France M., garde-côte, bonjour. Je suis actuellement en intervention et n'ai donc pas la capacité de vous répondre dans l'immédiat. Laissez-moi un message après le bip sonore, et dès mon retour, ou dès que ce sera possible, je vous recontacterai sans faute. Merci de voter compréhension, à très bientôt.


Et bien, ce bâteau est bien plus imposant que ce que le radar indiquait ! Mais son état explique assez bien pourquoi nous n'avons pas pu obtenir de contact radio. Je n'ai jamais vu une telle épave encore à flots. Enfin bon, quand il faut y aller, hein, allons-y. Mais en combinaison, avec les gants et tout le tremblement. C'est un coup à choper tétanos et polio d'un seul coup cette saloperie. Ha ha, Franck, ton échelle de corde n'a pas fait long feu contre la paroi rugueuse et rouillée du navire. Et vu comment la coque s'effrite, je ne pense pas que ce soit une bonne idée non plus d'envoyer l'échelle renforcée. A mon avis, notre poids risque d'arracher tout simplement le point d'ancrage et de nous précipiter dans l'eau entre les deux embarcations. Là encore, un coup à se faire broyer le crâne en un rien de temps. Non, le mieux serait encore de faire un trou dans la coque. De toutes façons, ce bateau est bon pour la casse, alors intervenons rapidement, et foutons le camp avant que tout ce métal ne nous tombe sur le coin de la tronche.


Pouah ! C'est une véritable infection là dedans ! J'espère que je ne vais pas tomber sur un cadavre, sinon je vais crier. C'est déjà arrivé une fois, on avait trouvé un cadavre de chien dans un bateau de plaisance. Le propriétaire voulait faire disparaitre le corps du chien de sa femme là où elle ne le retrouverait pas. Dans quel monde vit-on franchement ? En tous cas, je me souviens avoir eu un petit sursaut de peur avant d'aller vomir. Alors si je devais tomber sur un cadavre humain, et à moitié décomposé si c'est bien de lui que venait l'odeur, je pense que je pourrais même m'évanouir. Comprenez-moi aussi, entre une vision d'horreur, une atmosphère lourde et sombre, une odeur de mort, et une désagréable sensation de captivité et de danger omniprésent, il y a de quoi se sentir mal. Et puis, tout ceci est absurde : il y a parmi les canalisations certaines qui ne mènent nulle-part !


Je n'ai toujours rien trouvé. Au moins suis-je toujours en vie. Le sol, rouillé lui aussi, ne s'est pas encore dérobé sous mes pieds. J'ai passé plusieurs salles étranges, et je commence à en avoir sacrément marre de cet endroit. Je pense que je vais rentrer, visiblement il n'y a rien ici. Le pire, c'était cette espèce de salle de repos, avec des lits rouillés, je me demande comment c'est possible. Il n'y a pourtant que le fer qui rouille. Sans fer, pas d'oxydation en rouille. Je ne comprend pas. Et encore, l'utilisation qui était faite de ces lits était sans doute le plus troublant. Des tuyaux ! Encore des tuyaux. Rouillés, évidemment. On devrait renommer ce raffiot en "Le Palace Rouillé" tiens. Enfin, si tant est qu'il ait un nom... Je serais curieuse de savoir depuis combien d'années il dérive comme ça. Bon, allez, je vais rentrer, je commence à étouffer par ici. Je ne sais pas si c'est l'air ou un effet psychosomatique, mais j'ai vraiment du mal à respirer.


Il faut que je sorte au plus vite, je me sens vraiment mal. J'ai mal dans les articulations et j'avance de plus en plus difficilement. J'espère que ce navire ne servait pas de laboratoire de recherches militaires. Il ne manquerait plus qu'il s'eut agit d'une étude sur les armes bactériologiques qui ait mal tourné. Peut-être que l'équipage a fuit en catastrophe et que l'armée de je ne sais quel gouvernement de malades mentaux n'a jamais pu, ou voulu, retrouver le bateau. Qu'aurait-il pu en faire ? Et paradoxalement, si c'est le cas, pour m'en sortir, il faudrait... que j'en sorte... Et ce fichu talkie walkie qui ne marche pas. Ha, pourquoi avoir appelé ça "walkie" si il ne faut pas trop se déplacer pour qu'il fonctionne convenablement ! Ouch, il ne vaut mieux pas que je rie, ça me cause une douleur vraiment... douloureuse ?
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