! Comment cette fenêtre peut-elle être aussi solide. Il faut que je parte, vite, allez ! Qu'est-ce que c'était, mais qu'est-ce que c'était, sur mon épaule. J'ai cru que quelqu'un essayait de me prendre dans ses bras mais je suis toute seule, et j'étais adossée contre le mur. Je n'ai pas rêvé, ça a déchiré ma chemise et... Oh mon dieu ! Il y a... partout là, des visages. C'est horrible ! Les murs grouillent de visages et de mains. On dirait que des créatures humaines veulent en sortir mais... c'est comme si le papier peint était trop solide, trop résistant. Mais combien sont-ils à être emmurés là-dedans ? Non, sur le parquet, là, il y en a d'autres. Il ne faut pas que je reste immobile, je dois bouger, le plus possible, ils ne doivent pas me rattraper, ils ne doivent pas m'attraper. Mais qu'est-ce que c'est et... que me veulent-ils ?
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