Et voilà, ça y est, c'est arrivé, comme le suggérait fortement mon article du 12 janvier, qu'il est nécessaire d'avoir lu pour comprendre de quoi il retourne, le Pôle Emploi passe aux menaces !

Alors pour commencer, j'aimerais vous assurer que je n'ai pas attendu le 24 Juillet 2008 pour "entrer dans une démarche de retour à l'emploi ". Comme si l'ANPE, à l'époque, était indispensable pour trouver un emploi. Eux semblent le croire, visiblement, puisque comme je l'expliquais dans mon article sur le Pôle Entube, l'entrée est très contrôlée, il ne faudrait pas gâcher ce précieux sévice public, vous comprenez. Dès lors, si vous avez déjà un emploi en vue mais que vous souhaitez vous inscrire par précaution (ou par nécessité pour accéder au dit emploi), on vous refusera l'inscription sur les listes de demandeurs d'emploi, bien qu'il s'agisse de votre droit le plus strict de citoyen sans emploi, justement, d'où le nom. Et je ne parle même pas de ceux qui y mettraient de la mauvaise volonté et qui seraient immédiatement recalés à l'entretien d'entrée sur les dites listes. Passons...

Or, le 26 décembre, j'ai bien été invité à "participer" (quelle formidable activité, tellement enrichissante) à un entretien fixé le 12 janvier, auquel je ne me suis, étrangement, pas présenté (c'est là qu'il faut avoir lu l'autre article, celui du... 12 janvier justement). Bref, chose promise, chose due, on veut me rayer des listes sur lesquelles j'ai eu tant de mal à faire figurer mon nom. Décidément, on voudrait artificiellement réduire les chiffres du chômage qu'on ne s'y prendrait pas autrement. J'imagine le patron du Pôle Emploi : "Hey les gars, j'ai une idée pour virer les derniers morpions qui s'accrochent. On va leur donner des instructions contradictoires, comme ça, ils seront obligés de désobéir à un de nos ordres pour en respecter un autre. Et paf, piégé, dehors, viré, hop, le chômiste de mes deux, à la rue, le connard, ha ha ha, je suis trop fort, léchez-moi un peu plus sous les couilles Madeleine, merci." Ha ha ha, ils sont tellement drôles, j'en ai les larmes aux yeux. A moins que ce soit par dépis. Peu importe, il se trouve que j'ai un recours ! Oui oui, un recours ! Mais un recours très vite, faut pas déconner.

J'ai donc 15 jours pour justifier mon absence si je ne veux pas me retrouver chez le proviseur. Et avec des justificatifs écrits, signés par les parents et tout, arrête tes conneries, on plaisante pas au Pôle Emploi. Or il se trouve que, et c'est une grande chance pour moi, j'ai en ma possession une lettre du-dit proviseur qui m'invite à ne pas me déplacer, et à rester chez moi bien au chaud. Ha ha, M. aurait-il quelques problèmes de mémoire ? Je m'en vais te la lui rafraichir moi. Et n'étant pas le seul dans ce cas, j'espère donc que les autres suivront mon exemple. Dans la série l'impertinence pour les Nuls, je demande donc la lettre au directeur du Pôle Emploi. La voici, je vous invite bien évidemment à l'adapter à votre cas s'il est similaire au mien. Vous remarquerez par ailleurs quelques similitudes avec mon premier article sur le sujet. Il n'y a pas de raison que le grand manitou de mon Pôle Emploi ne profite pas de ma prolixe période d'inactivité bien méritée.



Objet : Absence à l'entretien mensuel personnalisé du n°69D666Q


Monsieur,
Comme vous me l'avez très justement fait remarquer dans votre courrier daté du 15 janvier 2009, je n'étais pas présent à l'entretien personnalisé du 12 janvier 2009 avec M. (ou MR puisque vous semblez préférer l'anglais) Mon Conseiller. En effet, une semaine auparavant, soit le 05 janvier 2009, vous m'aviez envoyé le courrier ci-joint, dans lequel figurait en lettre capitales (c'est dire si le message était important) que mon entretien du 12 janvier 2009 serait téléphonique ou ne serait pas, et que je n'avais pas à me déplacer. C'est donc avec une impatience hors norme que j'ai attendu toute cette journée du 12 janvier (et les suivantes) des nouvelles de mon conseiller, craignant qu'il ne lui soit arrivé malheur.

Votre courrier daté du 15 janvier 2009 me rassure sur l'état de santé physique de M. Delga, mais m'inquiète beaucoup plus d'un point de vue mental. En effet, à moins qu'il ne s'agisse d'une blague administrative hors de portée de mon humble compréhension, j'ai peur que les ordres qui m'ont été donnés par vos services se contredisent les uns les autres. Voyez vous-même :

Sur le courrier du 05 janvier 2009, il est noté "ATTENTION, ENTRETIEN TELEPHONIQUE.". D'abord, est-ce vraiment si dangereux pour nécessiter une telle entrée en matière ? Je veux dire, ai-je plus de raisons de me méfier d'un simple coup de téléphone alors que depuis plusieurs mois des inconnus (c'est vous) me harcèlent pour que j'accepte un rendez-vous avec l'un d'entre eux*, sans qu'il n'y ait aucune raison valable pour ça, et qu'il m'est impossible de refuser sous peine de radiation (probablement un truc nucléaire, je ne sais pas, mais en comparaison, un coup de fil me paraît bien anodin). Peu importe, je poursuis la lecture. "JE VOUS TELEPHONERAI DANS LE CADRE DU SUIVI MENSUEL." Où donc se trouve ce "cadre du suivi mensuel" pour que je puisse aller y répondre au téléphone ? Faut-il nécessairement que j'y sois pour décrocher ? Ou puis-je répondre de chez moi ? J'ai posé la question autour de moi, mais personne ne savait quoi me répondre. Je continuais donc. "VOUS N'AVEZ PAS A VOUS DEPLACER." Regardez l'introduction de ce texte capital. Il s'intitulait "Commentaires" et se situait juste en dessous du rendez-vous. Il semblait donc évident que l'un se rapportait à l'autre. Mais alors que faire ?

J'ai rendez-vous à trois quart d'heure de chez moi avec une personne que je n'ai jamais vue et qui veut que je lui apporte un CV que tout le monde chez lui a déjà en triple exemplaire, mais sans que je me déplace. Néanmoins, on me précise que cet entretien est indispensable et obligatoire. Et si je n'étais pas disponible, je dois... téléphoner, comme c'est amusant. Mieux encore, si je suis absent, je serai radié. Mais comment être absent à un entretien téléphonique ? Et si j'ai une coupure de courant ? Ou si je suis dans ma douche ? Dans le doute, j'ai attendu devant le téléphone, prenant bien soin de ne pas le décrocher trop tôt. Jusqu'à ce que je comprenne que j'ai raté mon rendez-vous. Comment c'est possible ? Je ne sais pas, je n'ai pas bougé, je ne me suis même pas rendormi. Problème : comment justifier auprès de vous ma présence devant le téléphone ? Je n'ai pas pensé à prendre de photo de moi à côté de mon téléphone en cadrant sur l'horloge et le calendrier quotidien. Je vous prie donc de ma croire sur parole. J'étais présent devant mon téléphone le 12 janvier 2009, c'est mon conseiller qui n'y était pas ! Devant le sien, je veux dire, pour m'appeler, bien entendu.


Je me tiens donc désormais de nouveau à votre disposition pour rencontrer mon conseiller référent à la date qui me sera imposée.

Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.


M. Lano Sylvain



Veuillez agréer, cher lecteur, l'assurance d'être informé de ma future radiation pour insubordination, impertinence, voire même outrage à la cour des pontes, qui est une version prout prout gnan gnan champagne sans calculs de la cour des comptes, parce que le calcul, ça fait mal à la tête. Dès lors, on pourra faire la révolution que je vous retiens de lancer depuis si longtemps, vous trois, mes chers lecteurs que vous êtes si nombreux que Paris peut bien trembler ce soir. Enfin, le soir de quand ils recevront la lettre, hein, parce que je viens de la poster.


* oui, en effet, je n'ai pas encore eu d'entretien avec mon conseiller à l'emploi depuis mon inscription le 24 juillet 2008
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