Bistrot s'écrit aussi sans « T » à la fin, à défaut de pouvoir s'écrire « santé » dès le départ. Ni cent thés, on est pas des tarlouzes.

Au bistro, on peut y emmener sa maîtresse : si on y croise sa femme, ça ne fait jamais qu'un partout, balle au centre. Cas particulier : y croiser sa belle-mère adultère. Cas très particulier : y emmener sa belle-mère.

Un bistro, c'est comme un McDo du cru : on y mange pas toujours bien, on a encore faim après, et pourtant on y fait du gras. Avantage 1 : étant donné le prix, on y emmène pas toute la famille → économies. Avantage 2 : on y sert du vin, antioxydant, antidépresseur, et antihépatique → sans foie, plus de problèmes de foie. Avantage 3 à 5 : on y boit suffisamment pour ne pas avoir à digérer ce qu'on y mange → économie d'énergie, pas d'intoxication alimentaire, haleine à faire fuir les collègues et/ou patrons ennuyeux.

Avec un placement adéquat, on peut entrevoir la culotte de la serveuse quand elle débarrasse certaines tables. Problème : on aime pas toujours ce qu'on y trouve.

Avec un placement adéquat, on peut aussi avoir droit aux effluves de chiottes ayant fait la guerre et que personne n'a eu le courage de nettoyer depuis. Problème : il faut aimer ça.

Avec un placement adéquat, on peut fumer à sa table. Problème : on peut aussi s'y chopper des virus grippaux tenaces jusqu'alors inconnus.

Avec un placement au comptoir, on peut s'y faire des amis par intérim. Ce genre d'ami dont on connait vaguement le prénom, et qu'on ne peut voir qu'au bistro. Ce serait comme d'énormes aimants à pochtrons fixés au zinc et qui forcerait ceux-ci à revenir chaque jour pour consommer la dose recommandée d'alcool et de lien social, dans cet ordre là. Problème : personne ne recommande les doses d'alcool, et chacun doit donc se fier à son instinct.

Au bistro, on peut avoir une ardoise. Problème 1 : on peut y faire tous les calculs (débile) mentaux qu'on veut, on est toujours loin du compte. A croire qu'il n'y a pas que ceux qui boivent qui exagèrent. Problème 2 : ce type d'ardoise ne vous aidera pas à garder un toit au dessus de votre tête. Corolaire (d'un con) : si vous n'avez plus de chez vous, vous pouvez compter sur votre ardoise pour vous fixer au zinc où vous finirez vos jours en aimant à pochtrons.

Révélation pour mesdames : quand on a un dossier urgent à finir ce soir, c'est généralement au bistro qu'on a besoin d'y travailler... rien à voir avec votre vieille peau flasque et votre tronche de cauchemar.

 

Texte refusé pour le Psikopat de décembre 2010 sur les Bistrots.

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