Dimanche 22 juin 2008
Cette nuit, j'ai rêvé. J'étais dans un bureau, assis devant un ordinateur jauni par le temps, et je regardais autour de moi. Je n'avais pas la moindre idée de ce que j'étais censé faire, l'écran n'étant même pas allumé. Les autres avaient l'air de véritables zombies, et ouvraient de grands yeux captivés sur un halo lumineux qui englobait toute leur substance. Jusqu'à se confondre avec eux, jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans un éclat brillant qui me force à détourner le regard. Puis, il ne sont plus là, et je suis seul. Seul, mais il y a des horloges partout, et j'ai comme l'impression qu'elles me regardent. Qu'elles se rapprochent. Et c'est ce qu'elles font, en fait. Alors je fuis, je dévale l'escalier, et j'aboutis dans la rue. Et partout, il y a d'autres horloges. Sur les murs, contre les lampadaires, aux fenêtres des immeubles et des voitures. Et les gens passent, partout autour de moi, leurs yeux rivés sur l'heure qui passe.

Je suis la seule personne vivante.

Les autres ne sont que des jouets mécaniques remontés à bloc pour ne pas perdre la moindre seconde. Mais ils ne vont plus aussi vite qu'au début. Ils courent toujours, mais chacun de leur pas semble s'éterniser en l'air et eux se font de plus en plus impatients, ce que j'aurais pourtant cru impossible. Le spectacle est véritablement fascinant, et je peux l'admirer sous toutes ses coutures. Au détour d'une rue, une femme. Très belle au demeurant. Elle est en jupe, et je ne peux résister à l'envie de profiter de la situation. Je m'approche tranquillement lorsque soudain le monde semble secoué de spasmes. Tout s'agite, tout se déforme, mais plus personne ne bouge. Et bientôt, de longues lignes verticales viennent zébrer l'intégralité de mon point de vue. Elles divisent le champ visuel en multiples petites bandes, jusqu'à ce que toutes se séparent, une sur deux défilant vers le haut, l'autre vers le bas.

Puis, plus rien n'existe, sauf moi.

Mais c'est normal, c'est mon rêve après tout. Je suis dans le vide le plus total, jusqu'à ce que mes yeux s'habituent à l'obscurité. Je suis entouré de milliers d'étoiles, et de multiples corps célestes flottent autour de moi. L'un d'eux me percute mollement. Je me relève sur un sol moelleux, rouge, entouré d'étranges plantes grasses qui ressemblent à du plastique. Mais elles sont immenses, tout est démesuré. Et par ailleurs, il fait froid. Le sol est plein d'aspérité, et je suis un de ses sillons, le plus massif, qui m'emmène vers une caverne où je me réfugie. Et où je me fais avaler par une bouche géante. Je glisse dans un oesophage métallique qui m'entraîne vers un réseau d'égouts. Mais bien vite, je me rends compte que je n'y suis pas seul. Je ne sais pas ce qui me tient compagnie, mais je ne souhaite pas approfondir le sujet.

Alors je cours, le plus vite possible, dans la première direction qui me semble sûre.

Et bientôt, je vois de la lumière. Elle m'éblouit en même temps qu'elle me réconforte. Je n'hésite pas une seconde et je poursuis ma route, jusqu'à ce que je tombe. Dans un lac de milk-shake glacé à la fraise. Glacé, mais ici je n'ai pas froid. Et il y a plein d'îles autour de moi. De petits éclats de céréales et de chocolats qui me paraissent le meilleur endroit pour sortir de ce bain visqueux. J'entreprends d'en escalader un, et m'y assois sans que celui-ci ne s'enfonce plus dans le liquide rosé. Je replis mes genous contre moi et j'attends. De temps à autres, je prends un petit morceau de mon île et la mâche avec intérêt. C'est délicieux. Et soudain, tout se met à tourner. Un tourbillon géant qui se creuse en syphon m'emporte avec lui, mais la force centrifuge m'accorde encore un petit surcis.

Mais mon tour viendra très vite. Trop vite. Et je tombe.

Lorsque je me réveille, je suis par terre, sur le sol, empêtré dans mon drap. Je suis tombé la tête la première et elle est coincée contre le placard. Le matelas n'a plus qu'un drap housse pour s'allonger sur lui. Il n'y a personne dans la pièce, que moi et ma céphalée. Je me lève et me gratte l'arrière du crâne. Et alors je réalise. Je suis abandonné. Plus personne n'est là pour moi, mais je n'y peux rien. Personne n'y peut rien. Une larme roule sur ma joue, et je m'énerve. Je serre les poings et m'enfuis vers le salon. Mais il est désert lui aussi, comment en serait-il autrement. Seule la pendule est là, à égrener les secondes qu'il me reste à vivre. Impassible, et pourtant si compréhensive. Je vois son balancier s'activer de droite à gauche, puis de gauche à droite, et je me rappelle.

Puis je souris, je ne suis plus seul.
par Stabbquadd communauté : Autres Mondes... publié dans : ~ Exorcisme ~
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Mardi 3 juin 2008
Cette nuit, je n'ai pas rêvé. J'étais fatigué mais je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Alors, j'ai glissé le long de la barre verticale à côté de ma tête de lit pour rejoindre le salon. J'allais tellement vite que j'ai traversé le plancher pour me retrouver à la cave, aménagée pour y faire également office d'atelier. Par chance, le plafond de celui-ci ne fut pas endommagé par mon arrivée. Je farfouillai dans mes boîtes et j'y trouvai ce que j'étais venu chercher : une petite gélule d'une blanche pureté. Je l'avalai, et quelques secondes plus tard, je sautais par la fenêtre pour atterrir quelques étages plus bas, enfoncé dans la terre humide d'une journée pluvieuse achevée. Je déterrais mes pieds, et bien vite, je me retrouvais dehors en train de courir.

Je ne savais pas où j'allais, mais j'étais bien content de m'y rendre.

Les rues étaient désertes, mais la nuit était pleine de bruits réconfortants qui m'encourageaient à tenir la cadence. Au détour d'une esplanade, sous un bâtiment dont le rez-de-chaussée était pavé et donc piéton, je vis une forme sombre au sol, sur la première marche d'un escalier ascendant. C'était comme une femme assise, pleurant silencieusement. La course m'avait à peine essouflé, et pourtant j'avais déjà dû faire un long chemin étant donné la distance entre cet endroit et mon chez moi. Mais je ralentis pour m'approcher délicatement et me rendis compte, juste avant d'adresser la parole à la mélancolique, qu'il ne s'agissait que de deux vulgaires sacs poubelle abandonnés là l'un contre l'autre. Leur odeur contrastait avec le bon air frais de la nuit. Je voulu contourner l'escalier pour poursuivre mon chemin lorsque je vis, derrière ceux-ci, le corps d'un homme à moitié calciné s'agitant encore.

La tête commença à me tourner, et je m'étalai bientôt par terre, comme paralysé par cette vision d'horreur.

Alors j'arrêtais de lutter et m'allongeais de tout mon long sur ce sol de pavés moëlleux. Tellement moëlleux que je m'enfonçais lentement dans ce matelas impromptu. J'oubliais tout ce que je venais de voir pour enfin m'endormir, confortablement installé sous ce chaleureux bâtiment. Je fermais les yeux mais les rouvris bien vite pour me rendre compte que je tombais. Je ne sais pas vraiment si j'allais vite, car je n'y voyais rien. Le panorama était cotoneux, comme si je traversais un nuage de part en part, flottant jusqu'à l'avoir entièrement parcouru, de haut en bas. Puis, je vis le ciel, et ma chute s'accéléra grandement. Je sentis le vent caresser ma peau et faire danser mes cheveux.

J'étais totalement libre, mes mouvements ne comptaient plus, il ne me restait qu'à apprécier.

Je fermais les yeux pour savourer ces derniers instants, n'appréhendant même plus l'impact final, étant donné ma vitesse. Je fis une véritable introspection, comme si plus rien d'autre ne comptait que moi. Je parcourus ma vie avec un regard critique et détaché, extérieur. Je ne saurais pas dire le temps que ça prit, car il me parut durer éternellement. Toujours est-il que c'est dans un état d'apaisement exagéré que j'entrepris de rouvrir mes yeux. Je me rendis compte que je ne tombais plus, et pire, que je n'avais pas quitté le sol. J'étais toujours à côté du cadavre, et je n'arrivais toujours pas à bouger. Et en face de moi, un homme avec un jerrican me regardait en riant comme un fou furieux.

Je tentais de fuir lorsque je reçus un coup sur la tête.

Le choc me réveille. Je suis en sueur, seul, au milieu de mon lit. Il est déjà tard et des raies de lumière viennent chatouiller mes yeux à chacun de mes mouvements. Je me frotte l'arrière de mon crâne endolori et j'observe. Il n'y a personne à mes côtés, et je sens mon coeur qui se serre. Je me traîne jusqu'au pied du lit et me dirige vers la fenêtre. Un bol d'air frais me fera du bien. J'ouvre les volets et les attache pour que le vent ne me les renvoit pas au visage. Il fait beau, et je scrute le ciel pour m'y plonger. Il est parfaitement dégagé et j'ai l'impression d'avoir en face de moi une mer géante d'une pureté exceptionnelle. Seul au milieu de tout ce bleu, un petit nuage m'évoque quelque forme familière. Je l'observe avec attention, et je la reconnais.

Puis, je souris. Je ne suis pas seul.
par Stabbquadd communauté : Ecriture Ludique publié dans : ~ Exorcisme ~
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Lundi 19 mai 2008
Cette nuit, j'ai rêvé. J'étais dans une chaise longue, dans le jardin d'une petite maisonnette, du genre chalet de montagne, et je roupillais paisiblement. Mais peu à peu, ma conscience s'éveille sur une musique qui s'insinue de force dans ma tête. J'ouvre les yeux. Autour de ma modeste propriété, tout n'est que rues et gratte-ciels. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, c'est très calme. En face de moi, j'ai un feu tricolore, clignotant sur l'orange indéfiniment. Sa couleur se marie parfaitement avec le vert de ma superbe pelouse, éclairée par un soleil d'après-midi d'été. Je me lève pour localiser la source de ce que je crois être une petite valse d'un autre âge.

Je marche vers elle, c'est la seule source de vie alentour.

Je m'aperçois que les buildings n'ont pas de fenêtres. On dirait un tas de parkings ou d'entrepôts empilés. Je pénètre dans celui d'où vient la mélodie. Une porte entrouverte, j'y pénètre. Au bout du couloir, j'y suis presque. Un virage, il fait sombre. Des escaliers, je monte, je monte à n'en plus finir. La musique lancinante semble s'éloigner, m'échapper. Un dernier escalier et me voilà qui ressort par une bouche de métro. Et je me rend compte que la vie n'est plus que formes, ici. Traits, courbes, que de l'artificiel et rien de profond. La valse s'est éteinte, sans que je m'en rende compte. Je veux faire demi-tour, et rentrer chez moi.

Mais je n'ai plus de retraite possible.

Il n'y a toujours personne dans les environs. Et le monde est vidé de sa substance. Je distingue de moins en moins les formes et ce qu'elles représentent. Et je ne la vois pas venir. Je ne sais pas ce qu'est cette chose, mais elle s'est emparé de moi avec vigueur et m'a soulevé sans difficulté. Je distingue des pattes qui s'agitent mais je ne sais même plus dans quel sens je suis. Puis tout devient flou. Je ne peux presque plus bouger, et j'ai l'impression d'être prisonnier dans un carcan de tissu. Je gigote, je ne peux faire que ça. Et je tombe, mais mon enveloppe me fait rebondir. J'aterris enfin définitivement, et trouve un moyen de me déplacer, en me pliant d'une façon précise.

Et j'avance dans l'obscurité imposée par mon cocon.

J'ai l'impression d'être un ver aveugle et vulnérable. J'arrête finalement de bouger. Pour me reposer, déjà, et parce que je ne vais nulle part, de toutes façons. Je m'apprête à somnoler lorsque je sens sur mes flans des battements réguliers, dont la fréquence semble s'accélérer peu à peu. Je reprend mes esprits et analyse le seul élément de réponse disponible : les sens qu'il me reste. Bien vite, la tête me tourne et mes oreilles me renseignent sur la variation rapide des références bipolaires primordiales que sont le haut et le bas. Plus précisément, ils tournent autour de moi. Alors je comprends. Je comprends que je roule comme une bille, porté par la pente.

Le vertige me gagne totalement, et je perds conscience.

Lorsque je me réveille, je n'arrive pas à me situer par rapport à la pièce. Ni par rapport à mes fripes. Je suis sur un matelas, mais la couette semble bordée à chacun de ses côtés. Je commence à paniquer mais je sens que mes pieds sont libres. En fait, j'étais enroulé à l'envers dans mon lit. Soulagé, je laisse ma raison reprendre le dessus sur mes peurs. Et celle-ci découvre bien vite que la chambre est vide de toute présence. Mais j'entends du bruit dans le salon. De petits sons stridents m'en parviennent. Je sors dans le couloir et me dirige vers la pièce de vie. A mesure que j'avance, je reconnais le son d'une boîte à musique. Elle est posée là, sur la table à manger, trônant sur celle-ci comme celle-ci trône au milieu de la pièce. Une petite danseuse tourne au dessus. Je la prends dans la main et remonte son socle mécanique.

Puis, je souris. Je ne suis pas seul.
par Stabbquadd communauté : Cocasse la vie ! publié dans : ~ Exorcisme ~
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Dimanche 4 mai 2008
Cette nuit, j'ai rêvé. J'étais dans un nid d'insecte, une sorte de grotte aux parois marrons de boue, certainement sous-terrain, mais éclairé comme un studio de cinéma. A côté de moi, un bruissement de feuille. C'est ma femme qui se lève et sort de la chambre. Je la suis le long des corridors, et je m'égarre un moment devant l'avocatier du salon. J'ai cru qu'elle s'était arrêtée, alors que je regardais une plante. Je ne dois pas être bien réveillé. Je vois ma femme disparaitre à l'angle d'un couloir d'où provient une vive lumière. Alors, je sors. Je marche sur des nuages. Au dessus de moi, une planète.

Je suis prisonnier de cet étrange terrier au jardin diaphane.

Je me demande l'heure qu'il est, mais il n'y a pas d'heure lorsqu'on n'a pas les pieds sur Terre. A la limite de mon champ de vision, j'aperçois quelque chose qui bouge. Ce n'est pas vert, mais couleur brique. Ce n'est donc pas ma femme. Je tourne la tête, et je prends peur. Une saucisse géante, de ma taille et de type strasbourgeoise me fonce droit dessus. Elle dispose de petits pieds et mains blancs, et tout ronds, comme les schtroumpfs. Je fuis vers l'intérieur, dans cette caverne étrange, et les murs défilents sans cesse. Derrière moi, l'ignoble pièce de charcuterie me poursuit, et se rapproche.

Je sens ma fin approcher, alors que je n'ai pas la moindre idée de comment une saucisse pourrait me faire du mal.

Soudain, au détour d'un tunnel, je me retrouve dans un tombeau de pharaon. L'odeur est acre, de l'ammoniaque peut-être, et j'ai envie de vomir. Plus de trace de saucisse, c'est déjà ça. Je m'approche du sarcophage, et je me rends compte qu'il est déjà ouvert. A l'intérieur, un escalier qui mène vers une boîte de nuit étrange où les gens n'ont pas de visages. Ce ne sont tous que des robots, répétant les même gestes encore et encore.Je m'habitue peu à peu à leurs mouvements, jusqu'à avoir l'impression qu'ils ne bougent plus. Je prend alors conscience de la décoration. Les tons vert et rouge dominent et courent sur les murs pâles au moyen de lumières vives et tournoyantes.

Puis, je remarque un mouvement qui n'était pas là auparavant.

Un des automates s'est tourné vers moi et demeure immobile, la tête dans ma direction. S'il avait des yeux il me regarderait. Son immobilisme se répend, et très bientôt c'est toute la salle qui se tourne vers moi, encore à moitié sur les escaliers, de là où tout le monde peut m'observer. Je prend peur une fois de plus, et je veux fuir, mais la trappe s'est refermée, et je ne peux plus rebrousser chemin. Par chance, le mur à côté de moi est tendre, et je m'enfonce sans problème dans sa matière visqueuse. Il n'y a pas d'autre côté, et le mur m'aspire désormais.

Très vite, je m'évanouis.

Lorsque je me réveille, le soleil commence à frapper aux volets, et je suis trempé. Le drap est collé sur moi et j'ai du mal à m'en dépétrer. La gorge sèche, je m'assied sur le bord du lit. Ma femme n'est pas à mes côtés. Je me lève et constate qu'elle n'est nulle part ailleurs. La surprise passée, je m'inquiète. Que s'est-il passé ?
Peut-être dans le jardin ?
J'ouvre la baie vitrée, mais elle n'est nulle part. Le ciel est clair mais offre au regard un sublime tapis de nuages. Et au milieu de la terrasse, je vois une plante qui n'était pas là la veille. Je crois. Un petit plant de tomate, dans un pot en terre cuite. Je m'en approche, et l'observe.

Puis, je souris. Je ne suis pas seul.
par Stabbquadd communauté : Cocasse la vie ! publié dans : ~ Exorcisme ~
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Des Scriptions

  • : La Fuite du Cerceau
  • : Philosophie est un bien grand mot. Onze lettres, impossible à placer au scrabble car composé d'aucun mot accepté par un dictionnaire normalement constitué, philosophie m'emmerde. Et pourtant, à sa suite mon cerveau lent, m'indique la Fuite du Cerceau. Blanc. Non mais c'est pour la rime, la couleur. Allez comprendre...
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Saint Dictat Sion

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